Comment rendre les villes plus sûres

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une groupe d'étudiantes

Karin Schermbrucker / UN Women

MISE À JOUR | VILLES SÛRES ET INCLUSIVES

Dans un contexte d’urbanisation galopante et de croissance des inégalités, les villes du monde entier luttent pour améliorer la sécurité et les conditions de vie de leurs habitants. Il faut absolument comprendre les déclencheurs de la violence urbaine pour trouver des solutions.

À mi-chemin d’un programme quinquennal de recherche, les experts qui travaillent à l’initiative Villes sûres et inclusives font la lumière sur ce qui fonctionne – et ne fonctionne pas – pour rendre les villes plus sûres. Le présent compte rendu présente certains enseignements tirés de leur travail, ainsi que les lacunes dans les connaissances et les domaines où il faut poursuivre la recherche.

Révéler les déclencheurs de la violence urbaine

Dans le contexte de la pauvreté et des inégalités, la recherche indique déjà un ensemble de facteurs qui contribuent à la croissance de la violence urbaine. À mesure qu’ils comprennent mieux la dynamique qui suscite la criminalité ou les conflits communautaires, les chercheurs proposent des gestes concrets pour aider à prévenir ou à réduire la violence.

L’éclatement de la famille et de la collectivité est lié au chômage

Des solutions possibles ? Créer des opportunités de travail décent et de salaire décent afin que les familles puissent mieux s’occuper de leurs enfants et renforcer les liens avec la collectivité.

Un programme de réduction de la pauvreté en Afrique du Sud montre un fort potentiel de réduction de la violence urbaine, même s’il s’agissait d’abord d’un filet social plutôt que d’une stratégie de prévention de la criminalité. Le Community Work Programme (CWP) fournit du travail – et un salaire – à ses participants qui sont majoritairement des femmes, ce qui leur permet de mieux s’occuper de leur famille. Les chercheurs constatent que ce programme contribue par ailleurs à freiner la violence pour une multitude de raisons. En réduisant le stress économique sur les familles, les salaires versés par le CWP pourraient en outre atténuer le stress affectif des parents et leur permettent de mieux s’occuper de leurs enfants. C’est encore plus efficace quand les mères peuvent vivre et travailler dans la même localité et, conséquemment, mieux surveiller leurs enfants. Le CWP permet aux localités d’exprimer leurs propres priorités quant au travail que permet de réaliser le programme. Au nombre de ces priorités, mentionnons l’amélioration des conditions sociales et économiques, l’organisation d’activités de prévention de la violence comme des marches contre la criminalité et des patrouilles de sécurité. Le ministère responsable du CWP a accepté les conclusions et collabore avec les chercheurs à promouvoir et appliquer ces approches dans des collectivités autres que les sites de recherche.

Regard prospectif : lacunes et possibilités de recherche

Bien que les travaux de recherche se poursuivent, les partenaires de l’initiative Villes sûres et inclusives s’interrogent déjà sur la manière de tirer parti des recherches actuelles à mesure qu’ils présentent leurs constatations préliminaires, discutent de solutions avec décideurs et praticiens et travaillent avec les localités pour rendre les villes plus sûres et inclusives. Les résultats de leurs recherches présentent des enseignements propres aux villes du Sud dont les villes du Nord pourraient aussi profiter.

Les chercheurs ont révélé un certain nombre de lacunes dans les connaissances actuelles. Ils ont par exemple constaté la nécessité de recourir à des mesures d’évaluation beaucoup plus sophistiquées de la violence, outre le taux d’homicide et autre taux de criminalité, pour aider les chercheurs et les décideurs à élaborer des solutions plus nuancées aux problèmes que rencontrent les villes. Ces mesures fourniraient aux décideurs les éléments probants nécessaires pour que leurs programmes s’attaquent aux causes de la violence plutôt qu’uniquement aux symptômes.

Les divers rôles que jouent les jeunes, surtout les jeunes hommes, pour perpétuer ou rompre les cycles de la violence sont à peine compris. Une meilleure compréhension plus approfondie des identités et des motivations des jeunes pourrait aider à concevoir des programmes capables de les éloigner des sentiers de la violence.

La taille des villes est un autre axe de recherche nécessaire pour mettre au jour les défis que rencontrent les petites et moyennes villes par rapport aux mégapoles. Sans une telle mise en contexte, les politiques et les interventions de réduction de la violence et des inégalités pourraient être inefficaces, voire néfastes.

Les partenaires indiquent qu’il faut intégrer les points de vue des décideurs et intervenants en les incluant dans les équipes de recherche. Aussi pourraient-ils contribuer à en arriver à des résultats concrets et pratiques.

Domaines où il faut poursuivre la recherche

Mesurer l’insécurité : Comment pouvons-nous mieux mesurer la sécurité et la violence dans les villes ? Quels indicateurs brossent un tableau plus représentatif de la violence urbaine que les taux d’homicide ?

Engager les jeunes : Comment et pourquoi les jeunes hommes et femmes s’impliquent-ils dans la violence ? Comment pourraient-ils contribuer à la prévenir ?

La taille joue un rôle : Quelles différences y a-t-il entre les difficultés propres aux mégapoles et celles propres aux petites et moyennes villes ? Comment doit-on adapter les interventions en fonction de la taille d’une ville ?

Occasions d’échange : Comment chercheurs, décideurs et praticiens peuvent-ils collaborer à l’élaboration de solutions viables au défi de la violence urbaine ?

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Pour en savoir plus 

Pour consulter les descriptions des projets et les publications de recherche, aller au site Web de l’initiative Villes sûres et inclusives : www.crdi.ca/villes.

Avez-vous d’autres questions ? Envoyez-nous un courriel à villes@crdi.ca

L’initiative Villes sûres et inclusives est un programme de recherche financé conjointement par le Centre de recherches sur le développement international (CRDI) et le Department for International Development (DFID) du Royaume-Uni. Lancée en 2012, elle compte 15 équipes multidisciplinaires réparties dans 40 villes d’Afrique subsaharienne, d’Asie du Sud et d’Amérique latine, pour recueillir des éléments probants sur les liens possibles entre la violence urbaine, la pauvreté et les inégalités.