L’initiative Agua Limpia para Perú est dirigée par un ancien titulaire de bourse du CRDI

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Des enfants prélevant des échantillons d’eau contaminée dans un fleuve à Lima, au Pérou

Eric Smith
Que sont-ils devenus ?
Pour nombre de collectivités de pays en développement établies en zone rurale ou périurbaine, le manque d’accès à une eau propre demeure un problème très préoccupant. Au Pérou, de nombreuses sources d’eau sont contaminées par de dangereux agents pathogènes, des métaux lourds et d’autres composés solubles. En conséquence, des milliers de personnes n’ont pas accès à une eau sûre et souffrent de maladies d’origine hydrique.

Henry Juarez est le directeur général d’AguaSAN Perú, un organisme à but non lucratif qui effectue des recherches sur différentes approches en matière de sécurité hydrique et qui s’attache à les mettre en oeuvre. Les travaux de recherche sur la contamination de l’eau qu’il a réalisés à Lima ont été financés par une bourse du CRDI destinée aux étudiants des cycles supérieurs. Ses premiers travaux ont démontré que le fleuve Rimac, principale source d’approvisionnement en eau de Lima, était fortement contaminé par des métaux lourds dans ses portions médiane et supérieure et par des bactéries intestinales posant une grave menace pour la santé dans sa portion inférieure. Ce sont ces constatations initiales qui l’ont amené à fonder AguaSAN Perú et à lancer l’initiative Agua Limpia para Perú.

« Au cours de mes premiers travaux, j’ai découvert que le fleuve Rimac, qui constitue la plus importante source d’eau potable de la capitale, Lima, était fortement contaminée par des métaux lourds et des bactéries intestinales, lesquels constituent une grave menace pour la santé », explique M. Juarez.

Une technologie canadienne comme piste de solution

Au terme de ses travaux initiaux, Henry Juarez a entrepris de trouver une technologie de filtration simple et peu coûteuse qui permettrait d’améliorer la qualité de l’eau au Pérou. Cette quête l’a amené à découvrir le filtre biosable, une technologie toute canadienne qui se veut une version améliorée des filtres au sable classiques. Le soutien accordé par le CRDI dès la première heure a aidé à lancer ce dispositif, qui a amélioré les conditions de vie d’innombrables personnes en écartant la menace constante de maladie gastro-intestinale qui pesait sur elles. M. Juarez a commencé à vérifier la faisabilité de l’installation de filtres biosable en vue de réduire la présence d’agents pathogènes dans l’eau à Lima. 

Les filtres ont entraîné des retombées positives, et M. Juarez a voulu obtenir du financement additionnel en vue de faire passer à grande échelle l’initiative qui deviendrait l’organisme AguaSAN Perú. Rotary International, le gouvernement du Pérou et des entreprises privées ont fourni des fonds de démarrage. De concert avec des organisations non gouvernementales locales et internationales, AguaSAN Perú supervise maintenant la fabrication et le financement des filtres et fournit de la formation aux travailleurs de la santé et aux collectivités.

De plus, AguaSAN Perú collabore étroitement avec des chercheurs du Canada. De concert avec le Centre for Affordable Water and Sanitation Technology (CAWST) et l’Université Mount Royal, les chercheurs d’AguaSAN Perú ont évalué récemment les programmes de formation et de sensibilisation qu’ils offrent au Pérou. Cette évaluation a révélé que l’intervention visant à traiter l’eau et à en maintenir la qualité à l’échelle des ménages est l’une des démarches les plus prometteuses et les plus efficaces en matière de sécurité hydrique. En favorisant l’accès à une eau propre et la formation sur l’assainissement, les eaux usées et les bonnes pratiques d’hygiène, AquaSAN Perú concourt aux efforts déployés aux fins de l’équité, de la préservation de l’environnement et de la réduction de la pauvreté. À ce jour, l’initiative Agua Limpia para Perú a aidé plus de 12 000 résidents de Lima à accéder à une eau sûre. 

Henry Juarez collecting water samples in Lima, PeruIl demeure cependant un important problème à régler.

« Notre prochain défi consistera à trouver une façon d’extraire les métaux lourds de l’eau potable, explique M. Juarez. Ces polluants sont présents dans l’eau, mais leurs répercussions sur la santé des populations locales sont moins visibles aux yeux des résidents et des autorités. »

La présence de métaux lourds dans l’eau des fleuves résulte habituellement de la pollution minière. Si les filtres biosable parviennent à éliminer les bactéries de l’eau potable, ils ne permettent toujours pas d’en extraire les métaux lourds.
 
Adaptation et passage à grande échelle

Pour résoudre ce problème, M. Juarez s’attache à modifier les filtres biosable de sorte qu’ils puissent éliminer les métaux lourds dans l’eau potable. Les résultats obtenus à ce jour sont prometteurs et indiquent que ces travaux de recherche novateurs pourraient bientôt mener une solution efficace et économique à la contamination aux métaux lourds qui ne nécessiterait qu’un entretien minimal. En fournissant des données scientifiques probantes sur l’extraction des métaux lourds au moyen des filtres biosable, M. Juarez souhaite rétablir l’accès à une eau propre, non seulement pour les Péruviens et les Péruviennes, mais aussi pour des collectivités du monde entier.

Pour en savoir plus sur AguaSAN Perú, consultez le site Web ou la page Facebook de l’organisme.

Courte vidéo sur les innovations simples utilisées par AguaSAN Perú aux fins du traitement des eaux (en espagnol)

En apprendra davantage sur le soutien consenti par le CRDI à l’installation de filtres biosable

Pour en savoir plus sur les bourses du CRDI destinées aux étudiants des cycles supérieurs, consultez la page du site Web du CRDI consacrée au Programme de bourses.

Cet article fait partie de la série Que sont-ils devenus ?, qui met en relief le travail d’anciens titulaires de bourse du CRDI.

Eric Smith est titulaire d’une bourse de perfectionnement professionnel au CRDI et rédacteur à Ottawa.