La recherche, clé d’une meilleure nutrition

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CIAT

Division des communications, CRDI
Depuis sa création, le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), organisme canadien, travaille avec des chercheurs et de petits exploitants agricoles des pays en développement afin que les populations de ces pays aient accès à des aliments sains et nutritifs en quantité suffisante, et ce, à un coût abordable. Les recherches ont permis d’améliorer les variétés végétales, de rendre les pratiques agricoles plus efficaces, de protéger l’environnement, de proposer des innovations technologiques aux petits producteurs et d’acheminer des produits vers les marchés.

Depuis 2009, la majorité de ces recherches sont financées par le truchement du Fonds canadien de recherche sur la sécurité alimentaire internationale (FCRSAI), lancé conjointement par Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada et le CRDI. Doté de 124 millions CAD, ce fonds réunit des chercheurs, des responsables de politiques et des entreprises privées du Canada et de pays en développement. Ensemble, ils s’emploient à améliorer l’agriculture et la nutrition dans les pays en développement, à créer de nouvelles entreprises et à ouvrir des marchés, ainsi qu’à faire passer des innovations à grande échelle afin qu’elles aient le plus grand impact possible. Les producteurs et les consommateurs canadiens sont eux aussi susceptibles de profiter des résultats de ces recherches.

Résultats obtenus en Afrique

Mise au point d’un manioc à teneur élevée en protéines Culture vivrière de base, le manioc est essentiel à la survie de plus de 800 millions de personnes parmi les plus démunies de la planète. Des décennies de travaux d’amélioration génétique ont permis au professeur Nagib Nassar, établi au Brésil, d’obtenir des variétés de manioc à teneur élevée en protéines. Le CRDI a financé les premiers travaux du professeur Nassar. La culture des variétés nutritives et résistant à la sécheresse qu’il a mises au point est maintenant répandue au Brésil. On lui doit également des hybrides pouvant résister à la mosaïque du manioc, une maladie dévastatrice. Il en a résulté des cultivars que des millions d’agriculteurs d’Afrique subsaharienne ont depuis adoptés et plantés.
En savoir plus – Des variétés de manioc améliorées accroissent la sécurité alimentaire

Amélioration de la production bananière – Des recherches financées en partie par le CRDI ont permis de mettre fin au déclin rapide de la production bananière observé pendant 15 ans dans le centre du Kenya et d’assurer la relance. En 2012, plus de 300 000 producteurs avaient bénéficié de nouveaux semis exempts de maladies et utilisaient des méthodes de plantation améliorées. Dans les environs de Nairobi, le rendement s’est accru de 150 %, et le revenu des producteurs est passé de un à trois dollars par jour.
En savoir plus – Socio-Economic Impact of Tissue Culture Banana in Kenya (en anglais) (PDF, 392 Ko)

Éradication de la malnutrition – Dans le nord du Malawi, on observe un net recul de la malnutrition chez les enfants par suite de travaux de recherche que le CRDI a appuyés pendant une dizaine d’années. Quelque 10 000 familles tirent maintenant parti de nouvelles méthodes de plantation (culture intercalaire du maïs avec des fèves et des légumineuses à graines, riches en nutriments), de l’éducation à la nutrition et de la participation de la collectivité. Résultat : les sols sont bonifiés, les récoltes sont plus abondantes et les enfants sont en meilleure santé.
En savoir plus – Intégrer la recherche au travail des agriculteurs

Utilisation plus efficace de l’eau et rendements plus élevés Dans le Sahel, des agriculteurs et des chercheurs ont associé le microdosage des engrais à des techniques améliorées de collecte des eaux de pluie pour accroître le rendement des cultures de céréales et de légumineuses. Ces innovations ont augmenté de façon substantielle le rendement des cultures et le revenu des agriculteurs. Au Burkina Faso, le rendement du sorgho a plus que doublé et a atteint environ 700 kilos par hectare. Les agricultrices, qui n’ont guère mis de temps à adopter les nouvelles techniques, ont dans certains cas triplé leurs profits.
En savoir plus –
Le microdosage des engrais, une innovation qui profite aux femmes du Sahel

Résultats obtenus en Asie

Dynamisation de la pisciculture Grâce à des recherches d’avant-garde que le CRDI a subventionnées dans les Philippines à la fin des années 1970, les pisciculteurs peuvent maintenant compter sur un approvisionnement fiable en alevins de chanidé pour ensemencer leurs étangs. Le chanidé représente environ la moitié de la production du secteur de la pisciculture aux Philippines, et c’est un élément essentiel de la sécurité alimentaire du pays. Or, il ne se reproduisait pas en captivité. Il fallait récolter au filet des alevins sauvages, ce qui freinait l’essor de la pisciculture dans le pays. La percée réalisée par les chercheurs du Southeast Asia Fisheries Development Center, qui ont réussi le premier frai de chanidés en captivité, a changé les choses. Aujourd’hui, quatre alevinières approvisionnent les pisciculteurs.
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Une percée qui permet de fournir toute une industrie en petits poissons

