Awatef Ketiti : Jeter des ponts entre TIC, sexospécificités et sociétés des deux côtés de la Méditerranée

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AWATEF KETITI Awatef Ketiti s’adressant à des chefs de file de la société civile à Kasserine, en Tunisie, dans le cadre de ses travaux

Louis Turcotte
Que sont-ils devenus ?
Au cours de sa carrière, Awatef Ketiti a parcouru deux continents et exploré plusieurs champs des sciences sociales, ce qui l’a amenée à travailler tant dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC) que dans ceux des sexospécificités et de l’aide aux réfugiés. Une chose est sûre, selon elle : elle ne serait pas là où elle est aujourd’hui si elle n’avait pas reçu une bourse de recherche du CRDI.

Sa carrière universitaire a débuté par un diplôme en journalisme de l’Université de Tunis, suivi par l’obtention d’un poste de rédactrice au Centre for Research, Studies, Documentation and Information on Women (CREDIF) de la Tunisie. Par la suite, elle s’est rendue en Espagne pour y poursuivre des études doctorales en communications et sexospécificités. En 2001, elle a obtenu une bourse de recherche du CRDI lui permettant de réaliser sur le terrain, au Maroc, en Égypte et en Tunisie, son pays natal, des travaux sur l’utilisation des TIC par les femmes d’Afrique du Nord.

« À cette époque, les TIC n’étaient pas aussi répandues qu’aujourd’hui. La majorité des gens n’employaient pas Internet, et ceux qui l’utilisaient devaient se rendre dans des cybercafés pour y avoir accès. »

À l’issue de ses travaux, Mme Ketiti a obtenu un doctorat en communications de l’Université de Valence, en Espagne, ainsi qu’un diplôme en médiation interculturelle et études des sexospécificités et du développement. Elle est actuellement professeure de communications à l’Université de Valence, où elle donne aussi des cours en coopération internationale dans l’optique du développement et en communication interculturelle.

« Lorsque ma bourse du CRDI a pris fin, j’ai décidé de centrer mes recherches sur l’amélioration de la coopération entre les pays des deux rives de la Méditerranée », explique-t-elle. « Même si je vis en Espagne depuis plus de dix ans, je suis encore profondément attachée à mon pays, la Tunisie, et à toute l’Afrique du Nord. Poursuivre des recherches sur les changements qui se produisent dans la société nord-africaine, en constante évolution, a quelque chose de fascinant pour moi. »

Awatef Ketiti à la remise du prix Manuel Castillo de 2013. Avec l’aimable autorisation de l’Université de ValenceÉtude des bouleversements de l’après-Printemps arabe en Afrique du Nord

Mme Ketiti est actuellement chercheuse principale au sein d’une équipe chargée d’analyser les changements sociaux de l’après-Printemps arabe en Afrique du Nord. Ce projet, dirigé par Encuentro Civil EUROMED, un organisme subventionné par l’Agence espagnole de coopération internationale, vise à renforcer les capacités des organismes de la société civile et à aider les populations vulnérables à surmonter les difficultés économiques, politiques et sociales.

En 2013, Mme Ketiti a reçu le prix Manuel Castillo pour l’excellence de ses recherches universitaires sur la société civile et la transition démocratique en Tunisie.

Mme Ketiti participe régulièrement à des projets de développement en Espagne et dans divers pays de l’Afrique du Nord. Elle a travaillé à la Commission d’aide aux réfugiés espagnole, et l’on fait souvent appel à ses services de médiatrice culturelle des deux côtés de la Méditerranée.

Ses travaux de recherche sur l’utilisation des TIC en Afrique du Nord ont pris une importance toute nouvelle ces dernières années, car ils se sont avérés d’une valeur inestimable pour les chercheurs qui se penchent sur l’utilisation que les militantes ont faite des médias sociaux pour promouvoir la démocratie et réprouver la dictature lors des soulèvements du Printemps arabe.

Bien qu’elle ait parcouru beaucoup de chemin, ce sont de petites choses reliées à la bourse du CRDI qui l’on marquée le plus. Elle attribue ses succès dans le milieu universitaire aux compétences en méthodologie de recherche et aux capacités multiculturelles qu’elle a acquises pendant son association avec le CRDI.

 
Les travaux les plus récents de Mme Ketiti ont donné lieu à une série de recommandations visant à aider les bailleurs de fonds européens à mieux comprendre la réalité socioéconomique de l’Afrique du Nord afin d’améliorer le financement des projets de développement pertinents.

Pour en savoir davantage sur les bourses de recherche du CRDI, consulter la page consacrée au Programme de bourses.

Pour en savoir plus sur les travaux de recherche de Mme Ketiti sur l’utilisation des TIC par les femmes d’Afrique du Nord, lire Les Femmes et les TICs en Afrique du Nord.

La sociedad civil en Túnez después de la caída de Ben Ali (PDF, 2.8 Mo) donne un aperçu des travaux de recherche primés de Mme Ketiti sur la société civile et la transition démocratique en Tunisie.

Cet article fait partie de la série Que sont-ils devenus ?, qui met en relief le travail d’anciens titulaires de bourse du CRDI.

Louis Turcotte est rédacteur à Ottawa.

Photo (à droite): Awatef Ketiti à la remise du prix Manuel Castillo de 2013. Avec l’aimable autorisation de l’Université de Valence.