Computers for Schools Kenya se classe au premier rang

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Kelly Haggart
Cinq ans après avoir remis en service ses premiers ordinateurs recyclés et leur avoir trouvé un nouveau nid, l’organisation non gouvernementale Computers for Schools Kenya (CFSK) s’est mérité un prix convoité à l’échelle de l’Afrique pour son travail.

En novembre 2007, lors de la remise annuelle des African ICT Achievers Awards saluant les réalisations dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) en Afrique, CFSK s’est mérité le prix dans la catégorie des meilleurs organismes de la société civile ayant pour mission de combler le fossé numérique sur le continent africain. La remise des prix a eu lieu à Johannesburg à l’occasion d’un gala télévisé.

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Vidéo de Computers for Schools Kenya (en anglais uniquement)     

Partie I 
Partie II

Son directeur exécutif, M. Tom Musili, a lancé les activités de CFSK vers la fin de 2002 avec le soutien d’un organisme canadien, le Centre de recherches pour le développement international. Pour créer ce programme novateur, M. Musili a pris pour modèle un programme du gouvernement du Canada, Des ordinateurs pour les écoles, également primé, qui, depuis 1993, remet à neuf des ordinateurs destinés aux écoles et aux bibliothèques du Canada.

M. Musili a souligné que le Kenya se doit de former ses citoyens en fonction des exigences du marché du travail et d’être en mesure de faire face à la concurrence à l’échelle internationale. Il est d’avis qu’il est très important de faire pour son pays ce que le programme Des ordinateurs pour les écoles permet de faire pour le Canada.

Le programme canadien Des ordinateurs pour les écoles a inspiré la création d’initiatives semblables dans plusieurs pays de l’Amérique du Sud, mais le Kenya est le premier pays africain à en avoir reproduit le principe. M. Musili et ses collègues ont transmis leur savoir-faire à des groupes qui souhaitent mettre sur pied des projets semblables ailleurs en Afrique, notamment en Tanzanie, en Ouganda, en Sierra Leone et dans le sud du Soudan.

Une difficulté à surmonter : l’absence d’électricité

CFSK a fait beaucoup de chemin depuis la livraison de son premier lot de 200 ordinateurs en mars 2003 : près de 15 000 ordinateurs ont été installés dans plus de 500 écoles, centres communautaires et instituts de formation, même dans des coins très reculés et peu peuplés du nord du Kenya, une région semi-désertique.

Les difficultés à surmonter ont été considérables. Le Kenya compte presque 20 000 écoles primaires, mais seulement 3 000 sont alimentées en électricité, et seulement 500 - soit une sur 40 - sont munies d’au moins un ordinateur.

Les deux tiers des 4 000 écoles secondaires du pays ont pour leur part accès à l’électricité. Cependant, seulement 750 de ces écoles – soit moins d’une sur cinq – comptent ne serait-ce qu’un seul ordinateur.

Il arrive souvent que CFSK doive faire davantage que remettre à neuf les ordinateurs. M. Musili explique que CFSK travaille en partenariat avec des entreprises locales, qui fournissent des génératrices là où il n’y a pas d’électricité.

CFSK, qui a sept centres régionaux dispersés dans le pays outre son siège à Nairobi, a conclu de nombreux partenariats à l’échelle locale dans le but de remplir sa mission. Divers alliés stratégiques siègent à son conseil d’administration, dont les dirigeants de plusieurs importantes entreprises locales.

Formation

Les principales activités de CFSK sont l’approvisionnement en ordinateurs, leur installation et leur entretien. Cependant, ces activités ont pris de l’ampleur à tel point que CFSK offre maintenant bien plus qu’un simple programme de recyclage et constitue désormais un élément essentiel des efforts du Kenya visant à renforcer les capacités en matière de TIC et à établir une société axée sur le savoir.

Une pénurie de compétences techniques peut entraîner l’échec d’un projet de TIC, en raison du délabrement de l’équipement. En intégrant au réseau scolaire son programme de remise à neuf des ordinateurs, CFSK apporte une solution à ce problème tout en permettant aux futurs diplômés de niveau secondaire d’acquérir des compétences en informatique. Une expérience pratique pouvant déboucher sur un emploi constitue un atout dans un pays où le taux de chômage s’élève à 40 %.

M. Musili précise que les jeunes gens accomplissent les tâches de nature technique tout en étant formés à la réparation des ordinateurs. Il est d’avis que cet aspect du travail de CFSK est aussi emballant que valable et que la leçon à tirer des TIC peut être exprimée comme suit : rendre autonomes les citoyens, en particulier les jeunes.

CFSK a également contribué à l’élaboration d’un cours dans le domaine des TIC afin de permettre aux élèves d’acquérir, à titre d’utilisateurs, des compétences de haut niveau. Les écoles secondaires qui reçoivent des ordinateurs de CFSK doivent maintenant offrir ce cours et le confier à un enseignant qualifié. Naturellement, CFSK contribue à la formation de cet enseignant.

Politique de récupération

Plus de 90 % des ordinateurs qui ont été donnés à CFSK proviennent de l’étranger, la plupart étant expédiés par des organismes partenaires en Europe. Kenya Airways en fait le transport gratuitement si elle dispose de l’espace suffisant.

Lorsque les ordinateurs de CFSK ont atteint le terme de leur durée de vie utile, ils sont envoyés à Nairobi pour y être démantelés, et les métaux et le plastique ainsi récupérés sont vendus à des entreprises de recyclage locales. M. Musili affirme que CFSK prend très au sérieux la gestion des déchets électroniques, précisant d’ailleurs que l’organisme n’envoie absolument rien aux dépotoirs du Kenya.

CFSK a également découvert une utilisation originale pour les écrans d’ordinateur qui ne servent plus. En en faisant des téléviseurs, CFSK peut les mettre en vente à bas prix, et ils s’avèrent très populaires sur le marché local. Ils sont offerts à 100 USD (un téléviseur neuf coûte au moins 250 USD) et sont assortis d’une garantie d’un an.

M. Musili explique que tant les écoles que les personnes qui pensaient ne jamais pouvoir posséder un téléviseur peuvent maintenant en avoir un. Il espère que cette source de revenu pourra un jour aider CFSK à devenir financièrement autonome.

Selon M. Musili, CFSK veut maintenant réduire sa dépendance envers les bailleurs de fonds et assurer son autonomie. Il est d’avis que la clé réside dans l’innovation.

Kelly Haggart est rédactrice principale au CRDI.