Le CRDI participe à la lutte mondiale contre le VIH/sida

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Division des communications, CRDI
Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), organisme canadien, a été l’un des premiers bailleurs de fonds à vocation internationale à reconnaître que le VIH/sida constituait un problème de développement important. Depuis le milieu des années 1980, le CRDI privilégie une démarche globale de recherche sur la question, s’appuyant sur l’idée que les facteurs tels que la volonté politique, les capacités des systèmes de santé et les progrès économiques et sociaux revêtent une importance cruciale dans la lutte contre cette maladie. Les travaux de recherche sur le sujet qu’il soutient depuis cette époque portent principalement sur l’Afrique subsaharienne, où l’on dénombrait en 2012 25 millions de personnes vivant avec le VIH, soit près de 70 % de la population mondiale aux prises avec le virus.
 
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Nombre des projets financés par le CRDI ont généré des connaissances, des technologies et des politiques nouvelles en vue de freiner la propagation du VIH/sida autour du monde. En voici quelques exemples :

 
Protéger les nourrissons de l’infection
Les premiers travaux menés en Afrique de l’Est ont révélé que l’allaitement était l’un des risques majeurs de transmission du VIH-1 de la mère à l’enfant. L’enfant d’une mère séropositive risque deux fois plus de contracter le VIH-1 s’il est allaité pendant plus de 15 mois que s’il est allaité moins longtemps. Les travaux effectués par l’équipe canado-kényane, combinés à des activités de sensibilisation et de counselling, ont aidé à ralentir la transmission du VIH aux nouveau-nés au Kenya et ailleurs dans le monde. Compte tenu de l’importance du lait maternel pour la santé des nouveau-nés, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande que les mères séropositives allaitent leur bébé pendant la première année de vie, et ce, même si les traitements antirétroviraux ne leur sont pas immédiatement disponibles.
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Robbing the cradle (PDF, 828 Ko) (en anglais)
 
Une percée en matière de diagnostics
Un test simple et rapide sur bandelette permettant de dépister avec précision les anticorps anti-VIH-1 et anti-VIH-2, mis au point au début des années 1990 par le Programme de technologie appropriée en santé (maintenant connu sous le nom de PATH), a réellement changé la donne sur le plan des diagnostics. Il a fourni aux banques de sang et aux laboratoires de santé publique de petite taille et de taille moyenne de pays en développement une façon rapide et peu coûteuse de dépister le VIH. PATH a transféré cette technologie à des fabricants de quatre pays en développement : depuis, plus de 19 millions de tests ont été vendus. Grâce à cette technologie, le coût des tests de dépistage a diminué et la disponibilité de tests de dépistage rapide du VIH auprès d’autres entreprises s’est accrue, ce qui a rendu le dépistage plus abordable et les réserves de sang, plus sûres, accéléré l’obtention des résultats pour les patients et augmenté la quantité de données probantes pour les épidémiologistes.
En savoir plus :
 
A health tech historical profile: HIV dipstick (PDF, 242 Ko) (en anglais)
 
De meilleurs diagnostics, de meilleurs traitements
Un programme d’éducation à l’intention des travailleurs de la santé d’Afrique du Sud a permis d’accroître le taux de dépistage de la tuberculose de 68 % et a amélioré la qualité des soins offerts tant aux patients atteints de la tuberculose qu’à ceux vivant avec le VIH/sida. De plus, le nombre de personnes tuberculeuses se soumettant volontairement au dépistage du VIH/sida a fait un bond de 110 %. (En Afrique du Sud, nombre de patients tuberculeux sont également séropositifs.) Quelque 19 000 travailleurs de la santé de plus de 1 925 établissements de santé situés aux quatre coins de l’Afrique du Sud ont reçu la formation PALSA Plus, du nom du programme en question. Ce dernier a depuis été adapté pour le contexte malawien, et est en voie de l’être pour le nord du Canada.
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Des données probantes pour la lutte contre le sida 
 
Réduire la transmission du VIH
Une étude menée en Chine a fourni des données probantes sur l’efficacité de la thérapie antirétrovirale pour ce qui est de réduire le risque de transmission du VIH au sein des couples hétérosexuels dont l’un des partenaires est séropositif. Publiée dans The Lancet en 2013, cette étude de pointe a révélé que la prise d’antirétroviraux permettait de réduire de 26 % le taux de transmission au partenaire non infecté. Selon les auteurs, « une telle stratégie de prévention en matière de santé publique est applicable à l’échelle nationale et aide à valider la recommandation de l’OMS à l’appui d’une approche axée sur le traitement comme outil de prévention » [TRADUCTION]. Les travaux de recherche ont été menés dans le cadre de l’Initiative internationale des chaires de recherche, qui a pour but de jumeler d’éminents chercheurs d’universités du Canada avec des homologues de pays en développement afin de relever quelques-uns des plus grands défis auxquels doit faire face la planète en matière de développement.
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Selon une étude chinoise, les antirétroviraux aident à diminuer la transmission du VIH
 
