L'adaptation aux changements climatiques

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Division des communications, CRDI
L'action du CRDI
LA QUÊTE DE CONNAISSANCES ET LE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS
Le CRDI appuyait la recherche sur l’adaptation des humains à la variabilité et aux changements climatiques bien avant que l’expression « réchauffement de la planète » ne vienne dominer les manchettes à l’échelle mondiale.

Car les changements climatiques ne sont pas qu’un problème environnemental : ils constituent aussi une menace pour le développement. Les populations les plus dépourvues sont les plus vulnérables face aux répercussions de ces changements telles que la désertification, l’érosion, la hausse du niveau des océans, ou des phénomènes météorologiques extrêmes comme les inondations et la sécheresse. L’intervention du CRDI consiste à aider les pays en développement à s’adapter en appuyant la recherche et en renforçant les institutions locales de sorte qu’elles soient mieux en mesure d’affronter un avenir incertain.

Ainsi, le Centre collabore avec d’autres organismes et avec des gouvernements. En 2006, par exemple, il s’est associé au Department for International Development (DFID) du Royaume-Uni pour lancer le programme Adaptation aux changements climatiques en Afrique. Et il est actuellement question de la conclusion d’un partenariat de recherche international sur l’adaptation aux changements climatiques avec d’autres bailleurs de fonds de la recherche du Canada.

Cette page présente un petit échantillon des nombreuses initiatives portant sur l’adaptation aux changements climatiques qu’appuie le CRDI.

—La présidente du CRDI, Maureen O’Neil
LA LUTTE CONTRE LA RARETÉ DE L’EAU

On prévoit que d’ici 2050 la disponibilité de l’eau par habitant sera réduite de moitié dans la région déjà desséchée de l’Afrique du Nord et du Moyen- Orient. Venir à bout de ce problème n’est pas facile, mais c’est possible. Un des outils les plus prometteurs à cet égard concerne la réforme de la gestion de la demande d’eau.

L’initiative régionale concernant la demande d’eau pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (WADImena) va dans le sens de cette réforme. Elle appuie la recherche sur la gestion de la demande d’eau, notamment en ce qui a trait à l’utilisation des eaux grises traitées pour irriguer les cultures. Appuyée par le CRDI, l’Agence canadienne de développement international et le Fonds international de développement agricole, l’initiative WADImena favorise également les échanges régionaux et organise des forums sur les politiques.

LE RECOURS AUX ONDES

Les petits exploitants agricoles — des femmes en majorité — seront parmi les plus touchés par les changements climatiques en Afrique. Leur survie pourrait dépendre des connaissances qu’ils ont sur les incidences climatiques prévues et sur les stratégies pour s’y adapter.

Mais comment ces agriculteurs peuvent-ils obtenir une information si cruciale ? Au Nigeria, la African Radio Drama Association (ARDA) mise sur la radio. À partir d’éléments fournis par les intéressés, ARDA produit une série de 26 épisodes dans le but de les aider à adapter leurs méthodes d’exploitation agricole. Ce projet est l’un des 10 premiers projets appuyés par le programme Adaptation aux changements climatiques en Afrique (ACCA), doté de 65 millions CAD. Cette collaboration entre le CRDI et le DFID permettra de financer la recherche, de renforcer les institutions partout sur le continent et de s’attaquer aux nombreux défis qui se posent en matière d’adaptation, notamment la protection de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance en milieu rural, la gestion des eaux communes et la protection des côtes face à la hausse du niveau des océans.

De plus, le programme ACCA et le programme Écosystèmes et santé humaine financent, en Afrique de l’Ouest et du Nord, des recherches visant à comprendre comment les changements climatiques influent sur la santé humaine, en particulier au regard de leurs effets sur la quantité et la qualité de l’eau, et comment une bonne ou une mauvaise santé contribue à améliorer ou à réduire, selon le cas, la capacité d’adaptation aux changements climatiques. À cet égard, huit équipes de recherche ont été invitées à présenter des propositions.

DES DÉCHARGES PLUS SALUBRES, UN AIR PLUS SAIN

Les déchets : pollution visuelle, risque pour la santé et polluants environnementaux. Mais ce ne sont pas là leurs seuls attributs, car les déchets contribuent aussi aux changements climatiques. En effet, les déchets en décomposition dégagent du méthane, un gaz à effet de serre, et leur incinération produit du dioxyde de carbone.

