Influer sur les politiques publiques

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Division des communications, CRDI
Pour que les résultats des travaux de recherche contribuent à améliorer les conditions de vie des gens, il importe que les décideurs en prennent connaissance et s’en inspirent pour mettre au point des politiques et des pratiques plus efficaces. Le CRDI a accordé environ 20 % de son financement au cours de la dernière année — et de la dernière décennie — à des projets ayant pour but d’influer sur les politiques. Afin de s’assurer que les résultats des travaux sont bel et bien transmis aux responsables des politiques, leur diffusion fait partie des objectifs de tous les projets appuyés par le CRDI.
 
La participation des décideurs au processus de recherche favorise l’utilisation des résultats. À cette fin, l’an dernier, le CRDI a appuyé l’organisation de plus de 140 ateliers et conférences à l’intention des utilisateurs de la recherche.
 
La puissance des réseaux
 
Au cours des quatre dernières décennies, le CRDI a favorisé la croissance d’une multitude de réseaux reliant chercheurs, praticiens et décideurs. De fait, les réseaux régionaux sont essentiels à une diffusion vaste et efficace des résultats de recherche.
 
À titre d’exemple, cinq réseaux régionaux axés sur l’économie de l’environnement, appuyés par le CRDI, offrent de la formation à leurs membres afin qu’ils puissent diffuser leurs résultats de recherche de la meilleure manière possible. L’an dernier, un projet appuyé par l’un de ces réseaux, le Programme d’économie environnementale pour l’Asie du Sud-Est (EEPSEA), a contribué à protéger le sanctuaire de Mi-sön, un site qui figure sur la liste du patrimoine mondial, grâce à la mise en place d’une nouvelle tarification à l’intention des visiteurs, tant étrangers que vietnamiens.
 
À l’avenir, le CRDI misera sur son expérience en matière de réseaux pour accroître les liens entre les chercheurs, les responsables des politiques, les groupes de la société civile et d’autres bailleurs de fonds du développement. Il aidera également les bénéficiaires de subventions à persuader les responsables de l’élaboration des politiques publiques de l’importance et de la pertinence de leurs travaux.
 
DE LA RECHERCHE AUX RÉSULTATS
 
Pleins feux sur la santé maternelle
Deux États du Nigeria ont recueilli de l’information précise et à jour sur la santé qui servira à améliorer les services en matière de santé maternelle. Le National Council on Health du Nigeria a incité les 35 autres États du pays à faire de même.
Environ 10 % de la mortalité maternelle enregistrée chaque année dans le monde se produit au Nigeria, où les taux de mortalité des nourrissons et de mortalité infantile et maternelle sont parmi les plus élevés sur la planète. Pour s’attaquer à ce problème et à d’autres défis pressants en matière de santé, le gouvernement du Nigeria reconnaît qu’il lui faut recueillir et utiliser des données fiables afin de mieux cibler les services et les ressources.
 
À cette fin, les États de Bauchi et de Cross River participent à l’initiative Données probantes et systèmes de santé au Nigeria, un partenariat réunissant le gouvernement du Nigeria, le CRDI et l’Agence canadienne de développement international. L’initiative met aussi à contribution le savoir-faire du Community Information Empowerment and Transparency (CIET) Trust, un groupe de recherche appuyé par le CRDI qui favorise la participation des collectivités à la planification des services de santé depuis 25 ans.
Les deux États ont axé la première collecte de données sur la santé maternelle. Plus de 25 000 femmes ont fourni de l’information que des groupes de discussion communautaires aident à interpréter. Les chercheurs analyseront cette riche information, et les décideurs seront en mesure d’utiliser les données pour élaborer des politiques et modifier les programmes en vue de sauver des vies.
 
Lors de sa rencontre semestrielle en mars 2010, la plus haute instance en matière de santé du Nigeria, le National Council on Health, a salué les efforts déployés par les deux États. Selon un haut responsable de la santé de l’État de Bauchi, l’initiative a des incidences non seulement sur la planification en matière de santé, mais également sur la planification dans d’autres domaines.
 
DE LA RECHERCHE AUX RÉSULTATS
 
Collaboration et salubrité du milieu
Des économistes de l’environnement ont conçu un système équitable pour la perception des droits destinés à financer les activités de nettoyage d’un village gravement touché par la pollution. Les résultats obtenus incitent les autorités à instaurer d’autres mesures.
Au Vietnam, beaucoup de familles vivant dans le delta du fleuve Rouge tirent leur subsistance de la transformation de produits agricoles, qui crée certes des emplois et des revenus, mais produit également une abondance de déchets.
 
Ainsi, 400 ménages du village de Duong Lieu, dans la province de Ha Tay, produisent à eux seuls 60 000 tonnes d’amidon de manioc par année. Ils rejettent de grandes quantités d’eaux usées et d’écorces de manioc dans le réseau de drainage du village. Il en résulte des caniveaux obstrués, des cours d’eau pollués et le mauvais état de santé des villageois. La plupart des habitants attribuent à la pollution bon nombre de leurs maux, notamment des maux de tête, des éruptions cutanées, des maladies respiratoires et le cancer.
 
Deux économistes de l’environnement vietnamiens ont analysé le problème et trouvé une solution efficace. Le CRDI a financé leur projet par le truchement du Programme d’économie environnementale pour l’Asie du Sud-Est.
 
Ils ont conçu un système de paiement équitable en vue de financer les activités de nettoyage. Jusque-là, tous les ménages de Duong Lieu s’adonnant à la transformation alimentaire versaient le même montant, sans égard à la taille de leurs activités, à un fonds prévu à cette fin. Les chercheurs ont recommandé que les droits imposés soient proportionnels à l’importance des activités des ménages et soient établis en fonction de leur facture d’électricité.
 
Un modeste supplément ajouté au coût de chaque kilowatt d’électricité donne maintenant à la commune un revenu additionnel de 70 millions de dongs (4 000 CAD) par année, et les caniveaux et les rues du village sont beaucoup plus propres.
 
Ce n’est là qu’une des nombreuses recommandations qui ont incité les autorités locales à agir. Ces dernières envisagent maintenant de prendre d’autres mesures pour protéger l’environnement et réservent une plus grande partie du budget à cette fin.