Briser le silence : une étude du CRDI dirigée par l’organisme Zubaan aborde la violence sexuelle envers les femmes

June 14, 2016

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Des chercheurs impliqués dans le développement de la série.

CRDI, Anupam Srivastava

Le silence entourant la violence sexuelle en Asie du Sud a été brisé. La série littéraire publiée par Zubaan sur la violence sexuelle et l’impunité en Asie du Sud, dont le lancement officiel a eu lieu à New Delhi le 21 mai 2016, porte un jugement sévère sur les systèmes judiciaires en Asie du Sud, qui ignorent la violence sexuelle et fournissent aux victimes très peu de recours juridiques.

La série de huit ouvrages est le résultat de recherches menées par plus de 50 universitaires de cinq pays (Bangladesh, Inde, Népal, Pakistan et Sri Lanka) qui ont participé au projet de trois ans financé par le CRDI. Les preuves, les arguments, les témoignages et les opinions présentés dans cette série créent un ensemble de données probantes fiable, axé sur les victimes et le rôle de la société dans la lutte contre la violence sexuelle. « Pour susciter un changement de politique, il faut des données probantes et de la recherche, ce que fournissent ces ouvrages », a affirmé le directeur régional du CRDI en Asie, Anindya Chatterjee. « J’espère vraiment que les décideurs de la région pourront accéder à ces expériences et recommandations et les utiliser pour formuler des politiques respectueuses des femmes. »

La série tente d’examiner les lacunes sur les plans de la loi, de la pratique médicale, de la volonté des États et de la sanction sociale, qui nuisent aux intérêts des victimes de violence sexuelle en matière de justice. « Malgré la fréquence de la violence sexuelle en situation de conflit, de guerre et de lutte sous-nationale, peu de mesures ont été prises en Asie du Sud pour tenir les auteurs d’actes de violence responsables », a expliqué Navsharan Singh, du CRDI, qui a dirigé le projet.

De nombreux défenseurs des droits des femmes blâment l’absence générale de responsabilisation du système de justice pénale dans les pays de l’Asie du Sud pour le taux élevé de violence sexuelle. « À plusieurs occasions, la police nous a dit de retirer des accusations de violence sexuelle, même si elle était prête à porter d’autres accusations criminelles », a affirmé Farah Naqvi, activiste sociale et chercheuse.

Engagement du CRDI dans la lutte contre la violence sexuelle

Les questions sexospécifiques et la violence contre les femmes sont au coeur du travail du CRDI en Asie du Sud. Majlis Manch, une ONG financée par le CRDI, élabore actuellement une approche de la justice centrée sur les femmes qui ont subi de la violence sexuelle. Selon la recherche de Majlis, une procédure normale d’exploitation (PNE) concernant les infractions sexuelles a été élaborée et adoptée par les 93 postes de police de Mumbai, et plus de 700 policiers ont été formés dans le cadre de cette initiative.

Avec l’appui du CRDI, les ONG Zubaan en Inde, Ain O Salish Kendra au Bangladesh, Simorgh au Pakistan et le Forum de défense au Népal mènent une campagne contre le délai de 35 jours dont disposent les Népalaises pour déposer une plainte de viol auprès de la police, après quoi elles perdent leur droit de recours en justice. Ces initiatives font partie des nombreux projets qui cherchent à briser le silence entourant la violence sexuelle faite aux femmes.

Les efforts du CRDI, a expliqué M. Chatterjee, susciteront et accéléreront les changements qui rendront les sociétés asiatiques plus justes et pacifiques. « La façon la plus sûre d’y arriver, a-t-il dit, est de briser le silence entourant la violence sexuelle, et c’est exactement ce que nous faisons. »

Les cinq premiers ouvrages de la série de Zubaan sur la violence sexuelle et l’impunité en Asie du Sud sont maintenant en vente.

La série sera aussi disponible en ligne sur Amazon ou Flipkart, et dans les boutiques des universités par l’entremise d’Atlantic Publishers and Distributors. La série est vendue en Amérique du Nord par l’entremise de la University of Chicago Press.