Le développement démocratique

Division des communications, CRDI
L'action du CRDI
LA DÉMOCRATIE FAVORISE LE DÉVELOPPEMENT
Le CRDI a pour mission d’aider les chercheurs des pays en développement à mener des recherches appliquées axées sur leurs collectivités et portant sur des problèmes concrets. Ces travaux peuvent sembler exempts de jugements de valeur, mais, en fait, chaque aspect de l’action du CRDI repose sur des principes démocratiques.

Il en est ainsi parce que les normes et les idéaux qui stimulent la recherche scientifique sont également au coeur de la lutte pour la liberté. Entre autres, la libre investigation et le débat — l’essence même de la méthode scientifique — sont les fondements de toute saine démocratie.

De même, certaines des recherches appliquées qu’appuie le CRDI peuvent contribuer à renforcer les valeurs démocratiques. Des études sur la gestion des ressources naturelles, notamment, peuvent aider les citoyens à revendiquer leurs droits tout en proposant des solutions à des conflits territoriaux. Les avancées de la haute technologie permettent aux personnes de milieu rural de voter plus facilement et au gouvernement de mieux lutter contre la corruption. Mais le CRDI se met aussi directement au service de la bonne gouvernance.

Le Centre appuie la recherche qui s’attaque de front aux questions reliées à l’égalité, à la paix, aux conflits et aux droits de la personne. Cette page offre un aperçu de certains de ces travaux.

— Maureen O’Neil, présidente du CRDI

À LIRE ÉGALEMENT

Globalization and Summit Reform: an Experiment in International Governance, par Peter C. Heap, Springer et CRDI, 2008

E-Governance in Africa: from Theory to Action, par Gianluca Misuraca, Africa World Press et CRDI, 2007

Gender Justice, Citizenship, and Development, sous la direction de Maitrayee Mukhopadhyay et Navsharan Singh, Zubaan et CRDI, 2007

RENFORCEMENT DES PARTIS POLITIQUES

Dans les démocraties saines, les citoyens forment d’eux-mêmes des partis politiques afin de participer à la vie civique. Mais au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ces institutions ont beaucoup à faire pour devenir des agents de changement efficaces. Contrôle étatique, contraintes idéologiques, militarisation et structures antidémocratiques entravent l’action de la plupart des partis politiques. Dans ce contexte qui perdure, une chose a toutefois changé : durant la dernière décennie, les partis islamistes ont acquis une vigueur et une voix dominantes dans la région. Cette situation complexe nécessite un examen plus attentif.

Le Lebanese Center for Policy Studies, financé par le CRDI, a entrepris d’étudier le rôle que jouent les partis politiques au Moyen-Orient, soit les rapports qu’ils établissent avec l’État, leur façon d’agir comme intermédiaires entre le gouvernement et la population et l’évolution de leurs structures internes. L’étude porte sur six pays dont les gouvernements se sont engagés sur la voie de la démocratie ou se montrent ouverts au multipartisme : l’Algérie, Bahreïn, l’Iraq, le Liban, le Maroc et le Yémen.

Dans le but de favoriser des réformes, ces travaux visent à enrichir les connaissances sur le rôle que jouent les partis politiques dans la transition à la démocratie ou après un conflit. Formation des partis, constitutions internes et cadres juridiques font l’objet d’un examen. Le projet permet aussi de constituer un groupe de spécialistes en matière d’évolution des partis politiques.

Les chercheurs et les universitaires de chacun des six pays à l’étude prépareront des recommandations de politiques, qui seront communiquées aux décideurs nationaux et régionaux afin d’aider à insuffler un nouveau dynamisme aux partis politiques dans le monde arabe.

www.lcps-lebanon.org

Ricardo Funari / BrazilPhotos.com

L’ENGAGEMENT DES JEUNES BRÉSILIENS

L’instauration d’une démocratie durable et florissante nécessite que les jeunes prennent part à la vie publique de leur pays en tant que citoyens dynamiques et éclairés.

Grâce à l’appui du CRDI, une démarche de recherche novatrice sur l’opinion publique a permis au gouvernement du Brésil d’améliorer les conditions de vie des jeunes et de favoriser leur inclusion et leur participation citoyenne. Des rapports faisant état de l’apathie des jeunes ont incité les ONG iBase et Pólis à sonder l’opinion des jeunes Brésiliens sur l’emploi, l’instruction, les loisirs et la sécurité de la personne.

Les chercheurs ont interviewé des milliers de jeunes citadins et obtenu un aperçu statistique utile de leurs opinions. Puis, ils ont poussé plus avant leur étude. Estimant que l’émergence des opinions et des valeurs découle habituellement de l’interaction, ils ont invité un plus petit nombre de jeunes, provenant de milieux socioéconomiques différents, à former des « groupes de dialogue » afin de susciter une réflexion collective, des échanges de points de vue et un débat visant à établir un certain consensus.

