Examen des liens entre la vulnérabilité socioéconomique, l’exclusion, l’inégalité et la violence chez les jeunes en Afrique

30 mars 2017

L’Afrique est le continent le plus « jeune » au monde — plus des deux tiers de la population sont âgés de moins de 35 ans. La hausse de la population de jeunes et la crise de chômage qui perdure démontrent clairement le besoin de placer les jeunes au centre des discussions publiques sur les politiques et des priorités en matière de développement.

Bien que les défis varient d’une région à l’autre, on craint de plus en plus que le manque d’occasions — y compris le manque d’emplois décents et la participation limitée des jeunes aux prises de décisions — nuise à la cohésion sociale et entraîne le rejet des concepts sociaux par les jeunes. Ce rejet peut se matérialiser par une participation à la violence organisée, la petite délinquance, la violence sexospécifique, la radicalisation politique et un conflit armé.

Les questions touchant les jeunes sont complexes et pluridimensionnelles. De nombreuses interventions conçues pour y répondre ne permettent pas d’atteindre les objectifs, parce que les défis ne sont pas bien compris. Pour la première fois, deux programmes du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) travailleront ensemble à un projet commun pour aborder ces questions : le programme Gouvernance et justice et le programme Emploi et croissance. Ils appuient les chercheurs qui tentent de combler les lacunes en matière d’information et de données probantes dans le cadre des interactions complexes existant entre les enjeux liés aux jeunes, à la vulnérabilité économique, à l’exclusion sociopolitique, à l’injustice et à la violence en Afrique. Une attention particulière sera accordée à la dynamique sexospécifique, particulièrement aux différentes expériences des jeunes femmes et des jeunes hommes et aux stratégies de résilience qu’ils utilisent.

En mars 2017, les équipes des programmes du CRDI ont organisé une consultation régionale multilatérale afin de cerner les principales lacunes en matière de connaissances. Ces lacunes incluent le manque d’études comparatives régionales, d’approches pluridisciplinaires et d’études qualitatives relatant des expériences individuelles. Les lacunes en matière de recherche ainsi cernées orienteront les futurs programmes du CRDI dans la région, particulièrement à l’appui de projets de recherche sur les politiques et de projets visant à modifier les normes.