Les bourses du CRDI appuient les futurs chefs de file dans le domaine de la recherche sur les changements climatiques et l'eau

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Grâce à des subventions offertes par le programme ICTWCC (applications novatrices des TIC pour l'atténuation des répercussions des changements climatiques sur les ressources en eau), 31 candidats à la maîtrise et au doctorat ont pu tester leurs recherches

Bill Morton

Un programme de bourses de recherche du CRDI appuie les recherches novatrices et renforce le leadership futur et les connaissances sur les TIC, les changements climatiques et l'eau.

Les technologies de l'information et de la communication (TIC), comme les téléphones cellulaires, Internet, la radio communautaire et la vidéo participative, présentent un fort potentiel pour faire face aux répercussions des changements climatiques et aider les communautés à s'adapter au stress hydrique. Cependant, les recherches sont limitées dans ce domaine émergent, et il n'existe pas assez de données probantes pour éclairer les politiques et les pratiques. Le programme Applications novatrices des TIC pour l'atténuation des répercussions des changements climatiques sur les ressources en eau (ICTWCC), financé par le CRDI et coordonné par l'Université de Nairobi, traite de ces lacunes.

Renforcement des capacités de recherche

Dans le cadre de leur participation au programme ICTWCC, 31 candidats à la maîtrise et au doctorat provenant d'Asie, d'Amérique latine et des Caraïbes, ainsi que d'Afrique subsaharienne, ont reçu des subventions pour tester leurs recherches sur le terrain et ainsi s'assurer de leur applicabilité dans le monde réel. Les bénéficiaires de subventions ont profité de l'encadrement de spécialistes et d'une formation personnalisée visant à améliorer leurs compétences quant à différentes méthodes de recherche et à des aspects spécialisés de la science du climat. Leur capacité à entreprendre des recherches rigoureuses et de grande qualité s'est grandement améliorée à la suite de leur participation au programme.

Un cadre de suivi et d'évaluation personnalisé élaboré par l'Université de Nairobi indique qu'environ 70 % des doctorants bénéficiaires estimaient que leurs compétences relatives aux méthodes de collecte de données, aux outils et aux techniques étaient « élevées » après deux ans de participation au programme, comparativement à seulement 42 % au début du programme. Pour la même période, 60 % des doctorants bénéficiaires ont estimé que leurs compétences étaient « élevées » en matière d'élaboration de politiques sur les changements climatiques, comparativement à seulement 26 % au début du programme. Pour les deux critères d'évaluation, la proportion de doctorants bénéficiaires estimant que leurs compétences étaient « élevées » avait plus que doublé après deux ans de participation au programme.

Production et diffusion de connaissances

Les bénéficiaires de subventions apportent une contribution importante sur le terrain. Les recherches entreprises dans le cadre du programme couvrent une variété de sujets pertinents.

Par exemple, une étude propose un plan de gestion foncière visant à limiter les risques que posent les ouragans pour les forêts du Nicaragua, où un ouragan a détruit 400 000 hectares de forêt en 2007. Au Kenya, une étude a révélé que les agriculteurs modifient déjà leurs pratiques pour s'adapter aux changements climatiques, mais que l'échange d'autres renseignements sur les changements climatiques au moyen de téléphones cellulaires et de radios, de façon abordable et dans les langues locales, peut améliorer encore davantage les efforts d'adaptation des agriculteurs.

Par ailleurs, les bénéficiaires transmettent activement les résultats de leurs recherches aux décideurs et à d'autres chercheurs dans le domaine de la science du climat, notamment lors d'événements internationaux d'envergure, comme la 9e conférence internationale sur l'adaptation communautaire et le XVe Congrès mondial de l'eau. Au Guatemala, les bénéficiaires ont organisé le congrès international sur les changements climatiques et ont présenté leurs conclusions à plus de 600 intervenants de la région qui se consacrent à l'adaptation aux changements climatiques dans le secteur de l'eau.

À ce jour, les bénéficiaires ont produit 64 extrants de recherche uniques (dont 11 publications à comité de lecture et 2 chapitres de livres).

Collaboration Sud-Sud

L'Université de Nairobi travaille étroitement avec des partenaires régionaux du programme, à savoir l'Asian Management and Development Institute au Vietnam et le Centre agronomique tropical de recherche et d'enseignement au Costa Rica. Les trois partenaires jouent un rôle de leadership en permettant de nouveaux développements sur le terrain et en favorisant la création de réseaux et la collaboration Sud-Sud. Le programme a également aidé les bénéficiaires à établir leur propre réseau d'apprentissage mutuel et d'échange entre pairs, qui est désormais utilisé pour déterminer des applications communes des TIC dans diverses régions. Les partenaires du programme ont également établi la plateforme de collaboration Sud-Sud pour l'apprentissage et l'adaptation, un réseau interrégional qui s'est fortement engagé à renforcer la capacité de recherche sur les répercussions des changements climatiques sur l'eau, en mettant particulièrement l'accent sur l'utilisation des connaissances et de l'expérience des pays en voie de développement.

Positionnement en vue d'un leadership futur

La demande d'expertise quant à l'application des TIC dans la lutte contre les répercussions des changements climatiques sur l'eau s'accroît, notamment de la part d'établissements d'enseignement et d'institutions gouvernementales ainsi que de décideurs qui ont besoin de recherches fondées sur des données probantes et d'expertise pour orienter leur prise de décisions. Au vu des compétences acquises au cours de leur participation au programme ICTWCC, les bénéficiaires sont maintenant bien placés pour assumer des rôles de chefs de file dans ce domaine de recherche en plein essor.
Bill Morton est rédacteur à Ottawa.

Photo (à droite) : ICTWCC
Au moyen de téléphones cellulaires, les agriculteurs peuvent recevoir de l'information sur le climat et le marché leur permettant d'assurer leur subsistance et la production alimentaire.

En savoir plus sur le programme ICTWCC.