Favoriser la croissance inclusive

May 12, 2017

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Page couverture du rapport : inclusive growth and development report 2017

Le Pérou a obtenu des résultats impressionnants sur le plan de la réduction de la pauvreté au cours de la dernière décennie. En 12 ans, le taux de pauvreté du pays est passé de 55 à 21 %, et le taux de pauvreté extrême, de 17 à 4 %. Ces réussites sont le résultat d’une combinaison de longue date de programmes de croissance économique rapide et de programmes sociaux robustes visant les régions pauvres, et démontrent comment on peut faire des gains économiques sans pour autant sacrifier l’inclusion sociale.

Il existe un fort consensus international sur l’importance de la croissance inclusive, mais nous n’en savons pas suffisamment sur les moyens d’y arriver. Les régimes de protection sociale, les transferts monétaires conditionnels et d’autres programmes connaissent du succès, mais des questions plus larges sur ce qu’est la croissance inclusive et sur la façon de la mesurer persistent.

Afin de contribuer à la discussion, le CRDI a réuni un groupe d’experts le 25 avril 2017, composé de Richard Samans, membre du Conseil de gestion du Forum économique mondial (FEM), de Carolina Trivelli, chercheuse principale à l’Instituto de Estudios Peruvianos, et de l’ancien ministre du Développement et de l’Inclusion sociale du Pérou. M. Samans a présenté le nouveau rapport du Forum économique mondial et son indice mondial d’innovation, l’Indice du développement inclusif, tandis que Mme Trivelli a discuté du chemin emprunté par le Pérou pour établir un équilibre entre la croissance économique et le progrès social.                                                                                                                                                

Nouveau modèle pour le progrès économique

Le rapport du Forum présente un modèle différent pour comprendre et mesurer la croissance inclusive : il laisse entendre que les gens et les niveaux de vie doivent être au centre des politiques économiques nationales et internationales. Le rapport présente également l’Indice de développement inclusif (IDI), qui classe les économies mondiales avancées et en développement en fonction de leur rendement, par rapport à des indicateurs de rendement clés comme la pauvreté, l’inégalité, la dette publique, l’équité intergénérationnelle et les facteurs environnementaux. Les pays du nord de l’Europe dominent la liste et font partie des dix économies avancées les plus inclusives, tandis que la Lituanie, l’Azerbaïdjan et la Hongrie sont en tête des économies en développement grâce à leur IDI élevé.

« Les citoyens n’évaluent pas le succès de leur pays en fonction du produit intérieur brut (PIB) par trimestre, mais plutôt d’après la façon dont le niveau de vie progresse pour un grand secteur de la population, a expliqué M. Samans. Or, comment classons-nous les économies ? Nous le faisons habituellement en examinant le PIB. » L’IDI offre une évaluation plus nuancée du progrès économique que le PIB. Le rapport présente un cadre stratégique qui met en évidence des domaines comme l’éducation, l’infrastructure, l’éthique, l’investissement, l’entrepreneuriat et la protection sociale pour que les gouvernements améliorent leurs stratégies de croissance inclusive.

La communication : un élément fondamental

M. Samans et Mme Trivelli ont souligné l’importance d’établir de nouvelles plateformes de communication de longue durée afin de favoriser les partenariats public-privé avec un grand éventail d’intervenants, y compris le gouvernement, les entreprises, le milieu universitaire et la société civile. Mme Trivelli a mentionné que non seulement il est essentiel de partager la même vision durant les périodes de changement institutionnel pour assurer la croissance inclusive, mais que la façon dont les modèles de croissance sont communiqués doit également évoluer : les hypothèses traditionnelles doivent être remises en question et l’expérimentation, encouragée. Bien que l’utilisation et l’application d’outils comme l’IDI puissent différer d’un pays à l’autre, les gouvernements peuvent tout de même échanger leurs expériences et apprendre de celles-ci. Comme M. Samans l’a dit : « Le rapport de 2017 du Forum n’est pas un résultat final; il s’agit d’un outil pour aider les gouvernements à engager des conversations importantes entre les secteurs public et privé sur l’avenir de nos économies et sur leur rôle dans la création de sociétés inclusives. »

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