L’individu au coeur des systèmes de santé : savoir et faire

Kabir Sheikh, Michael Kent Ranson et Lucy Gilson (dir.)
Comment faire en sorte que les systèmes de santé soient axés sur la personne ?
 
Voilà l’une des grandes questions sur lesquelles se sont penchés les 2 000 participants au troisième Symposium mondial sur la recherche sur les systèmes de santé, qui s’est tenu au Cap, en Afrique du Sud, du 30 septembre au 3 octobre 2014. Avec pour thème « The science and practice of people-centred health systems » (« L’individu au coeur des systèmes de santé : savoir et faire »), le symposium a porté sur la manière de favoriser des systèmes de santé inclusifs et représentatifs.
 
Les systèmes de santé sont complexes et ont de lourds défis à relever. À la base, ils existent pour servir les gens, qu’il s’agisse de patients, de familles, de collectivités ou de travailleurs de la santé. Mais le terme « people-centred » (axé sur la personne) est relativement nouveau et englobe de nombreux facteurs hormis les solutions biomédicales qui ont une incidence sur la santé, par exemple, la prestation des services de santé, la justice sociale et les droits de la personne.
 
De nouvelles recherches

Un supplément à la revue savante Health Policy and Planning intitulé, tout comme le symposium, « The science and practice of people-centred health systems », a été produit spécialement pour l’occasion. Il contient un éditorial et onze articles, et a été lancé lors du symposium.

 
Quatre grands thèmes se dégagent de la recherche de pointe faisant l’objet des articles. Primo, les systèmes de santé axés sur la personne (« people-centred health systems ») font en sorte que les personnes et les collectivités ont un rôle et une voix au chapitre dans la prise de décisions au sujet des systèmes de santé. Secundo, ils mettent les gens à l’avant-plan lorsqu’il s’agit de concevoir et d’offrir les services. Tertio, ils reconnaissent que les systèmes de santé sont des institutions sociales, liées par des chaînes de relations entre les personnes. Enfin, ils comprennent que la prise de décisions repose sur des valeurs humaines, valeurs ayant à voir avec la justice, les droits, le respect, l’égalité et les principes sous-jacents aux soins de santé primaires.
 
Ces études menées en Afrique du Sud, en Argentine, au Brésil, en Éthiopie, au Ghana, en Inde, au Nigeria et en Ouganda ont recours à toute une gamme de méthodologies pour examiner les différents aspects des systèmes de santé axés sur la personne, notamment le vécu des patients, des travailleurs de la santé et de la collectivité, les perceptions relatives à la formulation des politiques et les déterminants sociaux de la santé. Collectivement, les articles ont pour ambition de faire passer du stade où l’on définit ce que sont des systèmes de santé axés sur la personne à celui où l’on entre dans la pratique (le « faire »).
 
Comme le précisent les responsables du supplément, les articles font ressortir le caractère politique, social et, en fin de compte, humain des systèmes de santé; il faut trouver des façons de gérer les systèmes de santé de manière à ce que les gens aient voix au chapitre.
 
Le CRDI a financé la publication du supplément et sa diffusion au symposium.
 
Sharmila Mhatre, chef du programme Gouvernance pour l’équité dans les systèmes de santé du CRDI, était invitée à prendre la parole pendant l’une des séances plénières du symposium. Elle estime que le supplément rend justice à l’essence et à la science de la recherche sur les systèmes de santé et est un tremplin fondamental pour le terme « people-centred health systems ».
 
Il est possible de consulter le supplément sans frais (articles en version intégrale) à partir du site Web de la revue Health Policy and Planning.
 
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