D'éminents spécialistes mettent leur savoir-faire en commun

Division des communications, CRDI
Réunis grâce à l’Initiative internationale des chaires de recherche, d’éminents spécialistes mettent leur savoir-faire en commun afin de relever quelques-uns des plus grands défis auxquels doit faire face la planète dans les domaines de l’environnement, de la santé et des technologies tout en faisant office de mentors auprès d’une nouvelle génération de chercheurs et de praticiens.


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Fonds d’encouragement

Alpina Begossi

, de l’Universidade Estadual de Campinas, au Brésil, et Fikret Berkes, de l’Université du Manitoba, sont à la recherche de façons dont la cogestion des ressources naturelles pourrait permettre de faire en sorte que la sécurité alimentaire soit moins en péril dans la collectivité côtière de Paraty, dans l’État de Rio de Janeiro, au Brésil, où les pêcheurs sont aux prises avec la baisse des stocks de poisson. Le projet consistera à étudier le milieu ambiant et le régime alimentaire des familles de pêcheurs et à mettre en oeuvre un plan communautaire visant la gestion adaptative des ressources et la diversification des sources de revenus des pêcheurs. 

Adalto Bianchini, de l’Universidade Federal do Rio Grande, au Brésil, collabore avec Christopher Wood, de l’Université McMaster, afin de résoudre les problèmes de pollution qui sévissent dans deux zones côtières du Brésil. La diversité des activités qui y sont pratiquées (par exemple, elles abritent à la fois une base militaire, un port et des aires protégées en plus d’être des secteurs d’activité industrielle, de pêche, d’aquaculture, etc.) aggrave la pollution qui menace la vie marine. Les chercheurs compareront ces régions à des endroits semblables au Canada et ils se pencheront sur la réglementation et de nouvelles stratégies de gestion en matière d’exploitation des ressources.

Yiming Shao, du National Center for AIDS/STD Control and Prevention, en Chine, et Jianhong Wu, de l’Université York, entreprennent de créer des modèles mathématiques permettant de prévoir la propagation de l’infection au VIH en Chine. Pour être en mesure de lutter efficacement contre les maladies, il importe d’en comprendre les schèmes de transmission. La Chine dispose d’une vaste base de données sur les maladies infectieuses et de grandes compétences dans les domaines cruciaux que sont la biostatistique, l’épidémiologie, la virologie et l’immunologie. Grâce à son approche pluridisciplinaire, ce projet pourra mettre à profit les connaissances propres à chacun de ces domaines.

Xiaoyan Zhu, de l’Université Tsinghua, en Chine, et Ming Li, de l’Université de Waterloo, s’emploient à faire profiter un plus grand nombre de Chinois des moteurs de recherche Internet. Les bienfaits d’Internet sont en effet limités en Chine, car 1,3 milliard de personnes ne lisent pas l’anglais, et seulement 163 millions utilisent un ordinateur. Ming Li explique que la solution consiste à accroître les fonctions des moteurs de recherche. Les chercheurs s’appliquent donc à mettre au point un moteur capable de fournir des réponses concises à des questions concises et de les traduire de l’anglais au chinois. Sous cette forme, les réponses seront facilement transmissibles à des téléphones mobiles… et 580 millions de Chinois en possèdent un.

Anna Lartey, de l’Université du Ghana, et Grace Marquis, de l’Université McGill, s’attaquent à deux grandes priorités au Ghana : améliorer l’état nutritionnel des enfants au sein des ménages touchés par le VIH et renverser la tendance en matière d’obésité infantile croissante dans les zones urbaines, où les enfants s’adonnent de plus en plus à la malbouffe et ne font pas assez d’exercice. Anna Lartey est convaincue que la recherche de façons de renverser la vapeur en matière de malnutrition passe par l’examen des efforts déployés dans d’autres domaines, notamment celui de la lutte contre le VIH/sida.

Elle explique que le cas du VIH a connu de belles réussites dont on peut tirer des leçons : le monde a réussi à s’entendre et a rapidement mobilisé des ressources; la prévention est devenue un aspect fondamental; on a adopté une démarche pluridisciplinaire par laquelle des experts de différents domaines travaillent ensemble à trouver des solutions. Donc, selon elle, il y aurait lieu de s’inspirer de cette expérience et de chercher à adopter un modèle semblable pour solutionner des problèmes comme la malnutrition.

Ranjan Mallik, de l’Indian Institute of Technology Delhi, en Inde, et Robert Schober, de l’Université de la Colombie-Britannique, sont à la recherche d’idées novatrices afin d’améliorer les technologies de communication sans fil. L’essor du secteur des communications sans fil représente une force motrice de l’économie, tant en Inde qu’au Canada, mais cette croissance ne pourra être soutenue sans des innovations qui procèdent d’une perspective à long terme. Ranjan Mallik est d’avis que le secteur doit améliorer la rapidité et la fiabilité des produits tout en en réduisant la complexité et le coût, ce qui exige parfois des compromis. La formation de spécialistes est un volet prioritaire du projet.

Rachid Hakkou, de l’Université Cadi Ayyad, au Maroc, et Mostafa Benzaazoua, de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, s’attaquent au problème des rejets miniers à plusieurs endroits au Maroc. Le projet vise ultimement à améliorer la santé des populations vivant à proximité des mines (en exploitation ou abandonnées) grâce à la mise au point de technologies et au renforcement des capacités. Les chercheurs souhaitent créer un centre de technologie avancée de gestion des rejets miniers qui permettrait d’étudier les effets de ces rejets. La formation de personnel est également un volet essentiel du projet.

Nelson Sewankambo, de l’Université Makerere, en Ouganda, et John Lavis, de l’Université McMaster, s’affairent, dans 11 pays d’Afrique, à cerner des moyens de faire en sorte que les politiques de santé soient fondées sur des données probantes issues de la recherche. En effet, il y a souvent peu de concordance entre les interventions que les chercheurs savent être efficaces et les priorités énoncées dans les politiques de santé nationales. Selon Nelson Sewankambo, beaucoup d’interventions ont fait leurs preuves de par le monde; le hic, c’est que bien souvent, elles ne sont pas appliquées auprès des populations qui en ont le plus besoin. S’ils parviennent à contribuer à un meilleur accès à ce type d’interventions, les chercheurs estimeront que leur projet aura apporté une contribution importante.

Nelson Sewankambo reconnaît toutefois qu’il ne sera pas facile de faire tomber les cloisons qui se dressent entre les chercheurs et les responsables des politiques. Or, il faut mettre fin à ce cloisonnement si l’on veut espérer réussir. Parvenir à modifier la culture afin d’amener les gens à travailler ensemble représente tout un défi.