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Division des communications, CRDI
L'action du CRDI

RELEVER DES DÉFIS D’ENVERGURE MONDIALE

L’actualité nous prouve, encore une fois, que la santé n’a pas de frontières.  Mais puisque les problèmes circulent librement autour du globe, les connaissances et les solutions devraient faire de même.

Depuis près de quatre décennies, le CRDI appuie la recherche en santé qui fait appel à différentes démarches, à l’échelle locale et mondiale, en vue de changer réellement les conditions de vie des populations des pays en développement. Cette recherche vise à améliorer la santé et le bien-être des gens en renforçant les systèmes de santé et les écosystèmes.

Dans un contexte de mondialisation, nombre de problèmes de santé exigent des interventions complexes et concertées. De plus en plus, le CRDI s’associe à d’autres bailleurs de fonds pour appuyer des équipes de chercheurs internationales qui oeuvrent auprès des collectivités et des responsables des politiques afin de relever des défis en matière de santé mondiale.

Voici quelques-unes des nombreuses initiatives en santé que le CRDI a appuyées au fil des ans. Même des investissements modestes permettent d’accomplir des progrès remarquables sur le plan des résultats et des politiques.

David M. Malone, président du CRDI.

LE PERSONNEL INFIRMIER EN PREMIÈRE LIGNE CONTRE LE SIDA
 
Dans une clinique de l’État libre, en Afrique du Sud, une infirmière examine un patient dont la toux persistante et l’éruption cutanée ne guérissent pas. À l’aide d’un guide illustré, elle voit si le patient souffre de bronchite, de tuberculose ou de sida, et détermine les tests et traitements nécessaires. Dans ce cas-ci, elle dirige le patient vers un médecin. Mais hier, elle a administré elle-même le traitement suggéré.
 
C’est en Afrique du Sud que sévit l’épidémie de VIH la plus importante du monde : 5,7 millions des 47 millions d’habitants sont infectés. Mais lorsque le pays a eu accès au traitement antirétroviral en 2004, l’importante pénurie de travailleurs de la santé aptes à diagnostiquer et à gérer le sida a empêché le déploiement efficace du traitement, sans compter toutes les autres difficultés qui se sont posées dans les soins de première ligne.
 
L'institut pulmonaire de l’Université du Cap a donc élaboré un programme visant à donner au personnel infirmier la responsabilité et les moyens de diagnostiquer et de traiter le sida et la tuberculose. Jusqu’à maintenant, 3 750 employés de 540 cliniques des provinces de l’État libre et du Cap-Ouestl ont reçu la formation PALSA Plus.
 
Le programme permet de réduire la mortalité attribuable au sida et de ralentir la propagation de la tuberculose. Il aide également à renforcer l’ensemble des soins de santé primaires en améliorant les compétences du personnel infirmier et la communication entre ce dernier, les patients, les médecins, les laboratoires et les gestionnaires. La réussite du programme est telle qu’on s’apprête à en tirer une politique nationale en Afrique du Sud et que le Malawi est en train de l’adapter à ses besoins.
 
Aujourd’hui, le personnel infirmier aide réellement les personnes atteintes du sida, alors qu’il était bien démuni auparavant. Selon Motlagosebatho Soodi, infirmière dans la province de l’État libre, le programme PALSA Plus facilite la tâche. Il n’y a qu’à suivre les étapes : diagnostiquer, traiter et sauver ainsi la vie à la plupart des patients.
 
DES MINES DE RENSEIGNEMENTS
 
Depuis les années 1960, les riches dépôts naturels de manganèse constituent le principal moyen de subsistance dans le district de Molango, au Mexique.
 
Toutefois, comme la poussière et les vapeurs provoquées par l’exploitation minière commençaient à nuire à la culture fruitière et à l’élevage, les collectivités se sont inquiétées des effets potentiels sur la santé et les relations avec la société minière se sont détériorées.
 
En 2002, des chercheurs ont réuni les intervenants pour examiner les divers éléments de l’écosystème. Ils ont constaté une forte corrélation entre l’exposition au manganèse et l’apparition de déficiences motrices chez les adultes, les femmes surtout. Selon eux, l’air contaminé, et non l’eau, en était le grand responsable. Ils ont donc suivi la trajectoire du manganèse dans l’atmosphère depuis les cheminées d’usines et les parcours des camions jusqu’aux foyers.
 
Ils ont aussi évalué les risques neurologiques courus par les enfants.
 
Les recherches se poursuivent et déjà, elles influent sur les politiques. On prévoit notamment établir des normes pour la réduction des émissions de manganèse dans l’atmosphère, paver des routes et chercher des moyens de diminuer l’infiltration de la poussière dans les foyers.
 
