Le piratage des médias, généralisé dans les pays en développement

September 06, 2011

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Le piratage des médias

Selon les auteurs d’une étude majeure, Media piracy in emerging economies, les prix élevés des produits médiatiques, conjugués aux faibles revenus et aux bas prix de la technologie du numérique, permettent l’essor du piratage des médias dans les économies émergentes. Par exemple, les logiciels, les DVD ou les CD de musique peuvent coûter de cinq à dix fois plus cher au Brésil, en Russie ou en Afrique du Sud qu’aux États-Unis et en Europe. Par ailleurs, ce qu’il manque à de nombreux pays en développement, c’est la présence d’entreprises nationales solides qui pourraient avoir pour effet de faire baisser le prix des produits numériques sur les marchés légaux. Les auteurs sont d’avis que, par conséquent, l’application des lois antipiratage à l’échelle mondiale n’a eu que peu d’effets. Les efforts de sensibilisation se sont eux aussi avérés inefficaces et, dans tous les pays visés par l’étude, aucune stigmatisation importante n’est associée au piratage.

Le fruit de trois années de travaux de recherche effectués par quelque 35 chercheurs et financés par le CRDI, l’étude tisse deux grandes trames : l’essor phénoménal du piratage au fur et à mesure que les technologies numériques devenaient abordables et se répandaient un peu partout sur la planète, et la montée des lobbys de l’industrie, qui ont transformé les lois relatives à la protection du droit d’auteur et la manière dont on en assure le respect.

Media piracy in emerging economies postule que pour mieux s’attaquer au problème du piratage, il y aurait lieu d’y voir un échec au chapitre de l’accès à des médias abordables sur les marchés légaux.

Il s’agit de la toute première étude d’envergure et indépendante sur le piratage de la musique, des films et des logiciels dans les pays en développement, et elle s’est intéressée en particulier au Brésil, à l’Inde, à la Russie, à l’Afrique du Sud, au Mexique et à la Bolivie. L’étude a été amplement retenu l’attention des médias au Canada et ailleurs, notamment celle du Globe and Mail, du Guardian et de l’agence Reuters. Elle a en outre fait l’objet d’un billet dans le blogue de Michael Geist, un expert en droit de la technologie.