Activité antérieure – Le secteur privé pourrait jouer un rôle de premier plan pour nourrir la population africaine

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THE AFRICAN GREEN REVOLUTION FORUM Intervention de Dominique Charron, du CRDI, au Dialogue de haut niveau Nourrir la population africaine grâce à la recherche

Kiprotich Koros
Le 1er septembre 2014, à Addis-Abeba, en Éthiopie, des spécialistes qui se penchent sur différentes questions ayant trait à l’agriculture et à la sécurité alimentaire ont pris part au dialogue Nourrir la population africaine grâce à la recherche. Ce dialogue de haut niveau avait pour but de leur permettre d’échanger sur le rôle que la science et la technologie pourraient jouer pour favoriser la transformation de l’agriculture dont l’Afrique a grandement besoin. Organisé par le Fonds canadien de recherche sur la sécurité alimentaire internationale (FCRSAI) en collaboration avec le Food, Agriculture and Natural Resources Policy Analysis Network (FANRPAN), le dialogue a précédé le quatrième Forum de la révolution verte en Afrique, au cours duquel 1 000 délégués devaient contribuer à l’élaboration d’une vision continentale du développement de l’agriculture en Afrique.

Mobilisation du secteur privé

Le dialogue a fait ressortir les principaux obstacles à l’amélioration des petites exploitations agricoles, dont le manque d’accès au crédit. On y a souligné que plus de 80 % des flux financiers qui vont des pays industrialisés vers les pays en développement proviennent du secteur privé.

« Pour obtenir rapidement un impact et passer à grande échelle, il va falloir mobiliser le secteur privé », a déclaré le président du CRDI, Jean Lebel. « L’établissement de partenariats avec le secteur privé peut aider à améliorer les chaînes d’approvisionnement. Pour qu’un impact soit observé plus rapidement et pour veiller à ce que les percées en recherche profitent au plus grand nombre, il nous faut trouver des manières de mobiliser le secteur privé. »

Faisant écho à cette déclaration, l’honorable Akinwumi Adesina, ministre de l’Agriculture et du Développement rural du Nigeria, a fait remarquer que les institutions financières hésitent à prêter aux petits exploitants agricoles parce qu’elles ignorent le potentiel de ce secteur. Les taux d’intérêt en Afrique sont toujours parmi les plus élevés au monde. Atteignant de 20 à 30 %, ils ne sont pas à la portée de bon nombre d’agriculteurs pauvres, a-t-il précisé.

M. Adesina a plaidé en faveur d’instruments financiers novateurs qui pourraient réduire les risques auxquels les institutions financières font face en prêtant aux agriculteurs. Cela aiderait à faire adopter les produits des investissements faits dans la recherche en agriculture et impulserait une croissance durable dans les secteurs agricoles, a-t-il ajouté.

L’Afrique peut-elle se nourrir ?

Le continent africain devrait compter 2,4 milliards d’habitants d’ici 2050, et la production agricole devra augmenter de 260 %. La Déclaration de Malabo sur la croissance et la transformation accélérées de l’agriculture en Afrique, adoptée en juin 2014 par l’Union africaine, vise une réduction de moitié de la pauvreté en Afrique d’ici 2025 au moyen de la transformation de l’agriculture. Le potentiel de l’Afrique est élevé puisque 65 % des terres arables sont disponibles.
 
Des problèmes d’ordre logistique empêchent toutefois l’Afrique d’atteindre la sécurité alimentaire. Ainsi, les pertes après récolte, qui atteignent 40 %, sont élevées. En Afrique subsaharienne, elles représentent 4 milliards USD. Les spécialistes préconisent une amélioration de la manutention et de l’entreposage des produits, ainsi que de leur transformation et de leur innocuité, afin que les consommateurs puissent aussi en profiter.

« Il est évident que nous devons nous concentrer sur les technologies de pointe et sur les toutes dernières avancées pour arriver à des solutions à des problèmes difficiles », a dit Jean Lebel.  
« Miser sur l’expérience des agriculteurs locaux, voilà la bonne façon de procéder. Nous devons reconnaître qu’il existe des possibilités inexploitées dans les systèmes d'exploitation agricole à petite échelle, où les agriculteurs ont fait preuve d’un sens de l’innovation remarquable. Il arrive souvent que la meilleure chose à faire soit de tabler sur ces innovations concrètes », a-t-il conclu.

Kiprotich Koros est reporter scientifique principal à 
Science Africa, à Nairobi, au Kenya.

Le CRDI et la sécurité alimentaire

Malabo Declaration on Accelerated Agricultural Growth and Transformation for Shared Prosperity and Improved Livelihoods (texte de la Déclaration de Malabo, en anglais)