Des chercheurs d’Afrique du Sud s’attaquent à la question de la demande d'eau dans le contexte des changements climatiques

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Pomme Arros

Des chercheurs de trois universités d’Afrique du Sud soit l’University of the Free State, l’University of Cape Town et l’University of KwaZulu-Natal  s’appliquent à mettre au point une nouvelle approche visant à mieux éclairer les politiques en matière d’eau et la gestion de l’eau dans la province du Cap-Occidental. Leur modèle sans pareil s’inspire des priorités établies en matière de climat, d’eau, d’économie et de développement local en vue de favoriser la viabilité à long terme dans la région. L’équipe de recherche a bénéficié du soutien du programme Adaptation aux changements climatiques en Afrique, une initiative conjointe du CRDI et du Department for International Development (DFID).

La concurrence pour l’eau

Le Cap-Occidental est l’une des régions les plus rentables et productives sur le plan de l’agriculture en Afrique du Sud. Elle compte pour environ 15 % de l’économie nationale. Quant au tourisme, il apporte non seulement une contribution importante à l’économie provinciale, mais a également entraîné un boom de la construction. L’arrivée d’un nombre grandissant de personnes en quête d’un emploi n’est pas étrangère à la croissance rapide de la population urbaine du Cap.

Cependant, la demande d’eau à des fins d’irrigation fait directement concurrence à la demande accrue d’eau émanant d’une population urbaine en plein essor. Une telle rivalité pour l’eau pose un problème délicat, puisque le secteur agricole et celui des services urbains soutiennent tous deux les moyens de subsistance en plus de contribuer à l’économie locale.

Les complications apportées par les changements climatiques

La variabilité du climat local attribuable aux changements climatiques accroît les pressions exercées sur les sources d’approvisionnement en eau existantes. Alors que les températures hivernales plus élevées nuisent déjà aux cultures, selon les prévisions, on assistera également à une diminution des précipitations pendant l’hiver, ce qui aura pour effet d’intensifier la concurrence actuelle pour l’eau.

Des lacunes au chapitre des connaissances

Les travaux de recherche réalisés dans le cadre du projet Gestion des risques climatiques pour la planification de l’agriculture et de l’accès aux ressources hydriques en Afrique du Sud ont été justifiés par la nécessité de se doter de modèles intégrés tenant compte des répercussions des changements climatiques sur l’utilisation de l’eau à l’échelle de la région et sur l’économie régionale. Ces travaux ont révélé un manque d’approches intégrées influant sur les décisions touchant l’adaptation aux changements climatiques en Afrique. Dans ces conditions, les renseignements utiles émanant des prévisions sur les changements climatiques ne sont pas communiqués aux gestionnaires des ressources hydriques qui exercent une influence sur l’élaboration des politiques en matière d’eau.

L’adoption d’un modèle pour favoriser le changement

Le modèle mis au point par l’équipe de recherche permet aux responsables des politiques de prendre des décisions éclairées en matière d’adaptation en s’appuyant sur une combinaison de modèles régionaux de changements climatiques qui mesurent l’impact de ces derniers sur les niveaux de l’eau, les systèmes de production agricole, l’infrastructure et l’utilisation de l’eau en milieu urbain. Il facilite en outre le calcul des coûts et des avantages des stratégies d’adaptation.

L’influence sur les politiques et l’avenir de l’eau en Afrique

La recherche aidera les responsables des politiques à déterminer la meilleure façon de gérer simultanément l’eau, les changements climatiques et l’économie. Les résultats de la recherche, qu’on a d’ailleurs déjà communiqués aux décideurs du ministère de l’Agriculture, des Forêts et des Pêches de l’Afrique du Sud, devraient renforcer les capacités des gestionnaires des ressources hydriques, du milieu universitaire et du grand public en ce qui a trait aux changements climatiques, à la variabilité du climat, à la vulnérabilité et aux stratégies d’adaptation possibles. 

Ce modèle a été mis au point dans le cadre du projet Gestion des risques climatiques pour la planification de l’agriculture et de l’accès aux ressources hydriques en Afrique du Sud, qui bénéficie du soutien du programme Adaptation aux changements climatiques en Afrique (ACCA) par la recherche et le renforcement des capacités. Lancé en 2006, le programme ACCA est une initiative conjointe du Centre de recherches pour le développement international (CRDI), du Canada, et du Department for International Development (DFID), du Royaume-Uni.

Photo : la fruiticulture et la viniculture constituent un secteur important de l’économie agricole en Afrique du Sud.