Les coopératives, sources d'espoir pour les Marocaines

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Division des communications, CRDI
DES EFFETS DURABLES
Des recherches menées dans le sud-ouest du Maroc en vue de préserver et d’exploiter une ressource forestière fort précieuse qui est menacée, l’arganier, ont permis de hausser considérablement les revenus des femmes berbères. Regroupées en petites coopératives, les femmes produisent de l’huile d’argan au moyen de méthodes à la fois traditionnelles et modernes et la mettent en marché. En même temps, elles apprennent à lire et à écrire ainsi qu’à gérer une entreprise.
 
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L'arganier, un investissement pour l'avenir
Une chercheure du Maroc s'est intéressée à une ressource locale pouvant faire partie de la solution dans la lutte contre la pauvreté.
 
L’arganier, une énigme en voie d’être résolue
Portrait d’une chercheure — Zoubida Charrouf

Amal comme l'espoir
Une coopérative d'huile d'argan a changé la vie des femmes

 
 
Le CRDI au Maroc
Depuis plus de 25 ans, le CRDI finance au Maroc des recherches réalisées dans un large éventail de domaines allant de l’agriculture aux technologies de l’information et de la communication.

Bibliothèque numérique du CRDI
Extrants de recherches axées sur l'arganier

Fatima, une veuve de 38 ans, est membre de la coopérative Taitmatine, dans la province de Taroudant. Son travail lui a permis de payer les frais de scolarité de ses enfants et d’apprendre à lire et à écrire. Elle a en outre eu l’occasion d’assister à des ateliers de sensibilisation portant sur divers aspects de la vie familiale et du fonctionnement d’une coopérative.

L’arganier est un arbre rustique, longévif et résistant à la sécheresse qui ne pousse qu’au Maroc. On en tire plusieurs produits, dont le plus précieux est l’huile d’argan, de couleur miel et au goût léger tirant sur la noisette. Cette huile de cuisson, qui est utilisée aussi pour les vinaigrettes, est en outre prisée pour ses vertus médicinales et cosmétiques.

Un mélange de technologies anciennes et nouvelles

Une cinquantaine de coopératives comme celle de Taitmatine ont vu le jour dans le sud-ouest du Maroc depuis 1996. Zoubida Charrouf, professeure de chimie à l’Université Mohammed V, a été l’agent catalyseur à l’origine de l’amélioration des techniques de production de l’huile d’argan et de la création de bon nombre de ces coopératives.

Mme Charrouf préside le conseil d’administration de l’Association Ibn Al Baytar, qui fait la promotion des plantes médicinales. À la faveur d’une subvention de recherche du CRDI visant une période de quatre ans (de 1998 à 2002), l’association et elle ont collaboré afin de stimuler et d’améliorer la production de l’huile d’argan de même que
la gestion des activités dans ce secteur.

Certaines étapes laborieuses, comme le broyage des amandons et l’extraction de l’huile, ont été mécanisées. Non seulement cela a-t-il pour effet d’accélérer le processus, mais cela permet d’obtenir une huile de meilleure qualité, qui se conserve deux fois plus longtemps, en produisant moins de déchets. Une opération clé, le cassage des coques des noix d’argan entre deux pierres, se fait toujours à la main : cette opération ne se prête pas particulièrement à la mécanisation étant donné que le nombre d’amandons présents dans la noix varie.

De problème environnemental à débouché économique

Au départ, Mme Charrouf s’est intéressée à l’arganier surtout pour des raisons reliées à l’environnement. Elle cherchait à protéger cette espèce menacée, qui ne pousse que dans son pays et qui a longtemps été considérée comme un rempart vert contre le désert. En effet, à l’époque, on perdait plus de 600 hectares de forêt d’arganier chaque année. Par contre, on désirait aussi transformer ce problème en débouché économique.

Avant de s’adresser au CRDI, Mme Charrouf avait frappé à plusieurs portes, mais personne ne croyait au projet. Si le CRDI n’a pas financé l’ensemble des travaux, il a soutenu le maillon fort, estime-t-elle. Aujourd’hui, l’huile d’argan est connue partout sur la planète et selon elle, n’eussent été des travaux réalisés au départ grâce à l’appui du CRDI, on n’en serait pas où l’on en est aujourd’hui.

Les coopératives regroupent de 35 à 40 femmes. Ces dernières en tirent un grand avantage : elles touchent environ 6 euros (8,60 CAD) par jour – soit plus de dix fois ce qu’elles gagnaient il y a quelques années.

Le développement de la production de l’huile d’argan continue de bénéficier d’un soutien de taille grâce à une subvention de 12 millions d’euros. La moitié de cette somme provient de l’Union européenne et l’autre, du gouvernement du Maroc.

L’huile d’argan est aujourd’hui un produit-créneau de grande valeur sur le marché international. En avril 2009, elle s’est vu attribuer l’appellation IGP (indication géographique protégée), un label de qualité créé par l’Union européenne. L’IGP huile d’argan est la toute première IGP africaine.
 


« La coopérative m’a permis de me libérer des corvées domestiques chez les gens. Maintenant j’apprends à lire et à écrire et j’ai appris comment assurer la qualité des amandons. La coopérative m’a offert plus d’autonomie. J’ai pu visiter d’autres coopératives dans d’autres provinces. J’ai vu comment des jeunes filles et des femmes comme moi ont pu prendre leur destin en main et aller de l’avant pour le développement de leurs coopératives. »

—Membre célibataire de 29 ans de la coopérative Taitmatine, au Maroc