Cette démarche a permis de découvrir que, loin de s’en tenir à l’écart, les jeunes Brésiliens se préoccupent fort de la chose publique, en particulier de la criminalité et de la violence. En outre, une fois choisi leur propre mode de participation (militantisme politique classique, bénévolat à titre personnel ou adhésion à un organisme voué à la jeunesse), ils sont prêts à agir et à revendiquer leurs droits.

Au Brésil, on a largement diffusé les résultats de cette étude, dont tous les ordres de gouvernement se sont ensuite inspirés pour l’élaboration de politiques sur la jeunesse. Parallèlement, iBase, Pólis et d’autres partenaires locaux ont collaboré, avec le CRDI, à des études semblables portant sur les jeunes dans cinq autres pays d’Amérique latine.

www.ibase.br  www.polis.org.br

CRDI / Stephanie Colvey

DES FEMMES ISSUES DE MINORITÉS REVENDIQUENT LEURS DROITS

Dans beaucoup de pays, les femmes et les filles ne sont pas des citoyennes à part entière, et les conflits entre collectivités exacerbent cette situation. Ironiquement, ces crises contribuent parfois à renforcer l’autonomie des femmes privées de leurs droits en leur donnant l’occasion d’assumer des rôles habituellement dévolus aux hommes. Des recherches sérieuses nous permettent de tirer des enseignements de ces périodes de crise.

En 2002, des émeutes ont éclaté dans des collectivités de l’État du Gujarat, en Inde. Nombreux sont ceux qui affirment qu’il ne s’agissait pas de soulèvements spontanés, mais bien d’attaques planifiées contre la population musulmane. Pendant et après les émeutes, la minorité musulmane a vu ses droits civiques affaiblis. Toutefois, les hommes et les femmes ont agi très différemment en vue de reconquérir leurs droits.

En effet, beaucoup de femmes ont fait preuve de courage dans les situations dangereuses et, grâce à l’atmosphère de confiance ainsi créée au sein de la collectivité, elles se sont mises à assumer des rôles de leadership. Refusant de se soumettre, ces femmes ont contesté leur exclusion, réclamant justice et indemnisation, souvent même leur simple droit à la survie. En d’autres termes, elles ont pris leur sort en main et transformé leur vie.

Grâce à l’appui du CRDI et à la collaboration de partenaires locaux, l’ONG Yugantar a consigné des témoignages illustrant comment ces femmes, de victimes qu’elles étaient, sont devenues des agentes de changement. L’ONG a ensuite utilisé l’information pour réaliser une analyse approfondie de l’autonomisation des femmes à la suite de conflits. En outre, estimant que la justice et la responsabilisation à l’égard des actes posés relevaient de processus tant sociaux que judiciaires, les chercheurs se sont attachés à renforcer la capacité des musulmanes marginalisées de se faire entendre et d’exiger l’égalité de leurs droits civiques, en particulier dans des contextes de violence.

TRANSPARENCE ET SANTÉ

Si l’on peut considérer la libre concurrence comme une forme de « démocratie économique », on doit par ailleurs tenir des pratiques telles la corruption et la fixation des prix pour une atteinte à la bonne gouvernance. Quand la corruption entraîne le détournement des rares ressources publiques au profit d’intérêts privés, c’est la collectivité qui perd sesmoyens.

Au Sénégal, la corruption s’est infiltrée dans le système de santé à tel point que la population en a souffert. Inquiètes, les autorités ont incité la section sénégalaise de Transparency International, Forum Civil, à mener une enquête sur l’attribution de pots-de-vin dans le domaine de la santé. L’enquête, financée par le CRDI, a duré trois ans. Il s’agissait d’une des premières études de terrain systématiques réalisées sur la corruption dans les services de santé en Afrique.

Les chercheurs ont relevé des cas de chirurgies frauduleuses, de fausses factures et d’actes médicaux bâclés ayant mis la vie des gens en danger. Ils ont constaté que le système de santé reposait davantage sur des alliances et des affinités clandestines que sur la définition précise des rôles et responsabilités.

En d’autres termes, le système manquait de transparence. Le rapport issu du projet a exercé une influence notable sur le dialogue en faveur d’une réforme. L’appui du CRDI a permis d’en diffuser les conclusions à grande échelle. Il en a résulté une multitude de reportages dans les médias et une vague d’actions politiques et citoyennes.

Le projet a eu une incidence directe sur les hôpitaux, qui ont commencé à modifier leurs méthodes de recrutement du personnel et à sanctionner les comportements inadéquats. La prestation des soins de santé est désormais plus transparente, les usagers connaissent mieux leurs droits, et l’on s’emploie à mettre un terme à cette culture de corruption. Tirant parti de cette réussite, des recherches semblables sont effectuées ailleurs dans le secteur public au Sénégal.

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