September 13, 2019
mangues vertes suspendues à un manguier
Trafalgar Lio

La mangue est une importante source de nutrition et d'emplois en Afrique subsaharienne. Toutefois, les infestations de ravageurs, surtout les téphrites (indigènes et envahissantes), nuisent à la production de mangues dans la région. Des chercheurs ont mis au point et validé une trousse de lutte intégrée contre les téphrites, et ce projet vise à effectuer des interventions de lutte contre les téphrites en Afrique australe.

Le défi

Les cultures horticoles à valeur élevée comme les mangues stimulent le développement économique en Afrique subsaharienne. Les données probantes indiquent que les agriculteurs qui produisent des cultures horticoles, notamment les cultures fruitières, peuvent tirer de leurs fermes un revenu plus important que ceux qui cultivent des aliments de base. Le secteur des cultures fruitières demande plus de main-d'oeuvre que les autres secteurs agricoles et il offre aussi plus de possibilités d'emploi aux petits exploitants, tant sur la ferme qu'à l'extérieur, particulièrement pour les femmes. 

Les infestations de téphrites dans les mangues réduisent la qualité et la quantité de fruits. Elles peuvent aussi nuire indirectement à l'économie en limitant les possibilités d'exportation vers les marchés mondiaux lucratifs et en réduisant l'exportation à cause de leur mise en quarantaine. Des insecticides synthétiques sont utilisés pour lutter contre les ravageurs, mais ils font l'objet d'une résistance croissante et ne sont pas durables en raison des risques qu'ils présentent pour la santé humaine et pour l'environnement. 

La recherche

Les chercheurs adapteront les interventions de lutte intégrée contre les téphrites et encourageront leur adoption à grande échelle au Malawi, au Mozambique, en Zambie et au Zimbabwe. Une série d'interventions seront mises à l'essai et évaluées afin de déterminer leur pertinence à des endroits particuliers. Il s'agit notamment de techniques d'appâtage, l'annihilation des mâles, l'application de pesticides biologiques, l'assainissement des vergers et l'utilisation d'augmentoriums (structures à mailles fines qui piègent les larves de téphrites sur les fruits infestés). 

Des recherches novatrices exploreront également l'utilisation de substances sémiochimiques (phéromones et autres produits chimiques pouvant servir à manipuler le comportement), les interactions tritrophiques (interactions entre les plantes, les herbivores et leurs prédateurs), l'élevage de masse de parasitoïdes introduits (insectes dont les larves vivent comme parasites et finissent par tuer leurs hôtes) et la modélisation de parasitoïdes. L'utilisation de parasitoïdes sera améliorée au moyen d'introductions en champ, d'une évaluation suivant leur introduction et d'une évaluation de leur capacité de supprimer les téphrites envahissantes.

Le projet, qui met l'accent sur les femmes et les jeunes, permettra aussi d'évaluer les effets socioéconomiques des options de lutte intégrée contre les téphrites et d'améliorer la capacité des personnes et des établissements à utiliser des technologies. En atteignant 4 000 cultivateurs de mangues, dont des cultivateurs et des cultivatrices démunis, le projet améliorera la sécurité alimentaire et nutritionnelle, fournira des occasions de production de revenus et améliorera les moyens de subsistance des agriculteurs horticoles. 

Résultats attendus

  • Adoption d'au moins une technologie de lutte intégrée contre les téphrites par 500 000 producteurs de mangues;
  • Amélioration de l'accès à des marchés d'exportation internationaux lucratifs pour les fruits frais;
  • Information et formation des parties prenantes et des étudiants dans l'utilisation de technologies de lutte intégrée contre les téphrites;
  • Réduction de l'utilisation d'insecticides chimiques synthétiques;
  • Établissement d'un réseau régional pour la mise en oeuvre de technologies de lutte contre les ravageurs.

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