Débats d'experts sur la réaction des femmes à la crise économique mondiale et sur l’accès des femmes à la terre

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Caroline Robert
Pour souligner la Journée internationale de la femme, le CRDI a organisé, à son siège à Ottawa, deux débats d’experts le 9 mars. Cette demi-journée s’est déroulée sous la houlette de deux programmes du CRDI, Droits des femmes et participation citoyenne (DFPC) et Pauvreté rurale et environnement (PRE), de même que de son Association du personnel. Plus de 200 personnes ont assisté à ces discussions publiques portant sur la vulnérabilité économique des femmes en cette période de crise économique mondiale et sur le droit et l’accès des femmes à la terre en Afrique.  
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Margaret Biggs, présidente de l’Agence canadienne de développement international et membre du Conseil des gouverneurs du CRDI

Dans la foulée de la participation du CRDI à la 54e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, les séances ont offert à des partenaires du CRDI l’occasion de présenter leurs constatations de recherche et des recommandations en matière de politiques ayant un lien avec le thème de la Journée internationale de la femme de cette année, égalité des droits, égalité des chances : progrès pour tous.  

Margaret Biggs, présidente de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et membre du Conseil des gouverneurs du CRDI, a prononcé le mot de bienvenue. Elle a souligné que depuis l’adoption de la Déclaration de Beijing, en 1995, des progrès importants ont été accomplis en matière d’égalité entre les sexes dans les pays en développement, et plus particulièrement dans le domaine de l’éducation; plus de filles que jamais fréquentent l’école. Elle a toutefois précisé qu’il y avait encore du pain sur la planche et a mentionné le fait que l’ACDI et le CRDI collaborent depuis fort longtemps à allier recherche rigoureuse et résultats en matière de développement en vue d’améliorer la qualité de vie des femmes et des filles.  

 
De la crise économique à l’égalité
 
Les expertes invitées Devaki Jain et Diane Elson ont traité des répercussions de l’actuelle crise économique mondiale sur les femmes des pays en développement, et présenté le programme économique en sept points de Casablanca Dream destiné à aider les femmes à se sortir de la pauvreté. Casablanca Dream est un groupe informel de théoriciennes, militantes et universitaires de pays en développement qui travaillent à l’autonomisation des femmes.  
 
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Ritu Verma, directrice d’Out of the Box Research and Action, en Afrique du Sud

Diane Elson a affirmé que du point de vue de Casablanca Dream, une croissance qui monte progressivement est préférable à une croissance dont on ressent les retombées par effet de ruissellement. Devaki Jain a précisé que pour que cette croissance ait lieu, il fallait non plus se concentrer sur la gestion des crises, mais bien sur la transformation du mandat des organisations internationales. Elle estime qu’il existe un besoin criant de reformuler le programme féministe en matière de développement. Elle a lancé l’idée de créer une commission ou un groupe de réflexion mondial formé(e) de femmes qui serait chargé(e) d’élaborer un programme de développement solide qui réponde aux besoins des femmes des pays en développement.  

Les droits des filles   

 
Rawwida Baksh, chef du programme DFPC, a animé le premier débat d’experts. Elle a mentionné qu’il était important de prendre en compte les droits des filles autant que ceux des femmes. Lorsque l’on parle des droits des femmes, on a tendance à supposer qu’on inclut également les droits des filles, alors que bien souvent ce n’est pas le cas, a-t-elle précisé.  
 
Sarah Hendriks, conseillère mondiale, égalité entre les sexes, à Plan International, a traité des répercussions de la crise financière mondiale sur les possibilités offertes aux filles et aux jeunes femmes. Elle s’est fondée sur les éléments clés du rapport de Plan International intitulé Parce que je suis une fille pour mettre en lumière toute l’importance d’investir dans les débouchés économiques et l’éducation des filles, afin qu’elles disposent des compétences voulues pour participer à l’économie mondiale, à savoir des compétences en affaires, des connaissances pratiques et une instruction fondée sur les technologies. Elle a également fait valoir qu’il est nécessaire que les filles et les jeunes femmes aient davantage accès aux terres et aux biens et davantage le contrôle de ces éléments d’actif, car ces derniers pourraient les aider à s’en tirer en cas de choc économique et éventuellement leur permettre d’avoir accès au crédit et ainsi de pouvoir investir dans de petites entreprises.

L’accès à la terre : un terrain miné pour les femmes ?
  
 
Le deuxième débat d’experts a porté sur l’accès des femmes à la terre dans les pays en développement. Fatou Diop, chercheure à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, au Sénégal, a traité de différents éléments – dont la culture et la religion – qui entravent l’accès des femmes à la terre.  
 
Ritu Verma, directrice d’Out of the Box Research and Action, en Afrique du Sud, où elle est aussi chercheure principale, a expliqué pourquoi la terre est plus qu’une ressource. Elle a également une valeur sociale, culturelle, spirituelle et politique. Alors que Mme Verma effectuait de la recherche sur le terrain au Kenya, une agricultrice lui a dit : « Ne savez-vous pas que sans terre, on n’est rien ? »  
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Le nouvel ouvrage Land Tenure, Gender, and Globalization, coédité par le CRDI et Zubaan Books, a été lancé au cours de cette séance. Les effets que les changements en matière d’utilisation des terres et de régime foncier, conjugués à la mondialisation, ont sur les femmes des régions rurales est un thème central du livre. Dzodzi Tsikata, chercheure principale à l’Institute of Statistical, Social and Economic Research de l’Université du Ghana, et l’une des directrices de la publication, a présenté les résultats de recherche clés contenus dans ce livre.
 
Caroline Robert est une stagiaire à la Division des communications du CRDI.