Il s’agit d’un grave problème dans le monde en développement. En Amérique latine et dans les Caraïbes, par exemple, on estime la production de déchets solides à 369 000 tonnes par jour, et moins du quart est acheminé vers des sites d’enfouissement sanitaires. Seulement 2 % se retrouvent en fait au recyclage.

En 2004, le CRDI et le ministère de l’Environnement et de la Protection du territoire et de la mer de l’Italie se sont associés pour fournir aux municipalités les résultats de recherche et la formation dont elles avaient grandement besoin en matière de gestion intégrée des déchets solides (GIDS), un outil qui permet de déterminer les moyens les plus économes en énergie et les moins polluants pour traiter les diverses composantes des déchets solides d’une collectivité.

Il est résulté de ce projet, réalisé conjointement par l’Institut brésilien d’administration municipale et l’Association interaméricaine de génie sanitaire et environnemental, une meilleure compréhension de la situation, des lignes directrices relatives à la gestion des déchets solides, des plans de GIDS et des stratégies de réduction des gaz à effet de serre. Sept villes de six pays en ont bénéficié. En outre, on a constitué un réseau de techniciens municipaux et publié un manuel sur la GIDS. Un centre d’échange électronique d'information sera par ailleurs lancé au début de 2008 afin d’aider la région à renforcer ses capacités en GIDS.

CRDI : S. Colvey

POUR COMPOSER AVEC L’INCERTITUDE

De tout temps, les agriculteurs et les gestionnaires de ressources ont dû s’adapter rapidement à l’incertitude du climat, à la fluctuation des marchés et à bien d’autres facteurs. Leurs capacités d’adaptation seront encore plus rudement éprouvées à mesure que les changements climatiques viendront exacerber les bouleversements et les tensions.

Les collectivités peuvent améliorer leurs capacités d’adaptation si elles ont accès à des ressources économiques et physiques, à la technologie, à l’information, à des infrastructures et à des institutions. Les politiques publiques peuvent contribuer à mettre ces ressources à leur disposition. Mais qu’advient-il si les politiques elles-mêmes peinent à s’adapter ?

Des chercheurs de l’Institut international du développement durable, situé à Winnipeg au Canada, et de l’Energy and Resources Institute, en Inde, constatent que les politiques publiques, conçues pour répondre à un éventail de conditions, se heurtent souvent à des conditions qui dépassent celles pour lesquelles elles avaient été conçues.

Ces politiques peuvent alors avoir des répercussions inattendues ou même ne pas atteindre leurs buts. En Inde par exemple, le soutien des prix des produits agricoles a permis d’assurer aux agriculteurs un juste prix pour leurs récoltes. Mais dans des régions, ce soutien a contraint les agriculteurs à recourir à des systèmes culturaux exigeant une irrigation intensive, ce qui épuise les eaux souterraines déjà limitées.

Après avoir analysé plusieurs politiques publiques d’agriculture et de ressources naturelles en Inde et dans l’Ouest canadien, l’équipe de recherche a produit un cadre conceptuel pour l’élaboration de politiques adaptatives, cadre qu’ils s’affairent à tester auprès des collectivités et des responsables des politiques. Le but : réunir un ensemble de démarches pour la formulation de politiques en matière d’agriculture et d’eau susceptibles d’améliorer la capacité des gens à s’adapter aux changements climatiques.

www.iisd.org/climate/vulnerability/policy.asp

UNE PLUS GRANDE RÉSILIENCE AUX CATACLYSMES

En 2007, la saison de la mousson s’est encore une fois révélée mortelle en Inde. Les fortes pluies et les inondations ont touché près de 57 millions de personnes et plus de 3 300 en sont mortes. Au Népal, les pluies torrentielles et les glissements de terrain ont dévasté des milliers d’hectares de terres agricoles et déplacé 26 000 familles.

Grâce l’appui du CRDI, six organismes de trois pays (l’Inde, le Népal et les États-Unis) travaillent de concert à la recherche de solutions ayant pour but de réduire la vulnérabilité des collectivités vivant dans les zones côtières et les plaines inondables au Népal et en Inde. Dirigée par l’Institute for Social and Environmental Transition – Népal, la recherche s’appuie sur les travaux antérieurs de cet organisme qui démontraient que l’acheminement et la circulation des biens, des services et des fonds dans les régions touchées ont aidé les populations à s’adapter.

Avec l’aide des collectivités, les chercheurs mettent au point des interventions pratiques fondées sur la diversification du revenu, la gestion des ressources naturelles et divers systèmes de communication. Le plan d’action qui en résultera sera communiqué aux responsables des politiques nationaux ainsi qu’aux autres intervenants.