L’avenir du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord passe par la croissance partagée et l’économie de marché

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Bureau régional du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord
Les séquelles du Printemps arabe ont poussé les gouvernements de la région à chercher des manières de favoriser la croissance économique sans accentuer les inégalités sociales. Les 29 et 30 octobre 2012, le CRDI a tenu une conférence à Tunis au cours de laquelle il a été question de la transition à la démocratie dans des pays comme l’Égypte et la Tunisie et des moyens susceptibles de stimuler des économies stagnantes.

La conférence a réuni plus de 120 experts en économie, dirigeants politiques et partenaires en matière de développement du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord qui se sont penchés sur des questions telles que la planification des politiques, la croissance économique, l’emploi des jeunes et le développement du secteur privé.

Les soulèvements populaires qui perdurent dans les pays arabes font ressortir la nécessité d’une réévaluation fondamentale du rôle de l’État dans le développement économique, a déclaré un représentant du CRDI.

Pendant ces deux jours, les participants se sont demandé comment relever les défis que pose l’absence de mesures à ce sujet. Les délibérations fructueuses ont débouché sur plusieurs suggestions concrètes, dont la mise en oeuvre de réformes visant à susciter une croissance partagée, à stimuler l’esprit d’entreprise et l’innovation, à offrir aux citoyens des emplois décents, à améliorer les mesures de protection sociale, ainsi qu’à assurer l’autonomisation des femmes et à résoudre les questions d’ordre sexospécifique.

Les conférenciers invités ont souligné que, pour réaliser le progrès économique, il n’était pas nécessaire de sacrifier les réformes visant une plus grande équité. Ce qu’il faut, au cours de cette période de transition, c’est mieux comprendre comment des politiques multiniveaux peuvent favoriser une croissance partagée. Le développement du secteur financier d’un pays tout comme la diversification des portefeuilles d’activités et des politiques commerciales améliorées sont tous des éléments nécessaires pour que les jeunes, les femmes et les populations marginalisées vivant en région éloignée aient un accès égal aux possibilités économiques.

M. Adam Przeworski, professeur à l’Université de New York, a démontré que les politiques sociales jouent elles aussi un rôle important pour ce qui est de favoriser la croissance économique, et ce, en garantissant les droits fondamentaux (en matière de santé et d’éducation) et en offrant des chances égales à ceux qui font partie de la population active ou qui cherchent à en faire partie.

Plusieurs résolutions concrètes avaient été préparées quand la conférence a pris fin, mais cela prendra un certain temps avant que les gouvernements et les partenaires mettent en oeuvre les politiques proposées. Il faudra que les citoyens aient davantage confiance dans les institutions administratives et que les acteurs politiques aient à rendre compte des gestes qu’ils posent pendant qu’ils sont en poste. Par ailleurs, le suivi et l’évaluation des stratégies de formulation de politiques, la réalisation de réformes et le recours aux enseignements tirés des bonnes pratiques d’autres pays (par exemple des économies émergentes d’Amérique latine et d’Asie du Sud-Est) sont tous des moyens qui conviennent pour stimuler la croissance économique et atteindre la stabilité dans la région MOAN en cette période de changement.

Tout en continuant d’apporter son soutien aux partenaires locaux, le CRDI appuiera des recherches visant à trouver de nouveaux modes d’action pouvant contribuer au renforcement des institutions nationales en Égypte et en Tunisie.