La sécurité alimentaire en Cisjordanie

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Des agriculteurs à Kashda (en Cisjordanie) rassemblent leurs pommes de terre, qui seront vendues au marché.

CRDI – Bureau du Caire
On estime qu’en Cisjordanie, plus de 20 % des familles – soit plus d’un demi-million de personnes – souffrent d’insécurité alimentaire, sans compter les autres 12 % des ménages qui y sont vulnérables. L’Institut de recherche appliquée de Jérusalem (ARIJ) entend accroître la sécurité alimentaire durable en évaluant les processus de production et de consommation des aliments « de la ferme à la table » pour ainsi favoriser l’autosuffisance alimentaire des Palestiniens.
 
Puisque la Cisjordanie importe une bonne partie de ses produits de base, l’explosion des prix des aliments sur les marchés mondiaux a engendré une augmentation de plus de 25 % du prix moyen des aliments depuis 2005. Pour composer avec ces augmentations, de nombreux Palestiniens sont contraints de reporter le paiement de leurs factures, de renoncer à des soins de santé ou à des activités éducatives, ou d’acheter des aliments à crédit ou en puisant dans leurs économies. Parmi les autres stratégies d’adaptation, mentionnons la diminution de la consommation d’aliments ou la consommation d’aliments de moindre qualité, ce qui exacerbe les problèmes de santé publique y compris les déficiences en micronutriments (telles que l’anémie ou les carences en fer ou en vitamine A) et un apport calorique moindre.
 
L’insécurité alimentaire peut finir par engendrer des problèmes de santé à long terme, faire grimper l’endettement et faire perdre des occasions d’emploi. Outre ces risques sur le plan des finances et de la santé, l’insécurité alimentaire et le dénuement socioéconomique ont été associés à la violence envers les femmes et à la violence conjugale.
 
En quête de solutions durables
 
Le secteur agricole est en mesure de produire une plus grande diversité d’aliments, en plus grandes quantités. On atténuerait ainsi certains des effets défavorables de la crise alimentaire, particulièrement les niveaux élevés d’insécurité alimentaire. Récemment, les politiques agricoles et les interventions en matière de développement ont privilégié une production agricole axée sur les marchés extérieurs. Or, il existe d’immenses possibilités d’axer la production, la mise en marché et la vente de produits agricoles sur les consommateurs au sein même de la Cisjordanie afin d’améliorer, à plus long terme, la sécurité alimentaire.
 
Le soutien du CRDI aide l’ARIJ à produire une analyse fiable et à jour de la chaîne de valeur de la ferme à la table. Cette analyse permettra de combler les lacunes et de relever les défis en matière de sécurité alimentaire en Cisjordanie. L’ARIJ réunira des décideurs clés et des intervenants locaux pour mettre en rapport les agriculteurs, les producteurs, les négociants et les consommateurs et ainsi mieux intégrer tous les paliers de la chaîne de production alimentaire.
 
L’ARIJ espère améliorer la production agricole locale, élargir le marché des cultures et des produits agroalimentaires, et améliorer l’accès des producteurs et des consommateurs aux marchés agroalimentaires en Cisjordanie.
 
Roubina Ghattas, directrice du département de la biodiversité et de la sécurité alimentaire de l’ARIJ, est d’avis que la sensibilisation de groupes cibles locaux accroîtra l’efficacité de leur travail agricole et les avantages qu’ils en tirent. Cette recherche de l’ARIJ donnera aux agriculteurs les moyens de mieux planifier leur cycle de production, d’utiliser la technologie et d’améliorer leurs stratégies de mise en marché, estime-t-elle.
 
Ces travaux laissent entrevoir la possibilité d’accroître l’autosuffisance alimentaire, le pouvoir d’achat des consommateurs et la disponibilité des aliments en Cisjordanie.
 
Pour en savoir davantage au sujet de l'ARIJ, consultez www.arij.org, suivez @ARIJOrg sur Twitter ou devenez membres de sa communauté Facebook.
 
Pour obtenir plus de renseignements sur ce projet et d’autres projets portant sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, veuillez consulter www.crdi.ca/asa ou vous adresser à Susan Robertson, au programme ASA du CRDI, à afs@crdi.ca.