Jeter des ponts enmatière de recherche en économie: John Whalley (Canada)

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Division des communications, CRDI

Au cours des trois dernières années, le CRDI, en partenariat avec le Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale (CIGI), àWaterloo, au Canada, et la Beijing Normal University, a aidé à mettre en place un réseau de recherche sur la pauvreté en Chine—le premier du genre dans ce pays où la croissance économique est sans égale ailleurs dans le monde.   On cherche ainsi à appuyer de jeunes chercheurs prometteurs et à encourager l’éclosion de nouvelles idées dans un domaine qui préoccupe de plus en plus la Chine : la montée des inégalités à la faveur de la forte croissance économique.

Les réalisations sont encourageantes. Un groupe remarquable d’économistes chinois et étrangers chevronnés agissent comme mentors auprès d’une nouvelle génération de spécialistes se consacrant à la recherche appliquée sur la pauvreté et les inégalités en Chine; 19 jeunes économistes chinois, avec l’aide de presque autant de chercheurs expérimentés de renom, font oeuvre de pionniers en ouvrant de nouvelles voies à ce type de recherche en Chine.

Le Young China Scholars Poverty Research Network est coordonné par John Whalley, professeur d’économie à l’UniversitéWestern Ontario, au Canada, et chercheur associé de marque au CIGI, et par Li Shi, professeur d’économie à la Beijing Normal University.

 
La forte croissance économique de la Chine s’accompagne de lamontée des inégalités. Le CRDI aide de jeunes chercheurs et des économistes de renom à jeter un regard neuf sur le problème de la pauvreté.

Je m’intéresse depuis longtemps aux enjeux mondiaux ainsi qu’aux questions relatives au commerce et à l’investissement à l’échelle mondiale. Or, il est de plus en plus difficile d’approfondir ces questions dans une optique mondiale sans reconnaître l’importance de la Chine.

Le projet a vu le jour au milieu des années 1990. À l’époque, des spécialistes chinois de la pauvreté avaient acquis une certaine notoriété, mais ils étaient peu nombreux. La formation d’une nouvelle génération de spécialistes de la pauvreté apte à alimenter le débat s’imposait.

Depuis 1999, la Chine a attribué énormément de ressources aux universités et aux instituts de recherche. Bon nombre des étudiants du cycle supérieur partis étudier en Amérique du Nord et en Europe sont ensuite rentrés en Chine, ce qui a eu pour conséquence l’actualisation des programmes d’études en Chine.

Des avantages réciproques  

Les travaux des jeunes chercheurs ont permis de mieux connaître la dynamique de la pauvreté et des inégalités; leur analyse des données a aidé à montrer que les inégalités atteignent un plateau en Chine. Par exemple, une étude a constaté que les écarts de revenu entre les travailleurs migrants et les travailleurs locaux s’étaient rétrécis de 2001 à 2005, et que la discrimination contre les travailleurs migrants s’était quelque peu atténuée. Une autre étude a montré que les populations rurales pauvres y gagneraient davantage si l’on subventionnait les soins en clinique externe au lieu de rembourser les soins en milieu hospitalier.  

Ce type de recherche est essentiel à l’élaboration de politiques publiques susceptibles de réduire les inégalités. Ces jeunes chercheurs pourraient bien devenir les chefs de file de demain. Le rôle et l’influence de leur contribution ne se démentiront pas et seront largement reconnus en Chine.  

Leur enthousiasme, leur dévouement et leur volonté de travailler sans relâche pour parfaire leurs connaissances m’ont impressionné.

En fait, ma collaboration avec eux a, je crois, exercé une influence décisive sur mes propres travaux de recherche. J’ai maintenant tendance à considérer que la Chine est de plus en plus une économie de marché, mais une économie à laquelle on ne peut appliquer systématiquement le même type d’analyses qu’on réaliserait habituellement dans le cas des économies développées. 

Travailler avec ces jeunes chercheurs m’a fait comprendre qu’il faut adapter ses façons de faire non seulement lorsqu’il s’agit de la Chine, mais aussi de n’importe quel pays en développement.

Le soutien financier du CRDI a été très utile, mais le CRDI offre bien davantage. Il y a aussi le soutien intellectuel et l’apport appréciable des administrateurs de programme qui ont collaboré avec nous et ont formulé de nombreuses suggestions. Nous sommes aussi séduits par le fait que les projets de recherche appuyés par le CRDI sont, dans une large mesure, conçus dans les pays en développement mêmes et visent à répondre aux besoins que ces derniers jugent prioritaires.​