Le CRDI et l’eau – Une question de vie ou de mort

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Adrew Draper
L’eau est essentielle à la vie. Mais elle est devenue une source de maladies et de conflits dans d’innombrables collectivités de pays en développement aux prises avec de l’eau impropre à la consommation et un approvisionnement insuffisant et coûteux.

Il s’agit d’une crise d’envergure. Selon les estimations, 1,2 milliard de gens n’ont pas accès à l’eau potable; ils sont deux fois plus à ne pas disposer d’installations sanitaires adéquates. À court terme, tous risquent de contracter des maladies d’origine hydrique – comme le choléra et l’hépatite. À long terme, ils sont menacés par les effets de l’accumulation de métaux lourds et d’autres contaminants ou toxines dans le sol, l’eau et les aliments.

Dans de nombreuses régions, en Afrique et au Moyen-Orient en particulier, le problème n’est pas tant l’insalubrité que la pénurie d’eau. En effet, les réserves d’eau douce nécessaires aux cultures et aux usages domestiques et industriels n’ont pas augmenté aussi vite que la population.

Changement accéléré

La crise mondiale s’aggrave. Marais et terres humides disparaissent au profit de l’étalement urbain et de l’expansion de l’agriculture; la dérivation de l’eau des rivières et des lacs est plus fréquente; surexploités, les aquifères ne peuvent se reconstituer; l’eau est contaminée par les déchets domestiques, les produits agrochimiques et les déversements industriels. De plus, les zones urbaines connaissent une croissance rapide, malgré le manque de services d’assainissement.

Des dizaines de bailleurs de fonds nationaux et multilatéraux appuient des projets dans les pays du Sud, projets visant à fournir davantage d’eau salubre à un plus grand nombre de collectivités et à assurer une utilisation optimale des réserves d’eau existantes. En quoi l’approche du CRDI est-elle unique ?

La recherche du point de vue des démunis

On pourrait répondre simplement, bien sûr, que le CRDI se distingue en soutenant les chercheurs des pays en développement. Mais cette réponse serait incomplète. En effet, les chercheurs appuyés par le CRDI tiennent compte à la fois des priorités locales et de l’interaction des nombreux facteurs qui causent la pauvreté. En fait, le CRDI n’a pas de programme portant exclusivement sur l’eau puisqu’il est difficile, voire impossible, d’aborder les questions qui touchent l’eau indépendamment des autres enjeux associés à la pauvreté, comme la santé et l’hygiène.

Comme l’explique Jean Lebel, directeur du domaine de programme Environnement et gestion des ressources naturelles, « les chercheurs parrainés par le CRDI essaient d’analyser la situation du point de vue des démunis. Quelle est, selon la collectivité, l’essence du problème ? Quelles en sont les composantes techniques, sociales ou comportementales ? Et que peuvent faire – et veulent faire – les simples citoyens et les institutions pour résoudre ce problème ? »

Le CRDI joue un rôle essentiel dans la diffusion et l’application des résultats de recherches effectuées sur le terrain afin d’en faire profiter d’autres collectivités, d’autres régions. « Nos programmes qui examinent les problèmes touchant l’eau s’inspirent des connaissances acquises localement, les intègrent à une démarche scientifique et les relient aux politiques et à la gouvernance, de dire Jean Lebel. De cette façon, le CRDI occupe un rôle intermédiaire en quelque sorte entre les organisations multilatérales, qui ont des moyens considérables, et les collectivités locales par qui arrive le changement. »

Un engagement à long terme

Le CRDI a toujours eu à cœur la recherche dans le domaine de l’eau. Au début des années 1990, il a changé de cap, délaissant une approche strictement technique visant à accroître l’approvisionnement en eau — pompes à main perfectionnées et systèmes améliorés de captage des eaux de pluie sur les toits, par exemple — au profit d’une démarche plus équilibrée, axée à la fois sur les aspects techniques et sociaux des enjeux complexes liés à l’eau.

Aujourd’hui, divers projets du CRDI font progresser et mettent en pratique les connaissances dans quatre domaines essentiels : l’accès à l’eau et les droits d’utilisation de la ressource, la gestion de la demande d’eau, la réutilisation des eaux usées et les interactions de l’eau avec la santé et les écosystèmes.