Les percées de la Tanzanie en matière de services de santé

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Division des communications, CRDI
DES EFFETS DURABLES
Nous sommes en 2002. À Mvomero, en Tanzanie, des parents et leurs bébés attendent patiemment pour consulter le travailleur de la santé communautaire. Samuel Hassain, qui accompagne son petit-fils malade, dit que les gens ont confiance dans les services. À son avis, les patients sont bien traités et les diagnostics sont exacts. Y.E. Kapito, travailleur de la santé, se réjouit : on ne lui a signalé aucun décès d’enfant depuis six à huit mois.
À LIRE ET À VOIR ÉGALEMENT

Le PIEST : remise sur les rails d'un système de santé
Pour améliorer les soins, le Projet d'interventions essentielles en santé en Tanzanie a fait oeuvre de pionnier : il a mis à contribution les collectivités.

 Pour améliorer la santé
Une courte vidéo sur l'importance de la participation de la collectivité dans l'amélioration du système de santé.

« Ces gens reprennent la direction de leur dispensaire. Construit à l'origine par les villageois et remis aux autorités il y a plusieurs années, il n'a jamais vraiment rempli son rôle. La santé de la collectivité n'était que le miroir de l'état de déabrement du dispensaire. Maintenant les choses ont changé. »
 
LA RÉFORME DU SYSTÈME DE SANTÉ / Résumé mis à jour en 2008
L'enjeu — la recherche — leçons et recommandations

Bibiothèque numérique du CRDI
Extrants du Projet d'interventions essentielles en santé en Tanzanie (PIEST)

Cette scène n’est qu’un exemple parmi tant d’autres d’une remarquable renaissance des services de santé – une renaissance qui a permis à la Tanzanie de mettre résolument le cap sur la réalisation de l’un des objectifs du Millénaire pour le développement, à savoir la réduction des deux tiers du taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans, et ce, bien avant la date butoir de 2015.

Une chute spectaculaire de la mortalité infantile

À la fin des années 1990, simplement en bonifiant de 80 cents par habitant le budget des services de santé, la Tanzanie est arrivée à réduire la mortalité infantile dans une proportion étonnante de 40 % dans deux districts pilotes, et ce, en cinq ans seulement.

Hassan Mshinda, ancien chercheur en santé aujourd’hui directeur général de la Tanzania Commission for Science and Technology, se souvient que l’atteinte de ces résultats au moyen d’un si petit investissement a pris tout le monde par surprise, car personne ne s’attendait à une telle réussite.

Depuis lors, la Tanzanie a étendu ces réformes du système de santé à tous les districts. Il s’en est suivi une amélioration spectaculaire de la santé des enfants et des adultes dans l’ensemble du pays.

Installations délabrées et piètre planification

Quelques années auparavant, le système de santé de la Tanzanie était mal en point. Au début des années 1990, explique M. Mshinda, il y avait une pénurie de médicaments, et le pays n’avait pas les outils nécessaires pour assurer la prestation des services. Les installations étaient délabrées, et les soins, mal planifiés. Les cliniques manquaient de personnel, et le personnel en place n’avait pas reçu une formation adéquate.

 
Les épidémies (de VIH/sida et de paludisme, entre autres) qui ravageaient le pays avaient fait monter en flèche le taux de mortalité. Ainsi, en 1990, l’UNICEF estimait que plus de 160 enfants tanzaniens sur 1 000 mouraient avant leur cinquième anniversaire. De nombreux Tanzaniens avaient tout simplement renoncé à tenter d’obtenir des soins médicaux pour eux et pour leurs enfants.

Entrée en scène du PIEST

La situation a changé grâce au Projet d’interventions essentielles en santé en Tanzanie (PIEST), mené en collaboration par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), le ministère de la Santé de la Tanzanie et l’Agence canadienne de développement international. Le projet se fondait sur l’hypothèse selon laquelle des investissements modestes, mais stratégiques, dans l’infrastructure de la santé pouvaient sauver des vies.

 
Des chercheurs tanzaniens et canadiens ont commencé à intervenir sur plusieurs fronts. On a mis au point un outil informatique convivial pour recueillir de l’information sur les principales causes de décès et de maladie. Ce logiciel simple a permis aux planificateurs des services de santé des deux districts pilotes d’affecter davantage d’argent à la lutte contre les maladies les plus meurtrières.

Remise sur les rails du système

Et ce n’est pas tout. On a amélioré les communications par radio afin que les fournitures et les médicaments essentiels puissent être acheminés aux cliniques et dispensaires. On a offert de la formation au personnel. On a accéléré la distribution des moustiquaires de lit antipaludiques et adopté une approche globale du traitement des maladies infantiles. Et les collectivités ont donné un coup de main pour reconstruire les installations.

 
Il s’agissait de veiller à la synergie de tous les éléments du système de santé. Selon Don de Savigny, professeur d’épidémiologie et ancien gestionnaire de la recherche du PIEST pour le CRDI, le fait d’éliminer quelques goulots d’étranglement importants peut avoir un effet spectaculaire sur la santé de la population.

Un modèle de réussite

Les effets ont été remarquables. D’après Honorati Masanja, de l’Ifakara Health Research and Development Centre en Tanzanie, le nombre de décès d’enfants tanzaniens de 1999 à 2005 a été inférieur de 280 000 aux prévisions faites au début des années 1990.

 
Le succès du PIEST a profondément influencé la réflexion, en Afrique et ailleurs dans le monde, sur l’importance du dynamisme des systèmes de santé. Le Burkina Faso, le Ghana, le Nigeria et d’autres pays africains adoptent le modèle du PIEST pour réformer leur système de santé. À l’échelle mondiale, on retient de plus en plus les enseignements tirés du PIEST.
 
Selon Graham Reid, spécialiste de programme principal au CRDI en poste à Nairobi et ancien gestionnaire du PIEST, ce qui importe souvent, dans l’immédiat, ce n’est pas tant de mettre au point de nouveaux médicaments et de nouveaux vaccins, mais bien de faire en sorte que les personnes qui en ont le plus besoin aient accès aux traitements efficaces qui existent déjà.


On continue de ressentir les effets du PIEST plus de huit ans après la fin du projet.

– Hassan Mshinda, directeur général, Tanzania Commission for Science and Technology

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