Jeter des ponts entre les agriculteurs et les supermarchés au Nicaragua

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Sara Elder, candidate au doctorat à l’Université de la Colombie-Britannique

Eric Smith
Que sont-ils devenus ?
Sara Elder a reçu du financement qui lui a permis de poursuivre sur le terrain des travaux de recherche doctorale sur la façon dont les petits exploitants agricoles sont touchés par le fait qu’ils doivent vendre leurs produits à des supermarchés modernes plutôt qu’à des marchés traditionnels.

Nombre de petits exploitants agricoles connaissent de l’insécurité alimentaire en dépit du fait qu’ils cultivent des aliments qu’ils vendent à des marchés locaux et internationaux. Dans ses travaux de recherche financés par la bourse du CRDI aux chercheurs candidats au doctorat, Sara Elder examine la manière dont les changements s’opérant au sein des marchés influent sur la sécurité alimentaire, la production agricole et la pauvreté des agriculteurs nicaraguayens. Mme Elder a choisi de se pencher sur le cas des petits exploitants agricoles après avoir travaillé au Kenya alors qu’elle était étudiante de premier cycle. Son expérience lui a permis de constater les liens qui unissent les Canadiens et les Canadiennes et le reste du monde.

« Le moment qui a réellement marqué mes études de premier cycle a été lorsque j’ai réalisé une étude sur le terrain au Kenya. Je me suis rendu compte que les ananas poussent bel et bien à l’endroit, contrairement à ce que je m’étais imaginé. J’ai alors compris que, lorsque l’on vit au Canada, on ignore souvent complètement comment les aliments que nous consommons sont produits et les conditions de vie des agriculteurs qui les produisent. J’ai constaté qu’un grand nombre de ces agriculteurs qui cultivent des aliments qui sont revendus à l’étranger vivaient eux-mêmes de l’insécurité alimentaire… C’est à ce moment que j’ai décidé de poursuivre mes recherches sur le sujet. » [TRADUCTION]

Au Nicaragua, Mme Elder s’est penchée sur les bienfaits du marché de détail moderne et des marchés traditionnels dans les milieux ruraux des pays moins industrialisés. Au cours des travaux qu’elle a réalisés avec le soutien du CRDI, elle a été en mesure d’interagir abondamment avec des chercheurs, de petits exploitants agricoles, des représentants d’organisations non gouvernementales et des intervenants du secteur privé oeuvrant à la production agricole et à la sécurité alimentaire. Elle avoue que, sans la bourse du CRDI aux étudiants candidats au doctorat, elle n’aurait pas « été en mesure de mener des travaux de terrain approfondis. En tant que chercheuse, c’est pour moi une priorité de passer beaucoup de temps sur le terrain afin d’échanger avec les agriculteurs et d’autres intervenants locaux. Je trouve très important d’avoir une bonne compréhension de ce qui se passe localement et des expériences vécues par les parties concernées. On se fait ainsi une idée plus juste des défis qu’elles sont appelées à relever et des transformations qu’elles subissent, et l’on est plus à même de mener des travaux de recherche ayant des applications concrètes et pouvant influer sur les politiques. »  [TRADUCTION]

Mme Elder a collaboré étroitement avec Francisco Perez, de l’Instituto Nicaraguense de Investigaciones Economicas y Sociales (INIES), et avec d’autres parties prenantes du Nicaragua. Pour bénéficier de ce type de soutien du CRDI, le candidat doit en effet entretenir des liens avec une institution du pays à l’étude. Selon elle, « la lettre officielle attestant l’octroi de la bourse, que le candidat remet à l’établissement hôte, confère une certaine légitimité à son projet de recherche et vient resserrer son lien avec l’établissement; le soutien du CRDI rend cette relation plus officielle. » Ces rapports avec des établissements affiliés tels que l’INIES permettent aux chercheurs de tisser des liens interpersonnels qui viennent enrichir la recherche et servent d’assise à des travaux de recherche et collaborations futurs.

Les travaux menés par Mme Elder ont donné lieu à une vaste quantité de données d’excellente qualité, dont certaines ont été recueillies dans le cadre d’une enquête réalisée auprès de plus de 250 ménages tirant leur subsistance de l’agriculture. En combinant ces données, elle gagnera de l’expérience en recherche qualitative et quantitative. Ses constatations initiales font ressortir les facteurs qui influent sur la décision des agriculteurs de vendre leurs produits à des marchés traditionnels ou à des supermarchés, de même que les retombées de l’inspection des aliments sur la sécurité alimentaire.

En apprendre davantage sur les travaux de Sara Elder (en anglais)

En savoir plus sur la bourse du CRDI aux chercheurs candidats au doctorat

 

 Sara Elder interviewing smallholder farmers in Nicaragua as part of her field research.
Sara Elder interviewant de petits exploitants agricoles au Nicaragua 

Cet article fait partie de la série Que sont-ils devenus ?, qui met en relief le travail d’anciens titulaires de bourse du CRDI.

Eric Smith est titulaire d’une bourse de perfectionnement professionnel au CRDI et rédacteur à Ottawa.