La mise en pratique de solutions éprouvées au Bénin

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Adaptation aux changements climatiques en Afrique

Le Bénin dépend de l’agriculture pour quelque 70 % de ses emplois et 88 % de ses exportations. Dernièrement, les agriculteurs ont subi plusieurs années consécutives de variations climatiques extrêmes, caractérisées par des inondations, des sécheresses et des changements très imprévisibles des régimes de pluies et de la répartition des précipitations.
 
Afin de mieux les préparer à faire face aux incertitudes à venir, un projet dirigé par l’ONG Initiatives pour un développement intégré durable (IDID ONG) cherche à améliorer la qualité et la diffusion des prévisions météorologiques, à cerner les vulnérabilités aux changements climatiques ainsi qu’à développer et à mettre à l’essai des pratiques d’adaptation en agriculture. Ainsi, les producteurs ruraux de six des 12 départements du Bénin ont maintenant accès à de l’information sur le climat de meilleure qualité et à des conseils pratiques en vue de la saison de culture.
 
Les agriculteurs et d’autres groupes vulnérables aux changements climatiques participent activement aux comités d’alerte rapide établis dans 35 communes rurales de ces six départements. De plus, 60 stages pratiques dans le cadre desquels quelque 300 agriculteurs ont participé à des essais sur le terrain ont été organisés. Quatre solutions prioritaires ont été mises à l’essai cette année : le paillage, l’utilisation de fosses zaïs (une méthode traditionnelle de régénération des sols à l’aide de trous de plantation), la gestion intégrée des cultures et le recours à des engrais biologiques.
 
Avec l’appui de l’Institut international d’agriculture tropicale, l’équipe a mis au point un protocole d’expérimentation participative et a offert une formation aux agriculteurs à chacun des sites.
 
Les essais réalisés à l’échelle locale servent à des analyses à l’échelon national. Un comité national réunit des représentants des services météorologiques nationaux, du ministère de l’Agriculture, du ministère de l’Environnement et du centre de coordination du programme d’action national d’adaptation (PANA) ainsi que des membres de l’équipe de recherche. Tous les deux mois, le comité publie un bulletin analysant les régimes observés au cours des deux derniers mois de même que les prévisions pour les deux mois à venir, pour chacun des départements. Le comité analyse également les données sur la croissance des cultures soumises par des fermes sélectionnées. Les bulletins contiennent des recommandations générales destinées aux agriculteurs qui peuvent être adaptées par les agents de vulgarisation locaux afin de tenir compte des pratiques de production et des cultures locales. Lorsque cela s’impose, le comité publie des alertes distinctes afin de prévenir les agriculteurs de la possibilité d’événements climatiques extrêmes.
 
Ces bulletins, qui sont diffusés en format papier, à la radio dans les langues locales et par des comités locaux, présentent des avis destinés à quelque deux millions de producteurs ruraux.
 
L’équipe de recherche a observé qu’un grand nombre des agriculteurs participant aux expériences sur le terrain adoptent les solutions mises à l’essai dans leurs propres parcelles afin d’accroître la fertilité des sols et d’améliorer l’infiltration et la rétention d’eau. Les chercheurs ont remarqué que le choix d’agriculteurs influents pour mener les essais peut augmenter le taux d’adoption de méthodes éprouvées.

Pour le comité PANA du Bénin, ce projet contribue au Plan d’action national sur l’adaptation. L’équipe a aussi été invitée à faire partie du Partenariat national pour l’eau du Bénin, qui assure le financement d’initiatives en gestion de l’eau, comme de petits barrages, des puits et des travaux d’irrigation. L’équipe jouera un rôle important pour que les demandes et les données issues des communes soient bien acheminées à l’échelon national.

À l'affiche: Saïd K. Hounkponou - Initiatives pour un développement intégré durable (IDID-ONG)
Saïd K. Hounkponou, Chargé de projet, Initiatives pour un développement intégré durable (IDID-ONG) Porto-Novo (Bénin)
Le lancement du projet Renforcement des capacités d’adaptation des acteurs ruraux béninois face aux changements climatiques coïncidait avec les inondations de 2007 qui ont ravagé les cultures et détruit près de 50 villages.

Grâce à son expérience de vulgarisation auprès des producteurs ruraux, IDID-ONG a su reconnaître à quel point ceux-ci étaient vulnérables à la variabilité et aux changements climatiques, simplement parce qu’ils ne disposaient pas d’une information claire et accessible. 
 
Pour le chargé de projet Saïd K. Hounkponou, il est essentiel de s’assurer la participation des populations locales.

« Bien que la communauté internationale soit sensible aux risques que posent les changements climatiques, on voit très peu d’action véritable à l’échelle régionale, nationale ou communautaire. Les populations vulnérables sont donc exposées chaque jour aux conditions climatiques extrêmes. »

En combinant les essais sur le terrain des diverses solutions avec des plateformes multiples pour l’échange et l’analyse de l’information, le projet vise à faire en sorte que les intervenants de tous les niveaux soient mieux informés et préparés.
 
« J’espère, dit M. Hounkpounou, qu’à l’avenir les responsables des politiques, les chercheurs, le secteur privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers sauront collaborer dans le domaine de l’adaptation aux changements climatiques. L’adaptation doit être intégrée à tous les échelons des programmes, des projets et des plans de développement. »

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