Fait marquant : discussions sur les données ouvertes entamées par les parlementaires canadiens et caribéens

April 27, 2015

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Jean Lebel with MP Joe Preston

MM. Jean Lebel et Joe Preston, respectivement président du CRDI et député fédéral canadien

Les 27 et 28 avril derniers, le Centre de recherches pour le développement international a tenu, en partenariat avec la Section canadienne de l’Association parlementaire du Commonwealth, une réunion de deux jours portant sur les concepts de données ouvertes et de parlements ouverts. Ont participé à cette réunion inaugurale, organisée dans le cadre de l’initiative de jumelage Canada-Caraïbes, des parlementaires de Trinité-et-Tobago, de la Jamaïque, de la Barbade et du Canada, de même que les provinces canadiennes de l’Ontario et du Manitoba. Étaient également présents des commis des assemblées législatives ontarienne et albertaine.

L’association fait activement valoir l’idée d’un jumelage des législatures provinciales et territoriales du Canada avec leurs homologues des Caraïbes dans l’optique d’une mise en commun de pratiques exemplaires en matière de bonne gouvernance et de travail parlementaire.

L'impact positif de l'ouverture des données

Le concept de « données ouvertes » s’est imposé comme thème idéal pour cette première rencontre, étant donné le grand nombre de solutions qu’il apporte aux obstacles rencontrés par les gouvernements, les communautés et les individus du monde entier. Des données accessibles à tous, offertes dans un format facilitant la réutilisation et la redistribution, peuvent favoriser la croissance économique et catalyser l’innovation au sein des secteurs de la santé, de l’éducation et de l’agriculture, entre autres.

« Nous sommes ravis de réunir ici des experts qui examineront l’impact positif potentiel que peuvent avoir les données ouvertes sur les gens, ainsi que des décideurs qui pourront faire de cet impact positif une réalité », a déclaré M. Jean Lebel, président du CRDI, dans son discours d’ouverture. « C’est là la raison d’être du CRDI. En effet, en plus d’investir dans des solutions, nous veillons à ce que celles-ci parviennent aux populations des pays en développement qui en ont le plus besoin. »

Présentation d’exemples

Maurice McNaughton, directeur du centre d’excellence en innovation informatique à la University of the West Indies, Mona Campus, de la Jamaïque, ont présenté quelques exemples de projets de données ouvertes réalisés dans les Caraïbes. Des données gouvernementales sur 180 000 exploitations agricoles, désormais ouvertes, ont débouché sur la mise au point de différentes applications grâce au soutien du Caribbean Open Institute, un réseau appuyé par le CRDI qui fait la promotion de l’économie du savoir dans la région. Les applications en question, dont une carte interactive, fournissent une mine de renseignements commerciaux utiles aux agriculteurs, au personnel des ministères de l’Agriculture qui les conseillent, ainsi qu’aux banquiers qui évaluent les prêts à leur accorder, a expliqué M. McNaughton, l’un des fondateurs de l’Institut.

Au nombre des participants des Caraïbes figuraient Mme Carolyn Seepersad-Bachan, ministre de l’Administration publique de Trinité-et-Tobago, M. Julian Robinson, ministre d’État des Sciences, de la Technologie, de l’Énergie et de l’Exploitation minière de la Jamaïque, M. John Boyce, ministre de la Santé de la Barbade, et le DJerome Walcott, sénateur barbadien. Les participants ont présenté de nombreux exemples d’initiatives de données ouvertes mises en œuvre dans des domaines tels que l’agriculture, le tourisme, l’éducation et la santé. Les parlementaires provinciaux canadiens ont également décrit l’application des données ouvertes aux secteurs de l’approvisionnement gouvernemental, des infrastructures et des ressources naturelles, notamment sur le plan de la qualité de l’eau.

Experts et parlementaires ont insisté sur l’importance d’un changement culturel non seulement dans le milieu parlementaire, mais également au sein de la fonction publique. Puisque les données gouvernementales étaient perçues comme la propriété des ministères qui les produisaient, les représentants officiels qui avaient autrefois pour mandat de les protéger doivent dorénavant en assurer la diffusion. 

Vers des parlements ouverts

Également à l’ordre du jour : le concept de parlements ouverts, abordé lors d’une séance animée par le sénateur David Smith à l’Édifice du Centre du Parlement canadien. Une plus grande diffusion d’informations sur les activités législatives, de même qu’un nombre accru d’occasions de dialogue entre les citoyens et leur parlement, pourraient améliorer la gouvernance dans le monde entier en rendant les gouvernements plus transparents, plus responsables et plus efficaces. La sénatrice Raynell Andreychuk et le député fédéral Randy Hoback se sont joints au groupe afin de discuter des attentes de la population, de l’utilisation de la technologie pour élargir la participation et du besoin de créer de nouvelles formes de débats. Les sénateurs Smith et Andreychuk sont membres de la Section canadienne de l’Association parlementaire du Commonwealth; quant à M. Hoback, il est président de la Section canadienne de ParlAmericas.

Perspectives d’avenir

La réunion a été organisée par l’Institut sur la gouvernance, un organisme à but non lucratif comptant plus de vingt années d’expérience dans la promotion d’une meilleure compréhension et de l’adoption d’une saine gouvernance au Canada. Les parlementaires présents se sont montrés très intéressés à poursuivre la mise en œuvre du programme de jumelage entre les provinces canadiennes et les nations des Caraïbes, ainsi qu’à créer d’autres occasions d’échange sur le thème des données ouvertes.

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