Réduction des pertes de petits mils – Un moulin à grains portable mis au point en Inde est l’une des innovations conçues grâce au FCRSAI. Des essais ont été menés dans quatre emplacements différents en Inde et sont prévus dans trois autres. Ce moulin suscite déjà l’intérêt du secteur privé en Asie du Sud, en Afrique et aux États-Unis. Il réduit énormément les pertes après la récolte et allège de beaucoup la tâche des femmes. Il produit des grains propres, qui se vendent de trois à quatre fois plus cher que les grains mal décortiqués, et crée des occasions d’affaires pour les femmes, qui se sont mises à vendre des produits à base de petits mils.
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Des agriculteurs trouvent des moyens d’exploiter les avantages économiques et nutritionnels des petits mils

Protection des fruits et hausse des revenus – Des chercheurs du Canada, de l’Inde et du Sri Lanka ont mis au point une technologie simple et respectueuse de l’environnement pour réduire les pertes après récolte de fruits périssables. En pulvérisant un composé organique d’origine naturelle, l’hexanal, sur les mangues tandis qu’elles sont encore sur l’arbre, on retarde leur mûrissement pendant une période pouvant aller jusqu’à un mois. Les producteurs participant au projet ont ainsi pu obtenir une hausse de leurs revenus, qui a atteint 15 % dans certains cas, en vendant leurs fruits à un moment où les autres producteurs avaient écoulé toute leur récolte. Les chercheurs ont aussi recours à la nanotechnologie afin de mettre au point un revêtement de pointe faisant appel à l’hexanal pour les cartons, caisses et autres emballages, dans le but de prolonger la durée de conservation des mangues. Les producteurs de fruits à chair tendre du monde entier sont susceptibles d’en tirer parti.
En savoir plus – Réduction des pertes de mangues après la récolte en Asie du Sud

Mise à contribution des rayons du soleil Des séchoirs à fruits et à légumes fonctionnant à l’énergie solaire aident les habitants des villages éloignés du sud-est du Bhoutan à accroître leur sécurité alimentaire et à améliorer leurs moyens de subsistance. Jusqu’à maintenant, on a construit et installé 23 séchoirs dans des villages isolés qui n’ont pas d’électricité. Ce sont des ingénieurs et menuisiers locaux, formés grâce aux fonds que le CRDI a accordés pour le projet, qui les ont fabriqués. Les villageois signalent une amélioration de l’état nutritionnel et disent que le goût, la couleur et la qualité des aliments sont supérieurs à ce qu’ils obtenaient avec la méthode de séchage à l’air libre utilisée auparavant. Le National Post-Harvest Centre du ministère de l’Agriculture du Bhoutan a l’intention d’en faire profiter d’autres parties du pays.
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Des séchoirs solaires contribuent à améliorer les moyens de subsistance au Bhoutan

Résultats obtenus en Amérique latine

Amélioration de la nutrition dans l’Altiplano Les petits propriétaires terriens qui luttent pour leur survie dans les conditions inhospitalières de l’Altiplano jouissent désormais d’un meilleur état nutritionnel et de revenus plus élevés par suite de décennies de travaux de recherche en agriculture menés par des établissements que le CRDI a subventionnés au Pérou. À la fin des années 1970, des chercheurs ont commencé à cerner des façons d’accroître le rendement de l’agriculture, de réduire la pauvreté, d’assurer la sécurité alimentaire et de protéger l’environnement. Ils ont notamment mis au point des variétés de quinoa nutritives,  moins amères et d’un rendement plus élevé. En améliorant les pâturages et les pratiques de gestion, ils ont réussi à accroître le rendement des élevages d’alpacas et de bovins. Grâce à des serres d’un coût modeste, les agriculteurs ont pu cultiver le radis, la betterave et la carotte, des légumes inconnus jusque-là sur ce plateau aride, et ainsi améliorer l’état nutritionnel des membres de leur famille. Les travaux se sont poursuivis dans le cadre du programme Altagro, financé par le MAECD.
En savoir plus – Plus de nourriture et des revenus accrus dans les Andes

Les potagers urbains, sources de nourriture – À Rosario, troisième ville d’Argentine, on compte plus de 800 potagers urbains qui nourrissent quelque 40 000 personnes, et les produits en excédent sont vendus. Cela n’a pas toujours été le cas. À la suite de la crise financière de 2002, des milliers de personnes manquaient de produits de première nécessité, y compris de nourriture. Tablant sur des travaux soutenus par le CRDI, la ville a aménagé des parcs horticoles et s’est dotée de marchés extérieurs et d’un nouveau plan de location des terres inutilisées.
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 Rosario, Argentine : une ville « mordue » d'agriculture urbaine

Des pommes de terre plus résistantes et plus nutritives – En Colombie, des chercheurs ont associé les meilleures technologies modernes à des méthodes participatives pour mettre au point des cultivars de pomme de terre qui résistent très bien au mildiou. Les travaux de recherche financés par le FCRSAI ont montré que certains des cultivars donnaient des pommes de terre contenant deux fois plus de protéines et ayant une teneur plus élevée en fer et en zinc que les pommes de terre locales et que leur rendement pouvait être de 30 % supérieur. Les agriculteurs multiplient les cultivars afin d’augmenter la production.
En savoir plus – De nouvelles variétés de pomme de terre peuvent nourrir les pauvres

  • Consultez le site Web du FCRSAI pour en savoir plus sur le soutien que le CRDI apporte à la recherche visant une plus grande sécurité alimentaire.
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Photos : CRDI; Loredana Marchetti; Flickr / Templar1307