Fait et chiffres sur l’alimentation et la biodiversité

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Division des communications, CRDI

Les faits sur l’agrobiodiversité

L’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime que, sur près de 250 000 variétés végétales propres à la culture, on n’en cultive aujourd’hui qu’environ 7 000, soit moins de 3 %. Le non-usage mène à l’abandon et, éventuellement, à l’extinction.

  • L’agriculture moderne est concentrée sur un petit nombre de variétés conçues pour la culture intensive, ce qui a entraîné une diminution considérable de la diversité des variétés végétales pouvant servir à la recherche et au développement. Cette tendance, de même que l’industrialisation croissante de l’agriculture, sont les principaux facteurs de ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’« érosion génétique ».
  • Les disponibilités alimentaires du globe dépendent d’environ 150 espèces végétales. L’alimentation des trois quarts de la population mondiale repose sur 12 d’entre elles, tandis que les approvisionnements alimentaires de plus de la moitié de la planète proviennent d’un petit nombre de variétés de trois « méga-cultures » : riz, blé et maïs.
  • Les plus défavorisés de la planète dépendent des végétaux pour satisfaire jusqu’à 90 % de leurs besoins – en nourriture, combustible, médicaments, abri, transport. Environ 1,4 milliard de personnes, pour la plupart des paysans pauvres, utilisent et améliorent les semences provenant de leurs propres cultures, permettant ainsi de conserver et d’accroître la diversité génétique des cultures.
  • Des millions de paysans pauvres doivent lutter ferme pour arriver à subsister sur de très petites parcelles peu productives dans des régions éloignées, montagneuses ou arides. Néanmoins, on estime qu’ils produisent jusqu’à 20 % des cultures vivrières de la planète -- et ce, sans profiter des avantages de la recherche agricole moderne.
  • La majorité des agriculteurs pauvres, où que ce soit dans le monde, sont des femmes, et les femmes produisent plus de la moitié de toutes les cultures vivrières de la planète -- et jusqu’à 80 % dans certaines régions.
Les faits sur les cultures vivrières dont nous sommes tributaires

Le blé, le riz et le maïs fournissent à la population mondiale un peu plus de 50 % de l’énergie alimentaire dérivée des végétaux. Le sorgho, le millet, les pommes de terre, les patates douces, le soja et le sucre fournissent un autre 25 %. Il est essentiel d’assurer la pérennité de la diversité génétique de ces cultures dominantes pour éviter leur exposition aux maladies qui pourraient être néfastes à la production à l’échelle mondiale.

Le blé...

  • Le blé est le grain céréalier dont la culture est la plus étendue; il occupe 17 % de toutes les terres cultivées de la planète. Le blé est l’aliment de base de 35 % de la population mondiale et fournit plus de calories et de protéines dans le régime alimentaire de la population mondiale que n’importe quelle autre espèce végétale cultivée.
  • Environ 32 % des régions à blé des pays en développement connaissent un type de stress de sécheresse pendant la saison de croissance. On entend par zone souffrant de stress de sécheresse une région où le volume d’eau disponible, principalement sous forme de pluie, est moins de 500 millimètres.
  • L’Asie compte plus de la moitié des champs de blé du monde en développement. Le blé est aussi une importante culture vivrière en Afrique orientale et australe. La consommation de blé s’est accrue dans toutes les régions de l’Afrique; 90 % de cette augmentation au cours des vingt dernières années est attribuable aux importations.
Le riz...
  • L’Asie produit et consomme environ 90 % de la production mondiale de riz. Mais le riz est aussi une culture vivrière en Amérique latine et dans les Caraïbes et une des plus importantes sources de protéines pour les plus pauvres qui forment 20 % de la population tropicale; le riz y fournit plus de protéines par personne que les haricots, le bœuf ou le lait.
  • Environ un million d’agriculteurs de l’Amérique latine et des Caraïbes sont tributaires du riz qui constitue leur principale source d’énergie, d’emploi et de revenu. Près de 80 % d’entre eux sont de petits exploitants pauvres qui cultivent des parcelles de moins de trois hectares.
  • Au cours des 30 dernières années, la demande de riz en Afrique occidentale s’est accru de 6 % par année. Entre-temps, la consommation de céréales traditionnelles -- le sorgho et le millet, principalement -- a chuté. Au cours de la même période, la proportion de riz consommé par rapport aux autres céréales est passé de 15 % à 25 %.
Le maïs...
  • L’Asie plante presque la moitié du maïs cultivé dans le monde. Les trois quarts du maïs consommé en Asie du Sud sont destinés à la consommation humaine, mais en Asie de l’Est, la majeure partie du maïs cultivé sert à l’alimentation animale.
  • Le maïs représente plus de 40 % de la production totale de céréales en Afrique subsaharienne. Les Africains cultivent le maïs presque exclusivement pour se nourrir. Ainsi, 85 % du maïs cultivé en Afrique orientale et australe sert à la consommation humaine.
  • Le maïs que l’on trouve aujourd’hui dans les régions les plus éloignées du Mexique n’est pas le même qui y était cultivé il y a des centaines d’années. Le maïs est une espèce à pollinisation libre dont les gènes se transmettent facilement à d’autres plants de maïs à proximité. Les agriculteurs savent depuis longtemps que cette caractéristique leur permet d’adapter les variétés à leurs propres besoins. Les paysans mexicains affirment que leur maïs « se fatigue ». Lorsque cela se produit, ils cherchent à obtenir d’autres variétés pour les mélanger à la variété affaiblie.
D’autres cultures...
  • Un grand nombre de « cultures sur surfaces réduites » revêtent une importance particulière pour des millions de personnes dans diverses régions du monde en développement -- pour les pauvres, notamment. Par exemple, le manioc fournit plus de la moitié de l’énergie alimentaire dérivée des végétaux des populations d’Afrique centrale.
  • Les arachides, les pois d’Angole, les lentilles, les doliques à œil noir, l’igname, les bananes et le plantain sont des aliments de base pour des millions de personnes parmi les plus pauvres du globe. Et pourtant, les chercheurs agricoles leur accordent bien peu d’attention.
  • Les espèces sauvages -- que d’aucuns qualifieraient de mauvaises herbes -- sont une importante source de vitamines, de minéraux et d’autres nutriments, en particulier dans les ménages pauvres des régions rurales des pays en développement. Elles peuvent aussi servir à l’amélioration de cultures. Par exemple, au moins sept légumes différents sont dérivés d’une seule variété de chou sauvage appelée Brassica oleracea.
Les leçons tirées de la recherche sur la biodiversité parrainée par le CRDI
 
