Les femmes du Sahel obtiennent de meilleurs rendements de leurs cultures

07 juin 2016
Gloria Lihemo

Moins d’engrais et rendements plus élevés pour les agricultrices du Sahel

Les agriculteurs de la ceinture semi-aride du Sahel, en Afrique de l’Ouest, augmentent le rendement de leurs cultures et les revenus qu’ils en tirent grâce à l’amélioration d’une technique simple qui associe de petites quantités d’engrais (microdosage) et la collecte des eaux de pluie.

L’indice de la faim dans le monde 2013 met en évidence la fragilité de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le Sahel, qui est attribuable aux prix des aliments qui sont élevés et instables, aux précipitations irrégulières et aux pénuries de céréales. Les ménages pauvres, surtout en milieu rural, sont les plus touchés, car lorsque la pénurie de céréales se prolonge, leur source de revenus diminue. 

Une pincée d’engrais par semis

La fertilité des sols est essentielle pour garantir de bonnes récoltes. Malheureusement, les petits agriculteurs, les petites agricultrices surtout, ne peuvent se payer des engrais chimiques. Il en résulte de maigres récoltes et des sols dégradés.

Les travaux exécutés par des équipes de chercheurs du Bénin, du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Canada et du Centre international d’agriculture tropicale ont démontré que le microdosage aide à reconstituer les éléments nutritifs du sol tout en permettant à ce dernier de conserver son humidité. Seule une petite quantité d’engrais est nécessaire, soit environ 4 kilos de phosphore par hectare ou une pincée par semis au moment de la plantation. Le CRDI et Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada financent ce projet de recherche par le truchement du Fonds canadien de recherche sur la sécurité alimentaire internationale.

En associant le microdosage et une meilleure méthode de collecte des eaux de pluie, les agriculteurs ont observé une hausse de 25 à 50 % du rendement des cultures que cultivent traditionnellement les femmes de milieu rural, dont le niébé, le mil et le sorgho. Les chercheurs examinent également les effets à long terme du microdosage et s’emploient à trouver des manières d’améliorer la disponibilité dans le sol de l’humidité et des éléments nutritifs qui sont nécessaires aux cultures.

Investir dans l’avenir économique des femmes au moyen du crédit

Le crédit-stockage, ou warrantage, géré par les associations d’agriculteurs, a permis d’accroître l’adoption du microdosage. En ayant recours au crédit-stockage, les petits agriculteurs peuvent acheter des engrais et des semences de bonne qualité à crédit. Les ménages dirigés par des femmes devraient en tirer de grands avantages : les engrais et les semences leur coûtent 30 % de moins que s’ils sont achetés directement des détaillants. Le crédit a grandement facilité l’accès des agriculteurs aux engrais. En certains endroits, au Burkina Faso par exemple, les engrais n’étaient vendus qu’en gros, et les agriculteurs qui voulaient en acheter en petites quantités ne pouvaient pas le faire.

Le crédit-stockage permet en outre aux agriculteurs de mettre une partie de leur récolte en entrepôt. Elle sert de garantie pour l’obtention de crédit auprès des institutions de microfinance. Là où le projet est exécuté, une vingtaine d’institutions de microfinance offrent du crédit pour le microdosage. À ce jour, plus de 1 000 agriculteurs – dont 30 % sont des femmes – ont reçu une formation en microdosage et ont eu accès au crédit dans chacun des quatre pays.

Ce projet de recherche est mené dans le cadre du Fonds canadien de recherche sur la sécurité alimentaire internationale (FCRSAI). Pour plus de précisions sur ce projet et sur les autres projets subventionnés par le Fonds, consulter les pages Web du FCRSAI.