Efforts de réduction des risques de contracter la rage à Bali

September 05, 2014

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Professionnels de la santé dans un centre de traitement de personnes infectées par le virus de la rage à Bali

CENTER FOR HEALTH POLICY AND SOCIAL CHANGE Professionnels de la santé dans un centre de traitement de personnes infectées par le virus de la rage à Bali, en Indonésie.

En Asie du Sud-Est, le tourisme constitue un important moteur de la croissance économique. Toutefois, l’essor de l’industrie touristique a eu des conséquences considérables sur les populations et les écosystèmes en raison de l’urbanisation rapide, d’un vaste aménagement des terres et de l’exploitation des ressources naturelles. Par ailleurs, étant donné la surcharge des systèmes de santé et le manque de moyens pour la surveillance des maladies, les sites touristiques se transforment souvent en foyers de maladies infectieuses. Des fonds du CRDI permettent à des intervenants locaux de se pencher sur la question des maladies infectieuses à Bali afin de réduire le risque d’éclosions. 

L’essor du tourisme associé aux éclosions de maladies infectieuses

Avec plus de 3,2 millions de visiteurs en 2013 seulement, Bali est la destination touristique privilégiée en Indonésie. Cet état de fait s’est traduit par une expansion urbaine rapide et pèse maintenant lourd sur les infrastructures de santé et d’assainissement. En outre, le secteur médical, le secteur vétérinaire et le secteur de la lutte contre les maladies opèrent indépendamment les uns des autres, ce qui vient aggraver la situation. Le résultat : les maladies infectieuses telles que la dengue, la grippe aviaire et la rage sont souvent passées entre les mailles du filet des systèmes de surveillance des maladies et de lutte contre les maladies. Alors que le tourisme continue de se développer, les autorités craignent de plus en plus les éclosions de maladie.

La rage, qui se transmet aux humains par la morsure d’un animal infecté, suscite des préoccupations toutes particulières. Jusqu’à récemment, Bali était exempte de rage. Un premier cas de chien atteint de la rage a cependant été signalé en 2008. La maladie s’est ensuite rapidement propagée dans l’île : des milliers de chiens ont été contaminés et le nombre de cas signalés chez les humains n’a cessé d’augmenter chaque année. En collaboration avec les autorités municipales et provinciales, les chercheurs financés par le CRDI s’attaquent au problème de la propagation de la rage et d’autres maladies infectieuses émergentes.  

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communication entre les travailleurs de la santé est essentielle

Au cours des trois dernières années, les chercheurs se sont employés à combler les lacunes en matière de surveillance des maladies et de lutte contre les maladies à Bali. Ils ont examiné et analysé les mécanismes de signalement, ainsi que les données relatives à la surveillance de la rage dans trois villages de la ville de Denpasar. L’équipe a constaté un manque de communication entre les responsables de la lutte contre la rage, les autorités vétérinaires et les centres de santé locaux. Les responsables de la lutte contre la rage enregistraient un nombre élevé de cas de personnes mordues par un animal, mais ils ne communiquaient pas ces chiffres aux travailleurs du secteur vétérinaire et aux professionnels de la santé. Le manque de communication entre ces intervenants entravait les efforts visant à rompre le cycle de la transmission de la rage et retardait la gestion et le traitement efficaces des morsures. 

Une solution simple aux nombreux avantages

En partenariat avec les autorités municipales et provinciales, l’équipe de recherche a mis au point un programme de surveillance intégrée qui exige que les autorités médicales, vétérinaires et de la santé publique collaborent en ce qui a trait à la surveillance des maladies et à la lutte contre les maladies. Lors de leurs visites dans la collectivité, les travailleurs en santé communautaire s’intéressent désormais aux morsures d’animaux et aux oiseaux morts en plus de recenser les cas de dengue présumés. 

Les travailleurs en santé communautaire se sont également investis dans une campagne de santé publique pour sensibiliser la population aux risques de propagation des maladies infectieuses dans la ville et ont été formés pour encourager les résidents à se rendre dans les établissements de santé dans le cadre d’un programme d’alerte et d’intervention précoces pour la dengue, la rage et la grippe aviaire. Cette simple intervention a connu un tel succès qu’elle est maintenant réalisée dans l’ensemble de la ville de Denpasar.

Ce projet à Bali est l’un des six projets financés par le CRDI qui examinent les causes de l’émergence et de la transmission des maladies infectieuses dans les sites touristiques au Cambodge, en Indonésie, au Laos, aux Philippines, en Thaïlande et au Vietnam. Ces projets s’inscrivent dans l’Initiative de recherche en écosanté sur les maladies infectieuses émergentes (éco-MIE) du CRDI.

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Photo de droite : Center for Health Policy and Social Change
Les responsables de la lutte contre la rage, les autorités vétérinaires et les centres de santé locaux travaillent ensemble pour rompre le cycle de transmission de la rage.