Les pouvoirs publics et la société civile cherchent des moyens de développer l’économie sociale et solidaire

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Jonah Engle
Des entrepreneurs, des activistes sociaux, des ministres et des universitaires de 67 pays se sont réunis à Montréal afin de trouver des moyens de stimuler l’économie sociale et solidaire.
 
Des millions de Canadiens et de Canadiennes participent déjà à cette économie, qui englobe les caisses populaires, les coopératives, l’investissement éthique et le commerce équitable; pour ce qui est de l’achat de produits et de services, leurs choix ne sont pas strictement motivés par des considérations financières, mais plutôt par un souci pour le bien commun.
 
Le Forum international de l’économie sociale et solidaire a été organisé par le Chantier de l’économie sociale, qui a son siège à Montréal, avec le soutien du Centre de recherches pour le développement international (CRDI). Le thème de cette rencontre de trois jours, en octobre 2011, qui a attiré plus d’un millier de participants, était le dialogue entre la société civile et les pouvoirs publics.
 
Nancy Neamtan, présidente-directrice générale du Chantier de l’économie sociale, estime que, pour réaliser son potentiel, l’économie sociale et solidaire doit être pleinement reconnue à tous les paliers, tant à l’échelle locale que par les États-nations et les institutions internationales. Elle ajoute que la création de politiques favorables doit être l’aboutissement d’un processus participatif, caractéristique de l’économie sociale et solidaire.
 
Comprendre l'économie sociale et solidaire
 
Une partie du travail à accomplir consiste à mesurer la portée de l’économie sociale et solidaire, qui est dépourvue d’une réelle structure, à approfondir la compréhension que l’on a de sa contribution et de son potentiel sur les plans économique et social et à tirer des enseignements de l’expérience de différents pays. C’est la raison pour laquelle le CRDI a été l’un des premiers partenaires clés du Chantier.
 
Le CRDI a subventionné, un peu partout dans le monde, des travaux de recherche examinant l’économie sociale et solidaire selon cinq perspectives : le développement local, l’innovation, la finance et le commerce, l’emploi et le travail et la sécurité et la souveraineté alimentaires. De plus, six études de cas de portée nationale effectuées en Europe, en Afrique et dans les Amériques ont jeté sur ces questions un éclairage particulier. Les articles préparés dans le cadre de ces travaux ont été publiés sur les pages Web du Forum et présentés par leur auteur la veille de l’ouverture. Ces travaux ont aidé à définir les enjeux dont on allait discuter au Forum et devraient faciliter la poursuite des échanges à l’échelle mondiale.
 
L’un des éléments distinctifs de l’économie sociale et solidaire, sur le plan international, est l’absence des habituels rapports hiérarchiques Nord-Sud. Les bonnes idées, d’où qu’elles viennent, sont reprises et adaptées en fonction des réalités locales; on en veut pour exemple le microcrédit, qui s’est répandu sur toute la planète après être apparu au Bangladesh.
 
Dans cet esprit, des représentants des pouvoirs publics aux paliers local, régional et national en provenance notamment du Mali, du Brésil, de l’Espagne, du Québec et de Paris ont échangé de l’information sur leurs politiques respectives et ont parlé avec des entrepreneurs sociaux de la manière dont ils pourraient collaborer. Les administrations et gouvernements qui ont pris part à ces discussions apportent tous un soutien important à l’économie sociale et solidaire, quoique sous diverses formes.
 
Une solution de rechange durable
 
Alors que perdure la crise économique mondiale, les partisans de l’économie sociale et solidaire voient dans cette dernière une solution de rechange durable. Margie Mendell, une économiste de l’Université Concordia qui a participé à l’organisation du Forum, explique que l’économie sociale et solidaire offre une façon différente de structurer une économie.
 
Mme Mendell souligne que l’économie sociale et solidaire a déjà fait ses preuves à tous les échelons, depuis les restaurants de quartier qui emploient des chômeurs de longue date jusqu’aux coopératives d’énergie de substitution multimilliardaires. Par ailleurs, selon elle, un autre secteur de l’économie sociale et solidaire, la finance solidaire, fondée sur l’économie réelle, constitue une solution de rechange bien établie aux instruments financiers et à l’activité spéculative des banques d’investissement qui sont à l’origine de la crise économique mondiale actuelle.
 
Maintenant que le Forum est terminé, le soutien que le CRDI continue d’accorder au Chantier de l’économie sociale vise le financement d’un nouveau centre de référence sur l’économie sociale et solidaire. Mme Mendell explique que le centre choisira des exemples pouvant servir de modèles et fera fond sur les échanges internationaux qu’a permis le Forum.

L'auteur Jonah Engle est établi à Montréal

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