Les équipes du programme Innovation pour la santé des mères et des enfants d’Afrique s’échangent leurs premières constatations à Dakar

September 29, 2017

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Représentants lors de la cérémonie d'ouverture

Louise Guénette/CRDI

Des représentants de l’Ambassade du Canada, de l’Organisation ouest-africaine de la santé, du CRDI, du gouvernement du Sénégal, le ministre de la Santé et de l’Action sociale, à la cérémonie d’ouverture de l’atelier.

Le programme Innovation pour la santé des mères et des enfants d’Afrique (ISMEA) étant arrivé à mi-parcours, 80 experts africains et canadiens se sont réunis à Dakar, au Sénégal, du 24 au 27 avril 2017 pour discuter des premières constatations du programme et affuter leurs compétences en matière de recherche et d’interaction avec la sphère des politiques.

Des représentants distingués du gouvernement du Sénégal et de l’Ambassade du Canada au Sénégal ont accueilli les participants et réitéré leur engagement indéfectible à l’égard de l’amélioration de la santé maternelle et infantile et de l’élimination des décès inutiles de femmes et d’enfants en Afrique.

Les membres des 19 équipes de recherche de l’ISMEA ont parlé de leurs recherches initiales au sein des communautés où ils mettent à l’essai des innovations en matière de santé maternelle et infantile. Par exemple, une étude de référence menée dans la zone Jimma, en Éthiopie, a démontré que 46% des femmes continuent d’accoucher à la maison – loin des services médicaux nécessaires en cas de complications. Le chef du bureau zonal de la santé du gouvernement fédéral à Jimma, Kunuz Haji Bedru, a affirmé que bien des femmes continuent d’accoucher à la maison malgré le fait que le gouvernement met à leur disposition des aires d’attente maternelle pour leur permettre de résider près des centres de santé vers la fin de leur grossesse.

M. Haji Bedru fait partie d’une équipe de recherche qui comprend des chercheurs de l’Université de Jimma et de l’Université d’Ottawa. Entre autres innovations, l’équipe tente de trouver des façons d’améliorer les aires d’attente maternelle. Une fois que la recherche aura permis de déterminer les interventions les plus efficaces pour amener les femmes à utiliser les aires d’attente, M. Haji Bedru souhaite étendre le service aux 120 centres de santé des 21 districts de Jimma, lesquels desservent 3,2 millions de personnes.

Chaque équipe de l’ISMEA comprend un responsable des politiques comme M. Haji Bedru pour s’assurer que les possibilités excitantes soulevées par l’innovation sont soutenues par un milieu accueillant où elles pourront prendre racine. Il est essentiel, pour assurer la viabilité des innovations et leur adoption à grande échelle, d’obtenir l’adhésion de tous les intervenants concernés – responsables des politiques de santé, administrateurs et personnel du milieu de la santé – à toutes les étapes du processus.

Le transfert des connaissances et l’interaction avec la sphère des politiques ont occupé une bonne partie des discussions à Dakar. Tant les chercheurs que les responsables de politiques ont profité des séances de renforcement des compétences, ou « cafés du savoir », pour en apprendre davantage sur l’interaction avec les intervenants, la rédaction d’énoncés de politique et l’utilisation des médias sociaux. Les participants ont discuté de la qualité des soins et des innovations visant à optimiser l’utilisation efficace des ressources humaines dans le secteur de la santé.

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Des chercheurs des équipes de recherche de l’ISMEA en Tanzanie échangent des idées au cours d’une discussion de groupe. (Photo : Nadia Akseer)

Les travailleurs en santé communautaire sont également au coeur de plusieurs projets de l’ISMEA. Ces bénévoles peuvent aider le réseau de la santé à fournir des services aux populations vulnérables qui n’y ont pas présentement accès. Les équipes de chercheurs du Sénégal et des régions frontalières du Soudan du Sud et de l’Ouganda du Nord cherchent à accroître la viabilité du travail de ces travailleurs en santé communautaire en reliant leurs activités à l’entreprise sociale. Au Nigéria, par exemple, des chercheurs testent l’efficacité d’un nouveau guide à permettre aux sages-femmes des communautés à reconnaître et à traiter la dépression périnatale. Nous devons gérer la dépression liée à la grossesse au moyen de soins non spécialisés, car il n’y a qu’un psychiatre pour un million de personnes dans la majeure partie du Nigéria, a expliqué Bibilola Oladeji, une chercheuse de l’Université d’Ibadan.

L’intégration des questions de sexospécificité et d’équité se situe au coeur de l’ISMEA. Les participants à la rencontre de Dakar ont discuté des dimensions de leurs projets de recherche liées à l’égalité entre les sexes et à l’équité sociale. Les séances ont permis une réflexion collective sur la conception d’interventions tenant compte des sexospécificités et sur la nécessité éventuelle de mener des recherches sur les questions d’égalité des sexes et d’équité sociale. Les participants ont également rappelé l’importance de faire correspondre les recherches aux politiques nationales sur ces questions et d’obtenir l’adhésion des principaux intervenants tels que les ministères pertinents.

La réunion de Dakar a été organisée par l’Organisation ouest-africaine de la santé et le Centre de recherche sur la population et la santé en Afrique. Ces deux organisations jouent un rôle central dans l’ISMEA en appuyant les efforts des équipes visant à intégrer les données probantes issues de leurs recherches aux politiques et aux pratiques en santé des mères et des enfants dans les pays ciblés.