Le Projet hippocampe devient un important protagoniste de la conservation de la faune marine

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Stephen Dale
Des effets durables
Pour certains, le Projet hippocampe est un organisme qui a mobilisé des collectivités de pêcheurs pauvres des Philippines pour créer des dizaines d’aires protégées au centre de l’archipel. Protégés par les habitants de l’endroit, ces refuges côtiers ont grandement amélioré les perspectives de survie d’espèces menacées.
 
Pour d’autres, le projet doit surtout sa renommée au fait qu’il a convaincu des fournisseurs de remèdes traditionnels chinois de participer aux efforts de conservation des hippocampes. L’établissement d’un système d’aquaculture permettant l’élevage de ces poissons, qui sont très prisés dans la pharmacopée chinoise traditionnelle ainsi que sur le marché aquariophile et dans l’industrie du souvenir, a atténué les pressions exercées sur les spécimens vivant en milieu naturel.
 
Fort de ces réalisations, qui ont été accomplies avec le concours du CRDI, le Projet hippocampe est devenu un chef de file à l’échelle internationale en ce qui a trait aux questions relatives à la pérennité des milieux marins. L’organisme est maintenant une alliance mondiale de chercheurs et de défenseurs de politiques possédant le rayonnement et l’expertise voulus pour oeuvrer dans les nombreuses sphères où l’on soulève ces questions.
 
La directrice du Projet hippocampe, Amanda Vincent, a été titulaire de la Chaire de recherche du Canada en conservation marine, à l’Université de la Colombie-Britannique, de 2002 à 2012. Elle explique qu’elle et son équipe s’attaquent aux questions qu’ils jugent nécessaire d’aborder, quels qu’en soient l’angle politique et l’envergure géographique. S’ils travaillent beaucoup avec les collectivités, ils contribuent également à orienter les conventions internationales, précise-t-elle.
 
L’établissement d’un vaste consensus
 
Ce rayonnement du Projet hippocampe s’accompagne d’une remarquable démarche axée sur l’établissement d’un consensus. Mme Vincent rappelle à cet égard que la détermination du projet à trouver des dénominateurs communs à des points de vue qui semblent diamétralement opposés remonte à ses premiers travaux, qui ont été financés par le CRDI.
 
En effet, comme l’explique Mme Vincent, l’organisme s’efforce de traiter comme son allié naturel tout intervenant avec lequel il est appelé à collaborer, même si l’on pourrait présumer qu’il s’agit d’un antagoniste, et de trouver avec lui un terrain d’entente. Cette démarche, souligne-t-elle, a d’ailleurs permis au projet de réaliser des avancées a priori improbables dans la sphère des politiques et dans celle du commerce.
 
Par exemple, en plus d’être parvenu à convaincre l’industrie des remèdes traditionnels chinois – le plus grand exploitant des populations sauvages d’hippocampes – de collaborer à la conservation de ces poissons, le Projet hippocampe a aussi exercé, avec patience et persévérance, des pressions afin que l’on modifie la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).
 
Après avoir refusé catégoriquement durant des années de réglementer le commerce des poissons de mer, la CITES a accepté, à la demande expresse du Projet hippocampe, d’ajouter les hippocampes à la liste des espèces dont elle s’efforce d’assurer la protection. Depuis, elle a commencé à réglementer les exportations d’un certain nombre d’espèces de poissons de mer.  
 
La diffusion de recherches scientifiques de qualité
 
Brian Davy, autrefois administrateur de programme au CRDI, vante la capacité du Projet hippocampe de mener des recherches, de sensibiliser la population et d’influer sur le programme d’élaboration des politiques internationales.
 
En plus de produire des recherches scientifiques de qualité, soutient M. Davy, l’organisme fait connaître ses travaux aux collectivités et les diffuse partout dans le monde.
 
Un partenariat avec le chocolatier belge Guylian, par exemple, offre une façon novatrice de rejoindre la population : des chocolats fins en forme d’hippocampe. La société Guylian, le principal bailleur de fonds du Projet hippocampe, soutient les programmes de l’organisme aux quatre coins de la planète.
 
Le Projet hippocampe ne cesse d’évoluer. Il prévoit notamment créer un réseau scientifique citoyen grâce auquel les particuliers pourront contribuer à la collecte de données. Mme Vincent indique que, si elle et ses collaborateurs ont voulu mettre sur pied une telle initiative, c’est parce qu’ils reconnaissent qu’ils ne sont pas assez nombreux pour résoudre les immenses problèmes qui touchent les océans.
 
Stephen Dale est un rédacteur établi à Ottawa.
 
Photos : Projet hippocampe
 
Cet article fait partie des récits Des effets durables, qui mettent en évidence des façons dont les travaux financés par le CRDI ont amélioré les conditions de vie dans les pays en développement.
 
Liens
 
Projet hippocampe (en anglais)