Les universités africaines ont besoin d'une bande passante fiable et abordable

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Michael Clarke
La plupart des universités africaines paient environ cent fois plus cher que celles du Canada pour se brancher à Internet. Le CRDI contribue aux efforts déployés pour résoudre ce problème.
Les étudiants des universités canadiennes n’ont qu’à cliquer avec leur souris pour trouver rapidement de l’information et télécharger à haute vitesse celle dont ils ont besoin. Il ne leur viendrait jamais à l’idée d’effectuer une recherche sans consulter Internet en vue de compléter la documentation provenant de leur bibliothèque universitaire.  
 
La situation est fort différente dans la plupart des régions de l’Afrique. En effet, la quantité limitée de ressources documentaires rend l’accès à Internet encore plus essentiel à la recherche, mais pourtant, cet accès est beaucoup plus difficile à obtenir. La plupart des universités africaines paient environ cent fois plus cher que celles du Canada pour se brancher à Internet. Qui plus est, la bande passante dont dispose l’université africaine moyenne équivaut plus ou moins à celle dont dispose un seul foyer canadien.  
 
Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), organisme canadien, contribue aux efforts déployés pour résoudre ce problème. En fait, depuis maintenant quatre décennies, il joue un rôle de premier plan dans des initiatives canadiennes destinées à renforcer les capacités scientifiques et technologiques des pays en développement.  
 
Les interventions sont de nature très variée. Par exemple, un volet a consisté à aider divers pays, dont le Chili, le Mozambique et le Vietnam, à élaborer des politiques nationales propices aux progrès scientifiques et technologiques aptes à stimuler la croissance économique, à réduire la pauvreté et à améliorer d’innombrables façons la vie des citoyens.  
 
Or, la réussite des stratégies en matière de science et technologie dépend de la mise en place d’une infrastructure de technologie de l’information et de la communication (TIC) qui soit efficace et abordable – de sorte que, par exemple, les universités puissent participer pleinement au processus mondial de recherche et d’innovation. Comme le travail en vase clos ne favorise pas le progrès, il est nécessaire que les équipes et les réseaux de recherche soient reliés entre eux. Et pour continuer à progresser, les universités africaines ont besoin d’une bande passante qui soit fiable et qu’elles peuvent se payer.
  
Heureusement, des organismes comme l’Alliance UbuntuNet et le Partnership for Higher Education in Africa trouvent des façons de leur donner accès à une telle bande passante. Par exemple, ils réduisent les coûts de la bande passante grâce aux économies d’échelle qu’ils réalisent en l’achetant en gros et en la revendant moins cher à divers établissements de recherche et d’enseignement un peu partout sur le continent.  
 
Le CRDI, qui a soutenu ces deux projets, collabore également avec des organismes de recherche et des gouvernements qui cherchent à éliminer les obstacles freinant le déploiement des TIC, comme le maintien de prix élevés imposé par les monopoles du secteur des télécommunications.  
 
Ainsi, en Indonésie, une étude réalisée avec l’appui du CRDI par LIRNEasia, un organisme de recherche local, s’est avérée avantageuse pour les consommateurs, car elle a contribué à la baisse radicale des tarifs des services téléphoniques et des services d’Internet. Il s’agissait d’une recherche comparative multipays dont les résultats ont aidé à convaincre les responsables de la réglementation des télécommunications du pays de prendre des mesures qui ont rendu ce marché plus concurrentiel et fait diminuer les prix.
  
Toutefois, il ne suffit pas d’avoir accès à la technologie. Il faut aussi que les gens aient un accès libre et gratuit à l’information qui circule par la voie technologique mondiale, en constante évolution. Le concept du « libre » est au coeur des projets que le CRDI appuie pour favoriser la réalisation de percées dans le domaine des TIC, que ce soit dans le secteur des affaires, de l’éducation, de la santé ou de l’administration publique.  
 
Par exemple, le Réseau des chefs de file du cybergouvernement en Amérique latine et dans les Caraïbes, que soutiennent le CRDI et l’Organisation des États américains, favorise une meilleure reddition de comptes en permettant aux citoyens de communiquer par voie électronique avec les politiciens et les fonctionnaires. Une autre initiative en cours dans la région consiste à utiliser les TIC pour moderniser le système d’approvisionnement du secteur public et permettre aux petites et moyennes entreprises de participer aux concours.  
 
Dans le secteur de la santé, des diplômés en informatique du Rwanda collaborent à la conception d’un système de dossiers médicaux électroniques. Ces importants travaux s’inscrivent dans une initiative concertée d’envergure dans le cadre de laquelle des chercheurs de cinq pays utilisent des logiciels libres conformes aux normes ouvertes internationales pour mettre au point un système d’information sur la santé grâce auquel on pourra offrir des services de santé de meilleure qualité et moins coûteux.  
 
Cette initiative a déjà réussi à influencer la réflexion mondiale sur le libre accès. En effet, lors d’une récente réunion de l’Organisation mondiale de la santé, des chercheurs du réseau ont réussi à convaincre les principaux organismes mondiaux de normalisation de mettre les normes à la disposition de tous de façon à ce que les pays en développement puissent y avoir accès gratuitement.  
 
Trois éléments sont essentiels pour assurer l’efficacité d’une politique en matière de science et technologie : une plateforme TIC stable, des politiques rigoureuses en matière de télécommunications et le libre accès. Le Canada aide les pays en développement en intervenant sur tous ces plans.