Économiser l’eau en choisissant les bonnes cultures en Tunisie

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Une famille d'agriculteurs en Tunisie

Une famille d'agriculteurs en Tunisie

La Tunisie est un pays aux ressources limitées en eau. Bien que l’agriculture ait toujours joué un rôle important dans le développement social et économique du pays, les petits agriculteurs de la Tunisie font face à de plus grands défis en raison des pénuries d’eau.

Avec le soutien du CRDI, des chercheurs tunisiens ont passé trois ans à examiner le secteur agricole de leur pays. Dirigés par Abdallah Benalaya, directeur de l’École supérieure d’agriculture de Mograne, ils ont trouvé des solutions pouvant favoriser la sécurité alimentaire de la population locale et améliorer la balance commerciale du pays sans drainer ses ressources limitées en eau.

Le projet a misé sur une approche novatrice consistant à calculer la quantité d’eau requise pour faire pousser divers types de cultures un peu partout au pays, tout en indiquant si la source est renouvelable (eau de pluie) ou limitée (eau d’irrigation). En effet, lorsqu’un pays exporte un produit agricole, il exporte aussi la valeur de l’eau utilisée dans le cadre de sa production, et vice versa.

Exporter plus de fruits et moins de céréales

Les olives, les dattes, les tomates, les citrons et les melons d’eau sont les cinq principales cultures de la Tunisie. Après avoir sondé 784 fermiers au pays afin de connaître la quantité d’eau dont ils ont besoin pour produire ces cultures, les chercheurs ont conclu que la dépendance à l’égard de l’exportation de dattes pourrait avoir des conséquences environnementales négatives. Contrairement à d’autres cultures exportées, les plantations de dattes nécessitent beaucoup plus d’eau d’irrigation, une ressource limitée.

D’un autre côté, les recherches ont montré que la quantité d’eau importée par la Tunisie sous forme de grains et de pommes de terre est beaucoup plus importante que la quantité d’eau exportée. Ainsi, la Tunisie bénéficie d’un avantage comparatif en exportant des produits agricoles qui consomment moins d’eau (p. ex., citrons, poivrons et tomates) et en important des produits qui requièrent de grandes quantités d’eau (p. ex., céréales et grains), afin de préserver ses ressources nationales en eau.

Cultiver davantage de légumes pour accroître les revenus des agriculteurs

Une autre constatation importante du projet concerne les avantages de cultiver plus de légumes, particulièrement dans les régions semi-arides. En plus de consommer peu d’eau, les cultures de légumes nécessitent généralement de nombreux travailleurs, ce qui peut augmenter les revenus tirés de l’agriculture, particulièrement chez les femmes et les enfants, tout en assurant la sécurité alimentaire de la population locale.

La recherche a souligné la nécessité pour les politiques agricoles de la Tunisie de tenir compte de la consommation d’aliments locaux et de la sécurité alimentaire, et du fait qu’une production axée sur l’exportation peut générer des revenus monétaires plus élevés pour les agriculteurs. Pour trouver l’équilibre en matière de ressources en eau, de commerce et de sécurité alimentaire, il est essentiel de réorienter la production agricole vers des cultures peu gourmandes en eau dont la valeur équivaut au moins au coût réel de production.

Pour en savoir plus :

Eau virtuelle et sécurité alimentaire en Tunisie – Un projet sur trois ans financé par le CRDI

Résultat(s)

Virtual water and food security in Tunisian semi-arid region
Eau Virtuelle et Sécurité Alimentaire en Tunisie : du Constat à l'Appui au Développement (EVSAT-CAD); rapport technique final (février à juillet 2015)