Antoinette Sendolo

antoinette sendolo

Reporter pour le journal Inquirer, Monrovia, Libéria

Quand est né votre intérêt pour le journalisme scientifique?

J’ai toujours été passionnée par les reportages sur les sexospécificités et les problèmes touchant les femmes et les filles, mais la situation au Libéria liée à l’Ebola a orienté ma passion vers les reportages sur la santé. Pendant la crise d’Ebola, les femmes et les filles, qui étaient déjà en proie à divers problèmes de santé, ont payé les frais de la médiocrité des soins de santé. Le manque d’informations de qualité, notamment de la part des fournisseurs de soins de santé et des travailleurs de première ligne, associé à des soins de santé laissant à désirer, a coûté la vie à de nombreuses femmes. Éduquer le public au sujet du virus et de sa transmission devenait urgent.

Il était inhabituel de réaliser des reportages sur la santé au Libéria et le projet s’annonçait difficile. Afin d’améliorer mes compétences, j’ai effectué une demande de bourse de journalisme en santé auprès d’InterNews, que j’ai obtenue. J’y ai appris l’importance des reportages sur la santé. Après mon passage à InterNews, j’ai compris que si nous avions eu suffisamment de journalistes parlant de santé au Libéria, la crise d’Ebola n’aurait pas été aussi dévastatrice.

Avez-vous un domaine d’intérêt de prédilection?

J’aime effectuer des reportages sur la santé des femmes, car ces dernières sont confrontées à divers problèmes de santé dans mon pays et manquent de soins de santé de base.

Laquelle de vos histoires a eu le plus d’impact?

Je pense qu’il s’agit d’un récit sur le blanchiment de la peau que j’ai écrit dans le cadre de mon stage de journalisme en santé à InterNews. C’était un article révolutionnaire axé sur l’éducation et la sensibilisation du public aux effets du blanchiment de la peau.

Quel est le principal défi du journalisme scientifique?

Le plus grand défi du journalisme scientifique au Libéria est lié au manque d’informations de qualité de la part des autorités compétentes. En outre, la plupart des médias du pays ne s’intéressent qu’aux histoires politiques et ne considèrent pas que les reportages sur la santé ou les sciences sont dignes d’être publiés, ce qui constitue un autre défi majeur. Cela met les journalistes scientifiques à l’épreuve, car, en règle générale, ils ne bénéficient pas du soutien de leurs institutions médiatiques.

Comment percevez-vous votre rôle de journaliste?

Étant l’une des rares femmes dans l’univers de nos médias dominé par les hommes, je considère que je suis un modèle pour les femmes journalistes et que je donne une voix aux gens, notamment aux femmes, qui sont désavantagées au sein de notre société.