Aider les jeunes migrants se cherchant un emploi

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PAUL KARAIMU / ILRI

La faible productivité des activités agro-pastorales en zone rurale est très souvent à l’origine de la migration des jeunes vers les centres urbains.

PERSPECTIVE | CROISSANCE POUR TOUS

Partout en Afrique, près de deux tiers des nouveaux chercheurs d'emploi vit en milieu rural où les perspectives d’emploi sont peu nombreuses. Quoique la migration outre-mer fait la manchette des journaux internationaux, la majorité des Africains des milieux ruraux qui aspirent à une vie meilleure se rendent habituellement dans les villes avoisinantes.

La migration en Afrique de l'Ouest est en grande partie attribuable à une crise de l’emploi provoquée par une population toujours grandissante, des régimes fonciers changeants et une croissance anémique. Dans les zones urbaines, la concurrence pour les emplois entraîneune baisse des salaires et amène plus de chercheurs d'emploi à se tourner vers le secteur non structuré. Ce mouvement de la campagne à la ville cause, cependant, une pénurie de main-d’oeuvre dans le domaine de l’agriculture, dont les emplois sont saisonniers. 

Au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal, une collaboration entre trois équipes de recherche aide les décideurs à mieux comprendre les facteurs qui impulsent la migration des jeunes ainsi que les meilleures façons de soutenir les jeunes entrepreneurs et chercheurs d'emploi dans les milieux urbains et ruraux. Ces chercheurs examinent les marchés du travail ruraux et la mesure dans laquelle l’expérience des jeunes hommes diffère de celle des jeunes femmes. Ils s’intéressent aux facteurs qui influent sur la productivité des petites entreprises dans les zones urbaines et font la lumière sur comment les changements touchant la propriété des terres ont des répercussions sur la productivité et la migration. 

Les gouvernements ont hâte de tirer parti de la recherche. En février 2014, le ministère de la Jeunesse et de l’Emploi du Sénégal a signé un protocole d'entente avec l'Initiative Prospective Agricole et Rurale (IPAR), le groupe de réflexion chargé de mener des recherches au Sénégal. L’IPAR contribuera à la réalisation de deux grands projets de formation et d'emploi pour les jeunes centrés sur les activités agricoles et de développement rural à valeur ajoutée. Les gouvernements du Burkina Faso et du Mali ont également manifesté leur intérêt à l'égard des constatations qui émaneront des travaux de recherche se poursuivant en 2015 afin d’éclairer leurs décisions en matière d’investissement dans la jeunesse

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