Intégrer les femmes au marché du travail

June 13, 2017

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Une femme à son poste de fruits dans un marché de la ville de Guatemala. Guatemala.

Maria Fleischmann / Banque mondiale

Des entreprises latino-américaines prouvent que profit et progrès social peuvent aller de pair

Teresa Comparini a toujours défendu avec passion la vie et la nutrition saines. En 2010, elle a converti sa passion en commerce en ouvrant Terrium, une entreprise chilienne qui vend de délicieux bonbons biologiques et sans sucre. Cette nutritionniste socialement engagée ne s’est pas arrêtée là : elle a fait de Terrium une « entreprise B », ou certifiée « B Corp ».

Certifiées par B Lab, les entreprises B sont des sociétés à but lucratif qui cherchent à résoudre des problèmes sociaux et environnementaux. B Lab est appuyée par Sistema B, un organisme sans but lucratif soutenu par le CRDI qui est à la tête d’un nouveau mouvement d’entreprises B et d’une communauté d’entrepreneurs sociaux en Amérique latine.

Non seulement Terrium produit des produits écologiquement viables, mais l’entreprise est structurée en fonction des besoins des femmes de l’endroit et de leur famille. Teresa a embauché un petit nombre de femmes vivant à proximité du lieu de production afin de réduire les déplacements domicile-travail, et a conçu un modèle d’entreprise qui harmonise les heures de travail et les vacances avec les calendriers scolaires.

Le projet Chiffrer le travail des femmes , financé par le CRDI, a conclu que le temps consacré par les femmes et les filles au travail à la maison et à l’extérieur dépasse en général celui consacré par les hommes et les garçons à ces mêmes activités. Les femmes et les filles s’occupent aussi davantage de leurs grands-parents, parents, enfants et petits-enfants. La souplesse du modèle de Teresa est importante, car elle permet de réduire le fardeau des soins domestiques tout en fournissant aux femmes de bonnes possibilités de travail.

Les entreprises sociales comme celle de Teresa sont en train de transformer notre façon de comprendre les affaires et de répartir les bénéfices.

« Notre approche invite à ouvrir notre esprit, à repousser les frontières du possible et à construire une nouvelle économie, où les débouchés garantissent le bien-être des femmes et de leur famille et ne se réalisent pas aux dépens de la vie. La politique publique se concentre sur la création de possibilités économiques pour les femmes, mais oublie que 40 % des ménages sont des familles monoparentales. Imaginons que la politique publique soutienne la création d’emplois en fonction des besoins réels des femmes et des familles. »  - Maria Emilia Correa, directrice de Sistema B

crédit: C Communications
Teresa Comparini, fondatrice de errium y Biosnack

Le CRDI soutient la recherche sur les modèles d’entreprise inclusifs qui souscrivent à des objectifs sociaux et environnementaux, ainsi qu’économiques.

En collaboration avec Sistema B, le CRDI aide aussi Academia B à élaborer un programme de recherche sur le potentiel de ces entreprises à favoriser le leadership des femmes et à générer des débouchés économiques pour les femmes et les jeunes marginalisés.

Un peu partout dans le monde, les entreprises B ont démontré la viabilité de ce nouveau modèle commercial dans l’économie moderne. La définition du succès a été élargie pour englober la capacité de répondre aux besoins des gens, d’offrir une meilleure qualité de vie et de fournir de bons emplois.

Ce modèle diffère en ce qu’il considère comme un objectif important la nécessité de contribuer au bien-être de la société, outre le rendement financier. Des entreprises B comme Crepes & Waffles, la plus importante chaîne de restaurants en Colombie, proposent des emplois aux mères célibataires; Maravil offre du travail et un revenu aux femmes qui ne peuvent pas s’absenter de leur domicile; et Paloma & Angostura offrent des emplois aux anciennes combattantes de la guérilla en Colombie.

Le modèle d’entreprise B démontre que les sociétés peuvent à la fois faire le bien et obtenir de bons résultats financiers. Comme on le dit au sein du mouvement, il s’agit d’entreprises qui « génèrent la vie ». Il existe aujourd’hui une communauté de plus de 1 600 entreprises certifiées B réparties dans 42 pays, et plus de 120 industries travaillent ensemble pour créer un nouveau système d’entrepreneuriat social.