La recherche-action participative appliquée aux systèmes de santé : la population comme agent de changement

Rene Loewenson, Asa C Laurell, Christer Hogstedt, Lucia D’Ambruoso et Zubin Shroff
Une nouvelle publication, intitulée Participatory Action Research in Health Systems: a methods reader, a été lancée à l’occasion du troisième Symposium mondial sur la recherche sur les systèmes de santé, qui s’est tenu au Cap, en Afrique du Sud, du 30 septembre au 3 octobre 2014. Ce guide des méthodes a été publié par le Regional Network for Equity in Health in East and Southern Africa (EQUINET), en association avec le Training and Research Support Centre (TARSC), l’Alliance pour la recherche sur les politiques et les systèmes de santé (AHPSR), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), organisme canadien.
 
Quand recherche égale changement
 
La recherche-action participative a pour but de permettre de comprendre le monde afin de le rendre meilleur. Elle habilite ceux qui sont directement touchés par le problème – qui ordinairement, « participeraient » à titre de sujets de recherche – en en faisant des agents actifs pouvant produire des connaissances et s’en servir pour créer des changements.
 
Une dirigeante autochtone citée dans le guide, Lila Watso, explique : « si vous êtes venu m’aider, vous perdez votre temps; mais si vous êtes là parce que votre libération est liée à la mienne, alors oui, travaillons ensemble ».
 
À titre d’exemple, lorsque le personnel du TARSC demandait aux gens, pendant des séances participatives, de former une sculpture humaine pour illustrer leur perception de la façon dont les systèmes de santé assurent la prestation des soins, le plus souvent, cela donnait une sculpture où les travailleurs de la santé, les gestionnaires et d’autres intervenants tournaient le dos au patient; ils étaient plutôt tournés vers l’échelon supérieur, en attente de ressources et d’attention.
 
Le guide contient plusieurs exemples de recherche action-participative fructueuse. L’un des coauteurs, Asa Christina Laurell, a travaillé avec des employés d’une aciérie au Mexique afin de déterminer les risques que leur milieu de travail pose pour la santé. Les constats des employés ont donné une visibilité à leur vécu, mais surtout, ils les ont rendus plus aptes à négocier en vue d’obtenir des changements. Les travailleurs eux-mêmes étaient les chercheurs, appuyés par des universitaires. La recherche a été menée collectivement, afin de valider les données auprès de l’ensemble du groupe. Ce sont les travailleurs qui ont défini les indicateurs, en se fondant sur leur vécu. On a pris des photographies et conçu une carte des risques comportant des symboles et des images faciles à comprendre.
 
L’objet de la recherche-action participative, c’est de créer une vision plus globale de la compréhension qu’ont les gens de leur santé et de leur interaction avec le système de santé.
 
Une meilleure compréhension
 
Le guide présente aussi les grandes caractéristiques de la recherche-action participative et son historique. Il s’étend aussi sur les processus et les méthodes qui servent à mettre en application cette approche de recherche et sur ce que suppose en réalité son application aux systèmes de santé.
 
« Nous avons produit ce guide de méthodes afin d’enrichir, d’encourager et de renforcer la pratique de la recherche-action participative. Nous nous efforçons sans cesse de mieux la comprendre et d’apprendre, afin de la maîtriser de mieux en mieux », de souligner un autre coauteur, Rene Loewenson.

Participatory Action Research in Health Systems: a methods reader (PDF, 3,3 Mo) (téléchargement gratuit)