Améliorer la sensibilisation et la participation

19 août 2016
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Le chef de Kiwanjani fait visiter l’aéroport d’Isiolo, Kenya, à des chercheurs. Les comtés d’Isiolo sont essentiels au corridor de transport qui traverse le Kenya, l’Éthiopie et le Soudan du Sud.

LAND DEVELOPMENT AND GOVERNANCE INSTITUTE

Le chef de Kiwanjani fait visiter l’aéroport d’Isiolo, Kenya, à des chercheurs. Les comtés d’Isiolo sont essentiels au corridor de transport qui traverse le Kenya, l’Éthiopie et le Soudan du Sud.

COLLECTION : ACQUISITION DE TERRES À GRANDE ÉCHELLE EN AFRIQUE

La problématique 

Les communautés sont souvent laissées dans l’ignorance au sujet des décisions relatives aux ressources naturelles et aux terres qui auront des répercussions importantes sur elles. Dans certains cas, le processus même de prise de décisions n’est pas clair et il existe peu de moyens et d’occasions pour la population d’y participer.

Constatations des recherches

Les recherches ont démontré que plusieurs communautés locales qui sont touchées par les ATGE ne sont pas au courant de leurs droits, ni des processus portant sur la gouvernance des ressources. En Ouganda, ce manque de sensibilisation semble réduire la capacité des populations locales à s’organiser et à exiger que les autorités leur rendent des comptes.

Un certain nombre d’équipes ont observé un manque de transparence relativement à la prise de décisions concernant les transactions foncières. L’établissement de procédures claires et le droit de la population de participer à l’établissement de celles-ci sont souvent interreliés. Au Libéria, les membres des communautés qui ont été interrogés n’étaient pas au courant de leurs droits relatifs à la politique foncière du pays qui a été établie en 2013. La gestion de leurs terres leur semblait opaque et  les dirigeants étaient perçus agir en secret. Au Sénégal et au Ghana, malgré les dispositions juridiques visant à promouvoir la transparence, les chercheurs ont également constaté le sentiment populationnel que les transactions foncières se déroulent en secret. Les projets ont révélé qu’il existe un manque de consultation publique et de partage de renseignements sur les investissements fonciers au Kenya et au Sénégal, où les règles de décentralisation stipulent que les conseils ruraux doivent s’assurer que les processus de gestion des terres sont consultatifs.

Dans certains sites de recherche, les femmes ne participaient presque pas aux décisions relatives aux terres, et les transactions foncières étaient conclues par des chefs, des aînés ou des chefs de famille qui étaient invariablement des hommes. Par exemple, au Ghana, dans les cinq communautés où l’on a mené des recherches, on n’a relevé qu’une seule transaction dans laquelle était intervenue une femme chef de famille.

La réponse

Les projets sont menés avec les communautés dans différents pays afin d’améliorer la reddition de comptes, de sensibiliser le public à l’égard des processus de gouvernance, et d’augmenter la participation à ceux-ci. De plus, des parajuristes et des espaces d’interpellation aident les communautés à protéger leurs droits fonciers locaux. 

Cet ouvrage est une des cinq questions transversales émanant des premières recherches sur les acquisitions de terres à grande échelle en Afrique. Apprenez-en davantage sur la façon dont les chercheurs travaillent avec les communautés afin d’accroître leur capacité de protéger leurs droits.