Établir des liens entre l’insécurité alimentaire
et le VIH/sida

Depuis son lancement en 2001, RENEWAL (Regional Network on HIV/AIDS, Rural Livelihoods and Food Security) s’attache à mettre en relief la manière dont la crise du VIH/sida en Afrique peut être à la fois la cause et le résultat de l’insécurité alimentaire. Au Malawi, par exemple, le risque de contracter une infection transmise sexuellement augmente en période de disette, les gens devant recourir à des relations sexuelles à haut risque pour subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leur famille. Les travaux de recherche menés par le réseau dans six pays d’Afrique subsaharienne ont mené à une reconnaissance du problème à l’échelle mondiale. Ils ont aussi contribué à éclairer, notamment, le deuxième plan stratégique national de lutte contre le VIH/sida, la stratégie de lutte contre le VIH/sida du Kenya, axée sur des activités sectorielles, et le cadre de lutte contre le
VIH/sida pour la période 2009‑2015 de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). ONUSIDA reconnaît maintenant le caractère crucial de l’alimentation et de la nutrition.
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Le point sur le sida, l’alimentation et la nutrition
 
Sensibiliser les jeunes à la question du VIH/sida
Un portail sur le VIH/sida mis sur pied par les jeunes et pour les jeunes au Pérou a rejoint plus d’un million d’internautes. Punto J fournit de l’information fiable aux jeunes Péruviens fortement exposés au VIH/sida, qui représentent 70 % des cas répertoriés d’infections transmises sexuellement, en particulier de VIH/sida, au Pérou. Ce problème est en partie attribuable à un manque d’information sur la façon de se protéger des infections sexuellement transmissibles. Ce portail primé a été appuyé sans réserve par le ministère de la Santé du Pérou est en voie d’être reproduit aux quatre coins de l’Amérique latine.
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Les jeunes s’engagent dans la lutte contre le sida
 
Une démarche globale de prévention et de traitement du VIH/sida
 
Le CRDI soutient actuellement plus de 30 projets en lien avec le VIH/sida et continue de miser sur la prévention. À titre d’exemple, des chercheurs soutiennent les efforts déployés par le gouvernement du Botswana pour freiner la propagation du VIH chez les jeunes femmes en s’attaquant aux causes structurelles telles que la pauvreté, le manque d’instruction et la violence faites aux femmes. Au Burkina Faso, un projet examine la manière dont les téléphones mobiles peuvent être utilisés pour améliorer les soins et services de santé prénatale offerts aux femmes, aux enfants et aux personnes vivant avec le VIH.

L’amélioration des compétences en recherche à l’échelle locale et le renforcement des institutions afin qu’elles deviennent des centres d’excellence dans leur région respective jouent un rôle crucial à l’égard des efforts déployés par le CRDI. Ce sont là les principaux objectifs du programme Subventions de renforcement des capacités en vue d’essais en matière de prévention du VIH/sida, financé par Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada et administré par l’Initiative de recherche en santé mondiale (IRSM), un partenariat regroupant des organismes du gouvernement du Canada. Le programme, dont le financement des phases 1 et 2 s’élève à 19,7 millions de dollars, est une composante de l’Initiative canadienne de vaccin contre le VIH, un programme phare du gouvernement dirigé par l’Agence de la santé publique du Canada et financé de concert avec la Fondation Bill et Melinda Gates.

Les subventions visent à surmonter l’un des plus grands obstacles à la lutte contre VIH/sida en Afrique : la pénurie de chercheurs formés et d’établissements capables de mener des travaux axés sur des méthodes de prévention du VIH/sida, y compris les vaccins possibles. Neuf équipes – comprenant des chercheurs de l’Université Laval, de l’Université Dalhousie, de l’Université McGill, de l’Université de Montréal, de l’Université d’Ottawa, de l’Université de Toronto, de l’Université du Manitoba, de l’Université McMaster, de l’Université Simon Fraser et de l’Université de la Colombie-Britannique, ainsi que du British Columbia Centre for Excellence in HIV/AIDS s’efforcent de renforcer la capacité de mener des essais comparatifs d’interventions avec répartition aléatoire dans 23 pays d’Afrique subsaharienne. Elles offrent de la formation à un groupe de chercheurs en matière d’éthique de la recherche, de pratiques de laboratoire clinique, de gestion de projets et de recherche communautaire. Des praticiens en santé et d’autres parties prenantes ont également reçu de la formation. Au Botswana, par exemple, un cours sur l’interprétation des constatations de recherche a été mis sur pied à l’intention de 25 parlementaires en vue d’améliorer la prise de décisions fondées sur des données probantes.

En renforçant durablement les capacités et le leadership en Afrique de sorte qu’on puisse y mener des essais en matière de prévention du VIH/sida, de même qu’en favorisant la collaboration entre des établissements et des chercheurs de l’Afrique, du Canada et d’ailleurs dans le monde, ce programme constitue un apport important aux efforts déployés par le Canada et d’autres pays pour freiner la progression du VIH/sida.

En savoir plus sur le programme Subventions de renforcement des capacités en vue d’essais en matière de prévention du VIH/sida
 
Photos : Fondation Gates; Soils, Food and Healthy Communities; Fondation Gates.