Dans bien des pays en développement, l’agrobiodiversité est un important aspect de la culture. Au Népal, par exemple, certaines variétés de riz sont offertes en cadeau alors que d’autres sont utilisées comme médicament. Parfois, la culture d’une variété particulière est le moyen choisi pour tirer le meilleur parti des conditions locales.
  • Trop souvent, les agriculteurs et les chercheurs travaillent dans des mondes différents. Les chercheurs produisent en laboratoire des variétés hybrides qui ne réussissent que dans des conditions idéales et qui exigent une quantité précise d’eau, d’engrais et de pesticides. Pareilles conditions n’existent pas dans la majorité des exploitations agricoles, si bien qu’au lieu de n’obtenir que des résultats médiocres avec ces hybrides, les agriculteurs continuent à faire de leur mieux avec les variétés locales.
  • Dans tous les pays du monde, les femmes jouent un rôle de premier plan dans la gestion de l’agrobiodiversité. En plus de travailler aux champs, ce sont elles qui s’occupent de la transformation et de l’entreposage des céréales et d’autres cultures, et de la préparation des aliments. Et parce que ce sont elles aussi qui, dans plusieurs régions, conservent les meilleures semences pour les plantations, elles jouent un rôle tout aussi important dans la gestion des ressources phytogénétiques.
  • Les chercheurs peuvent en apprendre des agriculteurs comme les agriculteurs ont beaucoup à apprendre des chercheurs. Ainsi, les connaissances d’un agriculteur sur l’environnement et les variétés locales sont incomparables. De même, l’apprentissage des techniques complexes de la phytosélection moderne est un atout majeur.
  • L’agrobiodiversité peut être synonyme de stabilité pour les agriculteurs qui cultivent un grand nombre d’espèces végétales. Si une culture ou une variété ne donne aucun résultat, les autres espèces cultivées peuvent compenser. C’est un peu comme de détenir une assurance contre les conditions défavorables.
  • L’agrobiodiversité est une réalité bien vivante dans nombre de régions. Toutefois, on exerce sur les cultures et les systèmes de culture traditionnels des pressions croissantes. On entend par systèmes de culture, les céréales, les plantes racines, les légumineuses, les épices, les plantes fourragères et les espèces végétales comestibles « sauvages », ou non cultivées, comme les herbes et les plantes médicinales.
  • Une étude menée dans les vallées centrales de Oaxaca, au Mexique, révèle que l’aide apportée aux petits exploitants agricoles dans l’identification des variétés traditionnelles qu’ils désiraient cultiver et qui leur procuraient des semences peu coûteuses a été l’une des plus importantes contributions qu’une institution ait pu faire pour la conservation des ressources génétiques et le développement rural.
  • On peut acquérir une bonne dose de connaissances et de compétences autant par l’apprentissage par l’action que dans le cadre de projets conçus pour former.
  • L’usage de méthodes et d’outils de recherche qui peuvent être aisément adaptés aux réalités d’autres pays constitue une excellente façon de maximiser la valeur des investissements en recherches et la portée de leurs résultats.