Collaborer pour trouver des réponses — L'Initiative internationale des chaires de recherche

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Stephen Dale
La Initiative internationale des chaires de recherche vise à accroître l’incidence de la recherche et la vigueur du milieu de la recherche dans les pays en développement. Des équipes formées d’un chercheur canadien et d’un chercheur d’un pays en développement s’attaqueront à des enjeux sociaux et scientifiques de taille tout en contribuant à la formation d’une nouvelle génération de spécialistes.
 
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Un groupe d’éminents scientifiques de pays en développement, spécialistes en matière de santé, d’environnement et de technologies de l’information, comptent sur un nouveau programme de recherche leur permettant de faire équipe avec des homologues canadiens pour renforcer les capacités de recherche dans leurs pays.

 
En tout, seize chercheurs sont jumelés dans le cadre de l’Initiative internationale des chaires de recherche (IICR) : huit sont titulaires de l’une des chaires de recherche du CRDI nouvellement créées, et les huit autres sont titulaires d’une chaire de recherche du Canada.
 
L’idée de cette rencontre de brillants cerveaux a germé lors d’une réunion entre de hauts responsables d’universités canadiennes, organisée en 2006 par Howard Alper, président du Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation. En effet, on y a suggéré que les pays en développement pourraient profiter d’un programme semblable au Programme des chaires de recherche du Canada, si avantageux pour le Canada.
 
Lorsqu’on a présenté l’idée au CRDI, il n’en a pas fallu beaucoup pour le convaincre, a raconté Rohinton Medhora, vice-président, Programmes, au CRDI, lors du lancement du premier volet quinquennal de l’IICR, en avril 2009. Ce lancement a également fourni aux titulaires de chaires l’occasion de préciser davantage la teneur de leurs programmes de recherche et de formation.
 
L’IICR met à contribution le savoir-faire conjugué de chercheurs canadiens et étrangers afin de trouver des solutions à des problèmes précis et concrets dans des domaines d’intérêt pour le CRDI.
 
Un modèle éprouvé
 
Le Programme des chaires de recherche du Canada et l’IICR ont tous deux la particularité fondamentale de favoriser une culture de la recherche. Howard Alper souligne que la réussite du programme canadien à cet égard a d’ailleurs incité l’Afrique du Sud à s’en inspirer pour lancer son propre programme de chaires de recherche en 2007.
 
La directrice générale du Programme des chaires de recherche du Canada, Terry Campbell, explique que le programme concourt à renforcer les capacités de recherche au Canada de diverses façons. En effet, les titulaires de chaire interrogés dans le cadre d’un examen quinquennal ont signalé que leur productivité avait fortement augmenté, qu’ils avaient formé un plus grand nombre d’étudiants hautement qualifiés et qu’ils avaient accru leur capacité de mobiliser des fonds pour la recherche. Le programme a également permis de créer un contexte de recherche permettant de retenir et d’attirer des chercheurs de haut niveau au Canada, ajoute-t-elle.
 
Tout comme le Programme des chaires de recherche du Canada, l’IICR accorde une grande importance à la formation d’une nouvelle génération de chercheurs et à l’obtention d’un appui pour la recherche. L’initiative privilégie également l’échange et la diffusion des connaissances au moyen de réseaux. Selon Rohinton Medhora, la création de réseaux est en effet essentielle à la résolution de problèmes qui exigent le concours d’un éventail de spécialistes et qui sont d’envergure mondiale.
 
Un décloisonnement
 
Il ne fait aucun doute que la solution aux problèmes auxquels font face les citoyens, les gouvernements et les pays passe précisément par l’approche qui est au coeur de l’IICR, affirme Rohinton Medhora. Il importe donc que les chercheurs de l’IICR réfléchissent au genre de communauté de praticiens qu’ils désirent former et aux incidences qu’elle pourrait avoir en collaborant par-delà les cultures, les frontières et même les systèmes nationaux.
 
Lors de séances organisées pour permettre aux chercheurs d’échanger entre eux et avec le personnel de programme du CRDI, il est apparu que la mise en commun de l’information et une collaboration de cette nature prenaient déjà forme. Par exemple, le scientifique chinois Yiming Shao a expliqué que les travaux sur la modélisation mathématique des schèmes de transmission du sida qu’il réalise avec Jianhong Wu de l’Université York pourraient servir aux travaux axés sur la lutte antitabac mondiale appuyés par le CRDI. Par ailleurs, selon Xiaoyan Zhu, de l’Université Tsinghua, et Ming Li, de l’Université de Waterloo (qui se penchent sur des moyens de simplifier les moteurs de recherche Internet afin qu’un plus grand nombre de Chinois y aient accès), des liens se dégagent entre leur projet et des travaux sur les technologies langagières en cours en Afrique du Sud et en Asie du Sud.
 
Qui sait jusqu’où mènera cet échange d’idées au cours des cinq prochaines années ?
 
Des éléments de documentation ont été fournis par Kelly Haggart.
 
Stephen Dale est rédacteur à Ottawa.