AIMS, une expérience transformatrice

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Les diplômés en compagnie de l’animateur de la discussion, Paul Wells

Division des communications, CRDI
Des diplômés du programme de formation intensive de 10 mois de l’Institut Africain des Sciences Mathématiques (AIMS) parlent de ce programme avant-gardiste à l’occasion d’une discussion organisée pour célébrer le 10e anniversaire d’AIMS.
 
 
 
 
 
Le Camerounais Martial Loth Ndeffo Mbah est chercheur scientifique associé en épidémiologie (maladies microbiennes) à la Yale School of Medicine. Ses travaux portent sur le lien qui unit la bilharziose, le paludisme et le VIH en Afrique.
 
Il faut savoir qu’à l’époque, au Cameroun (et dans de nombreux autres pays d’Afrique, comme j’ai pu m’en rendre compte par la suite), nous savions à peine ce qu’était un ordinateur. Nous faisions de la programmation sur papier, mais nous ne savions pas comment passer à l’étape suivante. Nous avions très peur des ordinateurs. Comment se servir d’un ordinateur, concevoir un programme, écrire du code – voilà des choses qu’on apprend dans un centre AIMS, des choses très importantes pour un mathématicien aujourd’hui. Ce sont en fait les bases qui m’ont permis de faire un doctorat, car il m’a beaucoup fallu recourir à l’informatique pour mon doctorat.
 
  
La Nigériane Marvellous Onuma-Kalu travaille à l’obtention d’un diplôme de maîtrise en traitement quantique de l’information au département de physique et d’astronomie de l’Université de Waterloo.
 
J’ai fréquenté l’Université Ahmadu Bello, la deuxième université en importance en Afrique subsaharienne. Alors, quand je me suis trouvée devant le petit immeuble qui abrite le centre AIMS, je me suis demandée ce que ce tout petit établissement pouvait bien m’apporter de bon. Mais bien vite, j’ai côtoyé des gens comme Neil Turok. Et AIMS attire des chargés de cours de si loin, je n’en revenais pas : « Wow ! C’est Alan Beardon, de Cambridge ! » Nous mangions à la même table, nous suivions des cours ensemble, et je me suis dit : « c’est exactement ce dont j’ai toujours rêvé ». Nous avons rebaptisé AIMS « African Institute for Missing Sleep » (institut africain du manque de sommeil), parce que nous travaillions toute la nuit. Nous avions des ordinateurs à notre disposition, nous étions très motivés.
 
 
Le Malawien Richard Junganiko Munthali participe à l’AIMS Industry Initiative, qui aide les diplômés d’AIMS à acquérir une expérience de travail par le truchement de stages dans l’industrie. Ainsi, il a travaillé en 2013 à titre de concepteur Web et de concepteur d’applications mobiles à Communitech, à Waterloo, en Ontario.
 
Si vous devenez enseignant au Malawi, vous êtes condamné à mourir pauvre. Cela faisait deux ans que j’enseignais au secondaire lorsqu’un ami m’a conseillé de présenter une demande d’admission à AIMS. Après avoir consulté le site Web, j’ai constaté qu’il ne s’agissait pas du genre de mathématiques auxquelles j’étais habitué, mais bien de « résolution de problèmes appliquée ». Nous sommes habitués à étudier uniquement dans le but de réussir un examen, mais avec AIMS, c’est différent. L’accent n’est pas mis sur l’obtention de la note de passage, mais plutôt sur la résolution du problème et ce que cela va nous apporter.


 
Originaire du Swaziland, Nosiphiwo Zwane fait des études de doctorat en physique au Perimeter Institute for Theoretical Physics à Waterloo, en Ontario.
 
J’ai appris une chose importante : il est possible de discuter de nos problèmes entre Africains. Les problèmes que j’observe dans mon pays ne sont pas si différents de ceux que connaissent le Cameroun ou le Malawi. Grâce au réseau que nous avons tissé et en nous inspirant des plans que nous avons pour l’Afrique, si nous, les diplômés d’AIMS, continuons de nous serrer les coudes, nous serons en mesure de résoudre nos problèmes un jour, puisqu’il s’agit de problèmes communs.

   
Originaire du Nigeria, Felix Oghenekohwo travaille à l’obtention d’un diplôme de doctorat en géophysique appliquée à l’Université de la Colombie-Britannique. Sa recherche porte sur la conception de nouvelles méthodes d’analyse en sismique répétitive (sismique 4D).
 
Lorsque j’ai obtenu mon diplôme du département de physique de l’Université d’Ibadan en 2007, la physique et les mathématiques n’étaient pas des disciplines qui attiraient les étudiants. On nous avait laissé entendre qu’il n’y avait aucun avenir dans cette voie au Nigeria. J’estime que si la manière d’enseigner au Nigeria et dans le reste de l’Afrique n’est pas adaptée, la plupart des Africains n’aspireront pas à obtenir l’éducation de qualité dont ils ont tous réellement envie. Je suis heureux que le nombre de centres AIMS soit appelé à augmenter grâce à la Next Einstein Initiative. Avec un peu de chance, un centre ouvrira ses portes au Nigeria et servira de modèle en vue de la transformation de l’enseignement en Afrique.
  

Discussion au CRDI, à Ottawa, en novembre 2013

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