LE TABAC ET LES TAXES : UNE STRATÉGIE GAGNANTE
 
La Jamaïque se trouvait devant un dilemme : pourrait-elle imposer des hausses de taxes tel que recommandé dans la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) de l’Organisation mondiale de la santé, et ainsi freiner le tabagisme dans la population, sans nuire aux revenus de l’État ?
 
Les études révèlent que l’augmentation du prix des cigarettes est le moyen le plus efficace de réduire la demande. Cependant, l’industrie du tabac affirme que la hausse des taxes vide les coffres de l’État en réduisant le nombre de fumeurs et en favorisant le marché noir.
 
Alors que le ministère de la Santé préconisait l’adoption de politiques économiques pour réduire la consommation de tabac, le ministère des Finances, lui, voulait qu’on le rassure quant aux conséquences économiques.
Le CRDI a donc aidé à réunir des fonctionnaires du ministère de la Santé et un spécialiste sud-africain dont les travaux avaient influé sur les politiques dans son pays.
 
Selon l’étude qu’ils ont produite à partir des données jamaïcaines, une hausse des taxes de 52 % du prix de détail à 72 % réduirait la demande de près de 40 %, tout en augmentant les revenus de l’État provenant de la vente du tabac de 50 %. De plus, la chute des maladies liées au tabagisme allégerait le fardeau imposé au système de santé.
 
Le ministère des Finances a bien accueilli les recommandations et le gouvernement a appliqué la première d’une série de hausses de taxes sur le tabac en 2005. Une loi prévue pour 2009 comporte la création de lieux publics sans fumée, et l’interdiction de publicité sur le tabac et de vente aux mineurs. Elle s’inscrit dans l’action entreprise par la Jamaïque en vue de respecter ses engagements en vertu de la CCLAT.
 
TOUS UNIS POUR LUTTER CONTRE LA GRIPPE AVIAIRE
 
L’abattage ou le confinement de la volaille fermière comptent souvent parmi les mesures adoptées pour enrayer la propagation des souches virulentes de la grippe aviaire.
 
L’incidence de ces mesures sur des millions de foyers ruraux dont la sécurité alimentaire et le revenu dépendent de l’aviculture familiale est une priorité du Partenariat de recherche sur l’influenza aviaire en Asie. Le CRDI a contribué à la création de ce réseau réunissant des ministères et centres de recherche des cinq pays de l’Asie du Sud-Est les plus touchés par la grippe aviaire : le Cambodge, la Chine, l’Indonésie, la Thaïlande et le Vietnam. On espère ainsi mieux comprendre et juguler à l’avenir les vagues d’épidémies.
 
DÉLAIS MORTELS ET AUTRES INÉGALITÉS EN MATIÈRE DE SANTÉ
 
C’est en Afrique subsaharienne que les femmes souffrent des pires inégalités dans le domaine de la santé : le risque de décès pour cause de complications liées à la grossesse est de un sur 16, comparativement à un sur 2 800 dans les pays riches.
 
Curt Carnemark : Banque Mondiale

On attribue souvent la mortalité maternelle résultant d’une urgence obstétricale à « trois délais » : le temps requis pour comprendre qu’on a besoin d’aide médicale, pour se rendre à une clinique et pour recevoir les soins appropriés. Les autorités de la région de Kayes, au Mali, se sont attaquées au dernier délai, mais l’importance des deux premiers est moins bien comprise.

 
Une équipe formée de chercheurs du Mali, du Burkina Faso et du Canada tente donc d’y remédier. Elle étudie l’accès aux soins de santé de quatre groupes vulnérables en Afrique, dont les femmes enceintes.
 
Lorsqu’elle s’est rendue à Kayes pour interviewer des survivantes d’urgences obstétricales et des parents de femmes décédées, elle a rencontré un problème qui empêche souvent les femmes d’aller chercher du secours pendant la saison des pluies : des routes inondées. Par contre, les gens étaient très désireux de parler, même de ces questions délicates.
 
Ce n’est qu’un des sujets abordés par le premier groupe de 14 équipes financées par le Programme de partenariat Teasdale-Corti de recherche en santé mondiale, une initiative phare issue d’un partenariat réunissant cinq organismes fédéraux canadiens, qu’héberge le CRDI.
 
Le programme favorise des partenariats de recherche internationaux afin d’optimiser l’appui du Canada à la recherche en santé mondiale. De plus, grâce aux bourses de leadership en santé mondiale, il soutient le perfectionnement professionnel de chefs de file émergents dans le domaine de la recherche en santé et des politiques de santé dans les pays en développement.
 
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