Améliorer la santé au Guatemala – Maria Carlota Monroy

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Division des communications, CRDI
Des mesures élémentaires préviennent la propagation des maladies
 
En novembre 2008, la commission intergouvernementale de l’initiative des pays d’amérique centrale pour la lutte contre les vecteurs de la maladie de Chagas (IPCA) a confirmé que le Guatemala était le premier pays d’amérique centrale à avoir freiné la transmission de la maladie par l’un de ses deux plus importants insectes vecteurs, Rhodnius prolixus. Pour ce faire, on avait pulvérisé des insecticides dans les maisons et refait le revêtement des murs et des planchers pour empêcher les insectes d’y revenir. dans les amériques, on estime à 10 millions le nombre de personnes infectées par la maladie de Chagas, qui est souvent mortelle.
 
En ce qui concerne l’autre vecteur, le triatome, des chercheurs financés par le CRDI ont maintenant trouvé un moyen de vaincre cet ennemi redoutable, qui ne peut être éradiqué par la pulvérisation.
 
L’entomologiste médicale Maria Carlota Monroy, fondatrice et chercheure principale du laboratoire d’entomologie et de parasitologie appliquées de l’Universidad de san Carlos, dirige la recherche. son équipe réunit des chercheurs, des ingénieurs et des architectes ainsi que des représentants du ministère de la santé du Guatemala et du programme national de lutte contre les vecteurs. Qui plus est, les collectivités y participent.
 
Des chercheurs subventionnés par le CRDI qui s’intéressent à la lutte contre lamaladie de Chagas travaillent en étroite collaboration avec les membres de la collectivité.

MARIA CARLOTA MONROY

 
Nous cherchons de nouvelles façons de nous attaquer à un vecteur indigène de la maladie de Chagas (Triatoma dimidiata) sans recourir à des insecticides, mais plutôt en éliminant les facteurs qui favorisent la présence de ces insectes dans les maisons. Nous aidons les villageois à construire des poulaillers et de petites porcheries, et les deux vétérinaires participant au projet leur disent comment garder leurs animaux en bonne santé. Tout en contribuant à la prévention de la maladie de Chagas, les familles améliorent leur qualité de vie.
 
C’est en cela que la démarche est originale. Dans les pays en développement, nous avons tendance à copier ce que font d’autres pays, par exemple la pulvérisation; or, ces façons de faire ne correspondent pas toujours à notre réalité. Nous devons faire des recherches qui nous permettent de résoudre nos problèmes.
 
Une démarche concertée
 
Nous collaborons avec le ministère de la Santé et ses représentants locaux. Et nous travaillons avec les intervenants sur le terrain, soit les personnes qui appliquent les règles. Le Guatemala compte 22 départements et 23 langues différentes; ce n’est donc pas chose facile. Notre équipe de recherche comprend aussi des membres des collectivités.
 
Le Guatemala est désormais considéré comme un chef de file dans ce domaine en Amérique centrale. Il y a trois mois, le ministère de la Santé du Honduras m’a invitée à former 30 de ses employés. Et je me rendrai au Mexique l’automne prochain pour y enseigner nos méthodes.