Les répercussions de la santé animale sur la santé humaine

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Stephen Dale
De manière générale, le travail du Canadien Craig Stephen et du Sri Lankais Sam Daniel consiste essentiellement à mobiliser les ressources sur place susceptibles d'aider à prévenir une pandémie.
Selon le Dr Stephen, vétérinaire à l'Université de Calgary, dans la foulée des éclosions de grippe aviaire, le milieu médical a compris que si l'on voulait faire face aux maladies émergentes, dont 75 % proviennent des animaux, il fallait tenir compte du volet animal du problème.
 
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Les répercussions de la santé animale sur la santé humaine
Craig Stephen, de l’Université de Calgary, explique qu’au Sri Lanka, de meilleurs services vétérinaires ont non seulement le potentiel d’améliorer l’état nutritionnel chez les pauvres, mais aussi celui d’assurer aux petits exploitants agricoles une plus grande place sur les marchés d’exportation.

Leur travail comporte plusieurs éléments. L'amélioration des programmes de sciences vétérinaires des universités permettra aux organismes gouvernementaux et aux agences de santé publique de recruter des personnes mieux formées, ce qui permettra à l'information de circuler plus facilement de la ferme aux vétérinaires puis de ces derniers aux responsables de la santé publique, car le temps est compté dans de telles situations.

 
Il est également essentiel de transférer les connaissances aux collectivités, puisque les agriculteurs aptes à reconnaître une maladie et à prendre des mesures pour la contenir serviront de système d'alerte précoce en cas d'éclosion. Le troisième élément consiste à mieux former les agriculteurs afin que les animaux soient en meilleure et moins susceptibles de contracter une maladie. Le Dr Stephen précise que son équipe s'intéresse à une démarche axée sur la prévention.
 
Un soutien arrivant à point nommé
 
Le soutien accordé par le programme Teasdale-Corti au projet est arrivé à un moment opportun.
 
Sam Daniel est secrétaire par intérim du ministère de l'Infrastructure et du Développement de l'élevage du Sri Lanka et avait déjà collaboré avec le Dr Stephen par l'entremise de Vétérinaires sans frontières. Selon lui, vers la même époque où la subvention était octroyée, le cabinet du Sri Lanka recrutait quelque 46 spécialistes de la santé publique pour s'attaquer aux maladies d'origine alimentaire et à la question de la salubrité des aliments et pour améliorer l'inspection des viandes. Le pays est en train de développer ses services de santé publique vétérinaire, dit-il.
 
Ce n'est pas uniquement la prévention des pandémies qui motive le Sri Lanka. Entre autres choses, de meilleurs services vétérinaires pourraient aussi aider le pays à améliorer son rendement en regard de certains objectifs du Millénaire pour le développement, notamment celui visant les niveaux de nutrition chez les enfants.
 
Selon le Dr Stephen, accroître la qualité des produits à la ferme constitue une façon d'améliorer la situation. Par exemple, la consommation de lait augmentera si l'on peut bâtir des troupeaux plus résilients et en meilleure santé, qui résisteront à la maladie. À l'inverse, si la grippe aviaire frappait demain et éliminait toutes les volailles, cela aurait de profondes conséquences car la volaille et le poisson sont des sources essentielles de protéines animales.
 
Retombées économiques
 
Les enjeux économiques sont aussi au premier plan. Le Dr Stephen fait observer qu'à mesure que l'économie agricole du Sri Lanka prend de l'ampleur, il importe de veiller à ce que la maladie ne devienne pas une entrave au commerce.
 
Le cas des poissons ornementaux, qui représentent 6 % du produit intérieur brut agricole du pays, illustre les implications économiques de l'amélioration de la médecine vétérinaire. Le Dr Stephen estime que ce vaste marché d'exportation exigera que ces poissons ne soient pas porteurs, entre autres, de bactéries résistantes. Selon lui, certains employés du ministère des Pêches croient qu'il s'agit d'une excellente façon pour le petit exploitant agricole d'arrondir ses fins de mois. Alors, certaines personnes construisent des étangs en béton à peu de frais, tandis que d'autres préparent de la nourriture pour poissons à partir de restes de table, ce qui occasionne d'importantes retombées économiques.