Des variétés résistantes de bambou et de rotin au coeur d'un renouveau environnemental

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Division des communications, CRDI
DES EFFETS DURABLES
En Asie, en Afrique et en Amérique latine, des initiatives de premier plan axées sur le bambou et le rotin permettent de contrer le réchauffement de la planète, d’enrayer l’érosion des sols, de protéger les forêts et d’améliorer l’accès des collectivités à l’eau.
 
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Extrants de recherche relatifs au bambou et au rotin
 
Le programme Changements climatiques et eau
Ce programme vise à aider les populations les plus vulnérables de la planète à s’adapter aux répercussions que les changements climatiques ont sur l’eau

Lorsque le CRDI a commencé à appuyer des recherches d’avant-garde sur ces plantes en 1979, on ignorait à peu près tout de leurs avantages sur le plan de l’environnement. Mais la situation évolue grâce aux travaux menés par le Réseau international sur le bambou et le rotin (INBAR), créé par le CRDI au début des années 1990 dans la foulée de recherches qu’il avait subventionnées.

 

À Allahabad, en Inde, la culture du bambou a permis de rétablir la fertilité des sols dégradés par l’extraction de l’argile nécessaire à la fabrication de briques, de sorte que les agriculteurs peuvent à nouveau cultiver ces terres. Ce projet, lauréat en 2007 du Prix Alcan pour la durabilité, a aussi permis de hausser de sept mètres le niveau de la nappe phréatique sur une période de cinq ans.

 

Dans la province du Guizhou, en Chine, une nouvelle plantation de bambou a réduit de 75 % l’érosion des sols dans une région montagneuse tout en rétablissant la fertilité de terres agricoles et forestières dégradées. Par ailleurs, la fabrication de charbon de bois à partir de bambou durable en Inde, en Tanzanie, au Ghana, en Éthiopie, au Mozambique et dans les Philippines a empêché le déboisement qu’occasionne l’abattage des arbres pour en faire du combustible.

 

De nouvelles techniques de construction faisant appel au bambou, mises au point en Amérique latine et adoptées depuis en Ouganda et au Kenya, ont elles aussi réduit la dépendance à l’égard de forêts menacées tout en évitant le recours au béton, un important producteur de dioxyde de carbone. Les recherches se poursuivent sur le captage, par des plantations de bambou et de rotin, du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère.

Un réseau établi à Beijing

Les tout premiers ateliers internationaux sur le bambou et le rotin, qui ont eu lieu au bureau du CRDI à Singapour, en 1979 et 1980, ont donné naissance au Réseau international de recherche sur le bambou et le rotin, précurseur de l’INBAR. Hébergé au départ par le CRDI, l’INBAR est devenu en 1997 un organisme indépendant — et aussi le premier organisme de recherche international à s’établir à Beijing. Le CRDI subventionne depuis les travaux de l’INBAR.

Dès le départ, les chercheurs ont pris conscience des possibilités exceptionnelles, sur le plan de l’environnement, offertes par ces cultures asiatiques traditionnelles qui, comme l’explique le directeur général de l’INBAR, Coosje Hoogendoorn, sont en fait un palmier (le rotin) et un type d’herbe haute (le bambou); tout comme l’herbe, on peut couper le bambou, et il repousse rapidement.

 

Ce sont ces propriétés apparentées à celles de l’herbe qui permettent au bambou de favoriser le rétablissement du milieu. Le bambou possède des racines qui demeurent dans le sol une fois les tiges coupées. Ces racines résistantes peuvent empêcher l’érosion des sols, amender le sol et tirer l’eau plus près de la surface dans les régions où la nappe phréatique est basse. De plus, les plants de bambou absorbent au moins autant de dioxyde de carbone que les arbres, agissant ainsi comme un tampon renouvelable contre le réchauffement de la planète.

 

Le bambou, source de revenus

 

L’utilisation du bambou et du rotin comme point de départ de diverses pratiques de « développement durable » est une autre dimension de la démarche actuelle de l’INBAR, qui a vu le jour au sein du CRDI. Le développement durable signifie essentiellement le renforcement mutuel des avantages économiques et de la gérance de l’environnement. Ainsi, le programme de recherche sur le bambou et le rotin — qui offrent de nombreuses possibilités sur le plan économique — s’est concentré en grande partie sur la recherche de moyens permettant aux collectivités pauvres de valoriser les matières premières en créant des produits finis. Cette façon de faire permet de conserver des emplois et des revenus au sein des collectivités.

 

Ainsi, des femmes de l’État du Tripura, en Inde, façonnaient des tiges de bambou brut que l’on expédiait ailleurs en vue de leur transformation en bâtons d’encens. Aujourd’hui, grâce à un projet de l’INBAR que finance le CRDI, ces femmes ont pris en charge le roulage, le parfumage, l’emballage et même la commercialisation des bâtons.

 

Selon M. Hoogendoorn, ces femmes, auparavant pratiquement sans revenu, ont pu obtenir une rémunération raisonnable qui les aide à subvenir aux besoins de leur famille, ce qui les a incitées encore plus à utiliser des matériaux écologiques — une formule avantageuse sur tous les plans, car elle allie la réussite économique à l’amélioration de l’environnement.