Cibler les maladies non transmissibles : au-delà du tabac

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Des jeunes de l’ANERA participant au marathon de Beyrouth

CRDI – Bureau du Caire
La charge de morbidité évolue : la proportion qu’y représentent les maladies non transmissibles (MNT) telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète et le cancer augmente. Ces maladies sont les principales causes de décès et d’invalidité dans le monde, et plus de 75 % de l’ensemble des décès pourront leur être attribués en 2030.
 
Réforme du secteur du tabac
 
Depuis 1999, la Faculté des sciences de la santé de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) effectue un travail d’avant-garde en faveur de la réforme du secteur du tabac.
 
Mme Rima Nakkash, du Center for Research on Population and Health (CRPH) de l’AUB, est d'avis que les recherches financées par le CRDI ont joué un rôle décisif dans l’adoption par le Liban de politiques et de mesures législatives antitabac. À compter de 2009, Mme Nakkash et son équipe, de concert avec la société civile et les médias, ont milité en faveur d’un changement; grâce à leurs efforts, le Liban a adopté sa première loi antitabac en août 2011.
 
Le CRPH appuie maintenant la diffusion de l’information à l’échelon local et l’intégration des constatations dans les politiques. Il s’emploie aussi à constituer un réseau régional de recherche sur la lutte contre le tabagisme.
 
Réduire les méfaits de l’alcool
 
Forte de cette réussite, l’AUB a amorcé cette année de nouveaux travaux pour contrer la consommation nocive d’alcool chez les jeunes Libanais. On veut produire des données probantes pour favoriser la mise en oeuvre d’une politique nationale efficace afin de réduire les méfaits causés par l’alcool.
 
L’alcool est le troisième plus important facteur de risque de maladies et d’invalidité dans le monde, après l’hypertension et le tabagisme; il contribue dans une large mesure à plus de 60 types de maladies. Au Liban, la consommation d’alcool chez les jeunes est particulièrement préoccupante. Les données épidémiologiques locales permettent de croire que la consommation d’alcool augmente chez les étudiants des niveaux secondaire et universitaire, qui sont de plus en plus jeunes lorsqu’ils prennent leur première consommation.  
 
La prévention de l’usage nocif de l’alcool n’est pas une priorité nationale. Les politiques libanaises sont faibles, périmées et mal appliquées. L’alcool est bon marché, il est vendu illégalement aux mineurs, et la taxe d’accise est minimale.
 
Un projet d’une durée de trois ans produira des données probantes, à l’échelon local, pour étoffer les mesures de réduction de la consommation d’alcool. La professeure Lilian Ghandour dirige le projet. Au cours des six derniers mois, elle et son équipe ont cherché avant tout à comprendre la politique de lutte contre l’usage nocif de l’alcool au Liban, se penchant plus particulièrement sur le cadre juridique auquel est assujettie l’industrie et sur les disposìitìons régissant la vente, l’offre et la commercialisation de l’alcool, et ce, en accordant une attention particulière aux jeunes. L’équipe interviewera plusieurs parties prenantes clés afin de mieux comprendre dans quelle mesure ces disposìitìons sont (ou ne sont pas) mises en application.
 
En 2014, deux enquêtes quantitatives permettront de déterminer ce qui incite les jeunes à décider d’acheter et de consommer de l’alcool. Selon la professeure Ghandour, les données dont on dispose sur l’ampleur de la consommation d’alcool chez les jeunes sont suffisantes pour lancer un dialogue national et déclencher une action. Il est temps, estime-t-elle, de s’inspirer des données probantes pour élaborer des stratégies susceptibles d’aider à protéger les jeunes du Liban contre les effets nocifs de l’alcool. Elle ajoute que la réussite repose sur la collaboration de toutes les grandes parties prenantes, dont les jeunes. Et pour que la politique proposée connaisse du succès, affirme-t-elle, il faudra suivre de près sa mise en oeuvre.
 
Le projet vise, en définitive, à mettre en place et à évaluer en permanence un cadre stratégique de lutte contre l’usage nocif de l’alcool, que pourront adopter des États partout dans le monde arabe.
 
 
En savoir plus sur les travaux de recherche que finance le CRDI en matière de lutte antitabac (PDF, 976 KB), de réduction de l’usage nocif de l’alcool (PDF, 981KB) et de promotion d’une alimentation saine (PDF, 1271KB)