Fait marquant : Un atelier à Ankara place le salaire minimum dans la ligne de mire du G-20

February 09, 2015

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Les équipes Chinois et Vietnamiens à l'atelier d'Ankara

Les participants, de la gauche vers la droite : Li Shi (Université normale de Beijing), Ta Le Thanh (Assemblée nationale du Vietnam), Sabina Dewan (réseau JustJobs) et Nguyen Thang (Académie des sciences sociales du Vietnam)

Une intervention possible consisterait à établir une stratégie pertinente à l’égard du salaire minimum. L’absence d’une telle stratégie est néfaste pour les travailleurs et les entreprises : soit les salaires sont trop bas et freinent la demande intérieure, soit ils sont trop élevés et donnent lieu à des coûts de main-d’œuvre non viables et à la perte potentielle d’emplois.

Des recherches financées par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) sur la situation au Brésil, en Chine et en Afrique du Sud indiquent que l’augmentation rapide des salaires minimums a eu, dans l’ensemble, une incidence positive sur la réduction des inégalités. La Chine a adopté des salaires minimums en 1994, ce qui a contribué à soutenir l’économie engagée dans une transition à long terme. Au Brésil, le salaire minimum a généré plus d’emplois structurés, grâce à la forte conformité et à la quasi équivalence entre le salaire minimum et le salaire moyen. L’Afrique du Sud, de son côté, prône la nécessité d’une plus grande conformité.

Dans les trois cas, cependant, l’établissement d’un salaire minimum a aussi eu des retombées négatives. Par exemple, le nombre d’emplois pour les jeunes et les femmes a diminué dans certains secteurs, dont celui de l’agriculture en Afrique du Sud. Le salaire minimum présente des limites en tant qu’outil de développement social, comme l’indiquent les recherches financées par le CRDI dans d’autres régions à revenu intermédiaire (Amérique centrale et Argentine). À la longue, une meilleure productivité permettra aux pays d’assurer des salaires minimums plus élevés.

L’atelier a servi au lancement du rapport annuel intitulé Global Wage Debates: Politics or Economics? édité par Gregory Randolph (réseau JustJobs) et Knut Panknin (Friedrich Ebert Stiftung). Le rapport comprend deux chapitres sur des recherches financées par le CRDI. Une de ces recherches a été réalisée par l’Université normale de Beijing sur le salaire minimum en Chine et l’autre, par l’université de Sao Paulo sur l’inégalité des salaires au Brésil.

Feuilletez le rapport Global Wage Debates: Politics or Economics? (en anglais seulement) Lisez la recherche financée par le CRDI : Impact of Minimum Wage Policy in China and in Brazil (en anglais seulement)

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